L’unanimisme pro-Obama, de gauche à droite, en agaçe plus d’un. A gauche surtout. Libération s’amuse ainsi à nous rappeler que la tâche est immense, et que l’élection d’Obama ne signifie pas la fin de la question raciale aux Etats Unis. Le week-end dernier, Bertrand Delanoë se chargeait de nous rappeler qu’Obama était pour la peine de mort.
En France, la gauche a un problème historique avec l’Amérique. J’en ai glissé un mot hier. Dommage pour elle. je n’oserai même pas rappeler qu’une partie de la gauche – qui a aujourd’hui largement disparu – s’esbaudissait devant le grand frère soviétique.
En France, je peux comprendre qu’il soit agaçant d’écouter Rama Yade ou Laurent Wauquiez chanter leur admiration de Barack Obama, ou Nicolas Sarkozy saluer cette “rupture.” Répétez-le, répétons-le: aux Etats-Unis, l’alter-ego de Nicolas Sarkozy s’appelle George W Bush, ou plutôt Ronald Reagan. Même âge, même arrogance, même “révolution conservatrice” , même programme “adapté aux situations locales.”
Aux Etats-Unis, Rama Yade s’appelle Condoleezza Rice, l’alibi noir d’une politique répressive. Aux Etats-Unis, Laurent Wauquiez s’appelle Dan Quayle, l’obscur vice-président “junior” de George Bush Senior.
Obama n’a promis aucune “rupture“, un concept qui clive et qui oppose. Il a promis un rassemblement, un dépassement.
Il a aussi prévenu qu’il se tromperait, qu’il ne réussirait pas à tous les coups.
Vous la mesurez la différence avec Sarko ?
Aux Etats-Unis, un gaucho ne réclame pas les 35 heures ni la retraite garantie à 60 ans. Les gars n’ont même pas deux semaines de congés payés !! Comparer les programmes politiques des uns et des autres, d’un pays à l’autre a très peu d’intérêt et de valeur. Aux Etats-Unis, j’aurai été ravi de voter Obama, comme hier Clinton. Sans complexe, ni déception.
Paradoxalement, les pisse-froids de gauche et les louangeurs de droite se rejoignent. Olivier Besancenot a trouvé la juste expression : “Ce qu’on peut espérer en tous les cas, c’est que la classe politique française ne se rue pas sur l’effet Obama pour en faire un effet marketing, et nous sortir un belle unanimité qui ne sera qu’une unanimité de façade.”
Billet publié également publié chez Left_Blogs


