La polémique sur la chanson “Sale Pute” du rappeur Orelsan s’est un peu éteinte. Une lectrice (Romane) m’a gentiment signalé sur un précédent billet le fonds personnel de cette affaire : Orelsan visait Pitbulle, une rappeuse également, qui l’a quitté.
La chanteuse a répliqué, par une chanson “Moi j’suis cap’“, publiée sur le site des Chiennes de Gardes.
MOI, J’SUIS CAP’ !
Réponse de la rappeuse au rappeur
Regard’-moi dans les yeux, Orelsan, et fil’ doux !
Tu te crois tout permis, les insult’ et les coups.
T’es pas à la hauteur, arrête tes délires !
Ma patience est à bout, prépare-toi au pire !
Les p’tits mecs dans ton genre, je n’en fais qu’une bouchée.
Ton “Sale pute !”, dans la gorge je vais te l’faire rentrer.
Parc’que tu chantes à Bourges, tu te la pètes grave,
toi, banal en images, et nul en orthographe !
Cogner, violer, casser, tabasser, massacrer,
les filles dans ta tête, le français sur l’papier,
tu te la joues rebelle, et tu t’crois très méchant.
T’as la haine, que tu dis, ça remplace pas l’talent.
Faut t’y faire, Orelsan, j’embrasse qui je veux,
et la rue est à moi, je n’ai pas froid aux yeux.
T’aurais pas dû m’chercher, j’vais l’crier sur les toits,
te mettr’ la honte à donf jusque devant chez toi,
ça s’ra sur Internet, ça f’ra l’tour des radios,
que t’es qu’un bandemou, un ringard de macho.
T’as dit “t’es différente des meufs que j’ai connues”.
C’était quand tu m’draguais, mais t’as encore rien vu.
Rien à fout’ de ta haine, elle va direct poubelle.
J’vais pas m’laisser salir par un p’tit vermicelle.
Si tu baises comme t’écris, y a pas d’quoi la ram’ner :
les paroles de ton rap, c’est du sous-Dieudonné !
À force de dire “t’es bonne”, de te prendr’ pour le pape,
t’as oublié que j’suis meilleure que toi en rap.
J’appelle les copines : “Féministes, wesh ! yo !”
J’en ai soupé, d’ta haine, je sors mon grand couteau,
l’ail et les p’tits oignons, j’émince et j’fais chauffer.
T’as assez dégueulé, maintenant tu vas t’calmer.
Les filles, finissons-en avec ces p’tits couillons !
Ils étaient forts tant que nous n’osions pas dire NON.
Orelsan, baisse ton froc, je saliv’ déjà trop.
Chiennes de garde, foncez, et en avant les crocs !
Aux défenseures des femmes les oreilles et la queue,
les couilles à l’offensée, et des excuses je veux.
A Poitiers, un concert du rappeur a été annulé par l’association L’Oreille est Hardie, gestinnaire de la salle. Sans provocations ni simplisme, cette dernière a ainsi justifié sa décision de “faire le choix de l’humain, et pas celui de l’art. Considérant que notre humanité était en jeu, nous l’avons dans ce contexte privilégiée.”
Bien dit.
