Benoit Hamon a choisi un journal breton pour s’inquiéter de la “rage” dont feraient preuve les proches et supporters de Ségolène Royal. Selon lui, les partisans de Ségolène Royal «ont dans le sang ce poison de la division, dans des proportions que l’on n’a jamais connues auparavant».

«Je vois par exemple tous les jours sur Dailymotion ou sur des blogs des partisans de Ségolène Royal mettre en ligne des films, des podcasts ou de simples commentaires juste pour nous taper dessus! Leur rage se focalise contre nous et pas du tout contre la droite».

1. La rage, si elle existe, semble injustifiée. Elle peut toutefois s’expliquer, quand la “manipulation” du Congrès de Reims est relatée avec gourmandise dans la presse (de droite). Ou quand on attend 4 jours durant une réaction socialiste officielle, qui reste timide, aux accusations contre Julien Dray. Benoît Hamon visait-il certains d’entre nous ? Certains ont mal supporté cette nouvelle déclaration. Ils “vivent” le PS de l’intérieur.

2. L’accusation de Hamon est stupide. Il pense que les pro-Sego minorent leurs attaques contre la droite, tous occupés qu’ils sont à se battre contre la nouvelle direction du parti socialiste. Pauvre Benoit. Qu’il consulte un peu la blogosphère ! On dirait qu’Internet n’est pour lui qu’un gadget pour se faire mousser. La blogosphère de gauche, y compris les “pro-sego“, est très active depuis le 6 mai 2007.

3. La rage est ailleurs. Il en a fallu de la rage aux opposants à Ségolène Royal pour se rassembler, s’assoir sur leurs idées, s’allier avec leurs contraires, tenir aussi longtemps. Rocard, Jospin, Fabius, DSK, Emmanuelli, Camba et Hamon ont réussi à se “synthétiser” en un front anti-Sego. Il a fallu à certains d’entre eux une rage inexpugnable, une répulsion quasi-physique à l’encontre de Ségolène Royal pour s’unir.

4. Ce débat est rageant. Benoit Hamon est porte-parole du Parti Socialiste. Il aurait pu contacter les blogueurs qui le chatouillent, converser avec eux, tenter la synthèse. Bref, nettoyer son linge en famille. Il a préféré s’expliquer publiquement, sachant pertinemment que ces propos seraient repris, relayés en très peu de temps. Il suit peut-être de gentilles consignes. Ces “ségolistes” tiennent bon. Autant les éjecter. Incompétence ou provocation ?

Finalement, “elle” avait raison.

Il faut nous soigner.