ce fut une semaine boursière surréaliste. Le système bancaire américain est passé sous le contrôle de l’Etat fédéral, et les Bourses mondiales ont poussé un “ouf” euphorique de soulagement. C’est l’échec d’un système, celui de la main invisible qui règle tout. nous connaissions sa faillite humaine, sociale éet écologique. Voici venu le temps de sa faillite financière.

Après la disparition de Bear & Sterns en avril, la mise sous tutelle de Freddie Mac et Fanny Mae en août, la disparition de Lehman Brothers (un peu plus de 700 milliards de dollars d’actifs rachetés pour une poignée de dollars par Barclays mercredi), la nationalisation de AIG, premier assureur mondial, voici le coup de grâce et la capitulation des traders de la planète.

Vendredi, George W. Bush a annoncé un plan de sauvetage. Le Trésor américain et la FED ont déjà engagé des discussions avec le Congrès pour sortir les banques de la crise financière. La Bourse applaudit. Le contribuable américain va payer les erreurs de ses traders. La meute boursière suit le puissant.

En France, le Monarque aime à cliver l’opinion sur le terrain idéologique. La semaine prochaine, quand il daignera s’exprimer en public au Zénith, il dénoncera le laxisme des banques, la mauvaise gouvernance mondiale. On observera avec attention ce qu’il dira des banques centrales, et notamment de la nôtre, la BCE. La BCE est l’un des boucs-émissaires faciles du président. mais cette fois-ci, la BCE a joué son rôle, suivant la FED américaine. Pour éviter une crise de 1929, les banques centrales ont réinjecté des liquidités. Elles ont joué les pompiers.

Selon des informations de presse américaine, l’administration Bush envisagerait de rééditer ce qui avait été fait à la fin des années 80, après l’effondrement de centaines de caisses d’épargne.

Cette crise marque un tournant. Sans être marxiste (pas assez intelligent), je me réjoui. Passé le moment de crainte pour mes mômes, l’appart et l’avenir, je constate avec gourmandise cette capitulation en rase campagne d’un système inique.

La Bourse a ses vertus. Fondamentalement, elle ne devait servir à qu’à faire rencontrer celui qui a de l’argent et celui qui en a besoin pour monter son affaire. Je sais que je simplifie, bac+5 oblige. Le système a engendré un monstre.

Si la victoire idéologique est totale, il manque une étape. Les responsables de ce merdier sont partis riches.

AIG est à son troisième PDG en trois ans, ayant fait l’objet d’accusations de pratiques d’affaires non éthiques en 2004-2005. Le PDG de Merrill Lynch a pris une retraite précipitée en 2007 après l’annonce de pertes de 8,4 milliards$ sur des prêts à risque et certains dérivés (les pertes cumulatives atteignent plus de 20 milliards). Enfin, Lehman a une équipe de direction en constante réorganisation. Seul son PDG est demeuré bien en place depuis 1993!

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