Marianne a un jour publié l’une de mes chroniques de Sarkofrance. Marc Vasseur en fait le point de départ d’un billet : les blogs politiques sont devenus des “sources d’opinion” pour une certaine presse. Ils se retrouvent, échangent, partagent, se relayent. Ils développent une opinion, des analyses. Certain(e)s résument l’actualité d’une phrase ou d’un dessin, mieux qu’un Plantu.

Marc a raison. Les blogueurs politiques sont en passe de damer le pion aux éditorialistes d’antan : Alain Duhamel (Europe 1, Libération), Catherine Ney (Fig Mag, Europe 1, Jean-Marc Sylvestre (Le Figaro, France inter), Jacques Julliard (Nouvel Obs, LCI), Jean-Michel Apathie (RTL, CANAL+) sont remplacés peu à peu par Marc, Nicolas, Luc, Raphaël, Donatien, Ronald, Peuple, Eric, o16o, Julien, Damien, ou votre serviteur. Ces derniers éditorialisent la réalité, et parfois avec des spécialités. Ils peuvent être de droite ou de gauche. Ils peuvent être militants .. ou pas.

Les blogueurs politiques produisent une analyse plus fréquentée, plus visible, plus travaillée sur le Web. Un classement comme Wikio en atteste.

Les éditorialistes ont encore deux avantages compétitifs : la vieille garde a le privilège audiovisuel : ce sont des visages que les médias nationaux, radio et télévisions, se disputent pour crédibiliser leur discours depuis 40 ans. De plus, ces éditorialistes ont les “connexions.” Ce ne sont pas des blogueurs anonymes. Ils fréquentent les cercles du pouvoir. Ils sont invités aux avant-premières. Ils dînent avec le milieu politique.

Bref, les éditorialistes sont “de mèche.” Mais les blogueurs politiques sont la mèche.

Un excellent confrère a la meilleure maxime du moment : “S’il fallait connaître quelque chose en politique pour en parler, ça limiterait l’intérêt de la démocratie et les recettes des bistros.” Elle résume notre ambition, sans prétention.