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Il y a quelques semaines, j’avais été tétanisé en écoutant France Culture. Alain Badiou y expliquait son mépris de la démocratie occidentale: «Tout le monde voit que la démocratie électorale n’est pas un espace de choix réel» explique-t-il dans son ouvrage “De quoi Sarkozy est-il le nom ?“. Ou encore: “Le suffrage universel serait la seule chose qu’on aurait à respecter indépendamment de ce qu’il produit? Et pourquoi donc?” En gros, Alain Badiou veut nous faire croire le système électoral, basé sur le suffrage universel, est le vrai problème. Sarkozy n’en est qu’une illustration, une caricature.
«Entre nous, ce n’est pas parce qu’un président est élu que, pour des gens d’expérience comme nous, il se passe quelque chose. J’en ai assez dit sur le vote pour que vous sachiez que s’il s’est en effet passé quelque chose, on ne trouvera pas ce dont il s’agit dans le registre de la pure succession électorale. [...]
On s’expérimente un peu aveugle, légèrement incertain, et finalement quelque peu dépressif. Oui, chers amis, je flaire dans cette salle une odeur de dépression. Je pose alors que Sarkozy à lui seul ne saurait vous déprimer, quand même ! Donc, ce qui vous déprime, c’est ce dont Sarkozy est le nom. Voilà de quoi nous retenir : la venue de ce dont Sarkozy est le nom, vous la ressentez comme un coup que cette chose vous porte, la chose probablement immonde dont le petit Sarkozy est le serviteur.»

Je m’imaginai revenir en 1947, quand les staliniens de tous bords expliquaient à mes grands parents que les démocraties occidentales ne défendaient que des libertés bourgeoises. Je suis sans aucun doute un “social-traître“, quelqu’un qui serait resté “la grande maison” comme Léon Blum. J’étais à Prague quelques mois après l’effondrement du régime communiste, en février 1990. Vaclav Havel est une icône.
Alain Badiou n’est pas seul: “Le philosophe slovène Slavoj Zizek, star des campus américains et habitué des blagues provocatrices, va encore plus loin en estimant que seule «la violence populaire» permettra aux classes défavorisées de se faire entendre dans des démocraties libérales.” (source)
La vigilance anti-sarkozyste, la critique contre la monarchisation du régime, la défense de la liberté d’informer sont autant de combats que nous ne devons pas laisser aux héritiers du stalinisme.







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