Une partie du corps électoral socialiste se sent floué. La composition de la nouvelle Direction du Parti Socialiste et sa ligne politique (”Tout sauf Royal“) ont de quoi troublé certains d’entre nous.

Le Texte d’orientation politique 2008-2011 de la nouvelle direction socialiste a le mérite de la clarté : le débat est exclu avec le Modem (explicitement), et avec l’extrême gauche (implicitement). Le nouveau Parti socialiste veut se tourner vers ses “partenaires traditionnels” au motif que “la Gauche n’a jamais vaincu que lorsqu’elle était rassemblée.” Mais le rassemblement ne lui pas non plus épargnée les échecs de 1986, 1993, 1995, et 2007.

Cette fermeture revendiquée est peut être nécessaire pour le militant en crise existentielle. Mais pour ceux qui espèraient un grand bol d’air frais, le constat est rude. “Casse-toi, tu pues ! ” disait la chanson.

Ok, je me casse.

Comment sortir de la défaite ? C’est un travail psychologique et politique au long cours. J’en sais quelque chose. La tentation est grande de mobiliser notre énergie à l’autodestruction, la critique interne. On pourrait aussi choisir de se taire, de patienter ou de se résigner, à défaut d’être convaincu.

J’ai lu ici que Ségolène Royal réfléchissait à consolider son indépendance, à travers le réseau Désir d’Avenir.Les échanges sont vifs sur son forum. Faut-il créer un nouveau parti ? Je préfère le réseau, plus prometteur d’ouverture et de débat.

Le réseau dépasse les chapelles politiques, les frontières d’un parti. Il peut voir grand. Imaginer par exemple de labelliser les candidatures de ceux qui le souhaitent aux prochains scrutins. Recenser l’utilité de ses membres pour être prêt le moment venu. Référencer les partis proches, les associations, les mouvements qui peuvent lui apporter. Organiser des assises de la Gauche.

Bref, le PS va rester encore quelque temps telle une huitre : fermé sur le fonds et la forme. Cela laisse suffisamment d’opportunités pour qu’il soit inutile de lui tirer dessus.

(Billet également publié sur Left Blog)