
Julien Dray est sorti de son silence. Dimanche dernier, il s’étonnait que la justice soit si lente. De nombreuses “révélations” ont parsemées les colonnes de la presse depuis décembre dernier. Nous nous étions déjà étonnés de la publication de la perquisition de son domicile, par un journaliste du Monde.fr, quelques minutes avant qu’elle ne commence. Pourtant, Julien Dray n’a toujours aucune information sur le dossier…
Le Nouvel Obs s’attarde sur “la belle cravate” Hermès que l’élu socialiste porte sur la photo. Sur Europe 1, le talentueux Nicolas Canteloup le brocarde généreusement sur son goût pour les montres. Comme l’explique très bien Intox2007, l’enquête sur Dray, si enquête il y a, est “à charge” et la procédure, faute d’informations, n’est pas contradictoire. C’est l’ère du soupçon, de la calomnie, des petites bassesses en tous genres. Comment porter la contradiction que la justice ne garantit plus ?
Les supporteurs du Président expliquent depuis près de 18 mois que leur chef est victime d’acharnement. Il est vrai que, sur le Net en particulier, notre monarque provoque le buzz. Le jour même de son second anniversaire à l’Elysée, il avait invité les patrons du Nouvel Obs (un déjeuner avec le président, ça ne se refuse pas !). Sarkozy s’est montré serein, et indifférent aux critiques et railleries dont il fait l’objet dans les médias.
Pourtant, on voit bien que notre Etat vit sous contrôle. Un contrôle larvé, qui repose sur un paquet d’autocensure, de pressions directes, de menaces indirectes. Sarkozy n’en a pas l’apanage. Dans les dernières heures de la Mitterandie au pouvoir, un certain ministre du budget fumeur de cigare s’amusait à lancer ici ou là quelques contrôles fiscaux.
Mais de nos jours, l’entreprise de contrôle est massive. L’audiovisuel public est remanié. La presse écrite, exsangue, est achetée à coup de campagnes de publicité. Regardez l’affaire Richard (nous y reviendrons demain sur Sarkofrance): un dircab file à France Télécom, et c’est silence radio. L’opérateur public est un annonceur géant.
Je ne réclame aucun droit à la “calomnie tranquille“, mais simplement celui de porter la contradiction, de clarifier les débats, de défier l’agenda.
En écrivant ces lignes, comme d’autres, je pense à ces journalistes et blogueurs, anonymes ou pas, mais vigilants toujours.
Où seront ils demain ?







2 comments
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13 mai 2009 à 10:38
jeunegarde87
On peut peut être reprocher à Dray son côté Bling Bling, il n’en reste pas moins un homme politique traqué pour l’éliminer de la classe politique par le Président. Dommage pour le PS !
14 mai 2009 à 1:07
phosphore
bravo en effet à ces journalistes , ces bloggeurs qui resistent et refusent de se faire manipuler.
A l’instar, il ne faut pas l’oublier, du syndicat des journalistes de l’Est Répubicain qui avaient vigoureusement protester contre la lacheté de leur direction lorsqu’elle a publié le pseudo rapport Tracfin sur Julien Dray.
5 mois après, pas de suite à ce rapport, pas d’accusations juridiqueedeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee n’est suceptible d’etre qualifié juridiquement , et Julien Dray n’est ni convoqué ni accusé sauf par la presse à scandale et ses journalistes plutôt voyeurs (l’épisode de la cravate le démontre un peu plus).