La bonne conscience
Bénédicte Charles signe un billet au titre apparemment provocateur dans Marianne2 : “Contre Besson, peut-être, mais pas avec les passeurs !“
La journaliste tacle les “bonnes consciences” qui ont vite crié au loup quand Eric Besson a proposé de régulariser les sans-papiers qui dénonçaient les passeurs. Le ministre de l’identité nationale a signé la circulaire d’application de cette mesure mercredi 4 février. Elle a raison de rappeler que crier ainsi au loup ne suffit pas. Les passeurs sont des bandes mafieuses. Point barre.
“On ne les a pourtant pas entendues, toutes ces bonnes âmes, en 2003, lorsqu’a été mise en place une loi qui ressemble à celle que propose Besson puisqu’elle permet aux prostituées immigrées clandestines d’obtenir un titre de séjour si elles dénoncent leur proxénète. Difficile de prendre la défense du proxo et d’accuser de délation les pauvres jeunes filles dont il fait commerce et qui triment pour rembourser leur passage…
Tandis que le passeur, ce n’est rien d’autre qu’un type serviable qui aide des Afghans ou des Irakiens à fuir leur pays. Parce que le passeur, évidemment, il est hyper désintéressé. Il ne fait pas ça pour l’argent. Il n’oblige pas ceux qu’il a fait venir à bosser comme des chiens, à accepter les pires boulots, pour rembourser leur passage. Alors le dénoncer, c’est comme dénoncer ceux qui cachaient des Juifs pendant l’occupation : c’est de la délation.”
J’avoue, j’ai crié au loup. Je crie toujours au loup. Eric Besson est devenu un loup.
1. Comme avec la légalisation du canabis, la régularisation des sans-papiers qui travaillent et la traque des employeurs-voyous me semble être la seule solution pour décourager l’immigration. Brice Hortefeux a réussi à nous prouver une chose en 18 mois d’expulsions “quotaifiées” : malgré tous ces efforts, tous ses abus, il n’a pas réussi à trouver plus d’une dizaine de milliers de clandestins à expulser. Et si on se fixait un quota de sanctions annuels contre les patrons-voyous qui exploitent des sans-papiers ? Cela aurait une autre gueule, non ?
2. Bénédicte Charles rappelle aussi les limites de cette circulaire bessonienne : les passeurs sont des mafieux qui se retourneront contre les familles des sans-papiers “délateurs“.
3. J’ajouterai une question, toute personnelle, de citoyen potentiellement désobéissant : et si j’aide un copain immigré à rester clandestin, je suis un “passeur”, n’est-ce pas ?
La délation est un sujet complexe. La loi du silence est en soi une mauvaise chose. Mais la délation comporte également tous les excès.
“la délation comporte également tous les excès” exactement et surtout quand on en fait une loi. Merci pour ce billet
Mais Juan, je suis désolée mais je ne sais ps de quoi parle cette journaliste.
En 2003 j’avais trouvé le principe de proposer aux prostituées de dénoncer leurs proxo. scandaleux et…si tu écoutes les associations, complètement inefficaces, j’aurais bien aimé hurlé aux loups plus fort comme elle dit, et j’aurais bien aimé que l’on m’entende le dire, mais à l’époque je n’avais pas de blog, pas de lieu, à part dans mon cercle d’amis, où dire mon refus de cette méthode
Et je me fous du devenir des passeurs, je sais que ce sont des mafieux….. je n’ai jamais pensé une minutes à ce qu’elle écrit sur la “bonne volonté” de ces hommes, mais je crois toujours et encore que la délation n’est pas un bon moyen d’arriver à ses fins….
l’histoire l’a prouvé.
Cela ne fait que gratter les mauvais sentiments qui sont en chacun de nous.
Et cette Bénédicte est juste un peu gonflée de laisser entendre que nous sommes un peu…con, en fait.
Tout ça devant la vision du chaos américain façon Spielberg
bonnes vacances à ta petite famille et à toi
Dénoncer un salaud, c’est toujours cafter. C’est ce que j’explique à mon fils pour la cour de récré. Bénédicte, tu dis quoi toi à ton fils ?
Coucou mrsclooney.
je pense que Bénédicte a vite chargé par exaspération. Je reste très hostile à la délation. Mais elle marque un point, me semble-t-il, en pointant du doigt que la comparaison entre la délation des passeurs de sans-papiers et celle des passeurs de juifs vers la zone libre sous l’occupation est un peu courte…
bonne semaine à toi, j’essaie de suivre le fil à distance …