Pourquoi vouloir convaincre en politique ?

Jusqu’où faut-il débattre ? Passer l’âge de 25 ans (j’ai en ai bientôt 40), j’ai pensé que le débat politique ne servait qu’à une fraction de la population.

Celle du “ventre mou” (excusez l’expression involontairement péjorative) de ces citoyens qui ne sont pas aussi politisés. Puis, expérience personnelle, j’ai rencontré ma femme. Elle était de droite, populaire, et chiraco-fidèle. Un soir de mai 1995, elle m’a trainé place de la Concorde, chanter l’élection de Jacques Cgirac. Ce dernier n’était pas là. Mais j’ai entendu Alain Madelin, les larmes aux yeux … de tristesse. Quand Ségolène Royal est arrivée dans notre paysage politique, notre famille était unie à gauche. Sans s’influencer mutuellement, nous nous sommes retrouvés.

A gauche.

Il n’est pas sûr qu’une telle union se reproduise avec un socialiste bon teint. Elle votera ailleurs. Je resterai fidèle. Sarkozy est le seul à souder les inimitiés. Nous passerons au moins l’élection de 2012 tranquille… de ce point de vue là.

Cette expérience éminemment personnelle (que les lectrices et lecteurs m’excusent) m’a fait comprendre que si la joute politique n’avait d’intérêt que pour une fraction de l’électorat, cette fraction était difficilement identifiable.

A force de discuter avec des amis solidement ancrés dans leurs convictions (au moins autant que moi), j’avais pris le parti de ne plus rien tenter. A quoi bon vouloir convaincre Brice Hortefeux ou Alain Juppé ? La réalité politique n’existe pas. Elle est ce que l’on voit. Certains peuvent assumer la pauvreté, l’échec, l’injustice. D’autres peuvent assumer la solidarité, fusse-t-elle abusée. A titre personnel, j’aimerai qu’un revenu minimum, sans contrepartie d’effort ni de devoir, soit garanti à tous. Une vraie société d’assistance. Je sais bien que cette position hérisse à droite ou dans la gauche moderne.

Finalement, il ne s’agit pas tant de convaincre que de dénoncer. L’argumentaire politique consiste à peindre en rose la situation souhaitée. Ainsi, on dénoncera l’assistance sans contre-partie en mettant en valeur combien elle injuste pour celui qui “se lève tôt” et “travaille dur”.

La vérité politique consiste à assumer les extrémités de ses convictions.

3 commentaires
  1. gumbau a dit:

    “La vérité politique consiste à assumer les extrémités de ses convictions.”
    meme pas remarque Obama

  2. bobcestmoi a dit:

    il n’y a qu’une frange de l’électorat qui déplace son vote selon les élections et les périodes, c’est ce que les médias appellent le “marais”

  3. Made a dit:

    En ce moment, Juan je trouve que vous avez le blouze… Pourquoi ??? Beaucoup de fatigues causées par le peu d’intérêt des élections Européennes. Du découragement face à l’arrogance de sarkosi qui malgré qu’il se prenne pour un”dieu” peut être mort dans la minute qui suit. Amen!

    Je vous comprend mais malgré mes + de 60, je crois encore dans un Avenir meilleur, cela peut vous paraitre idiot : tant pis.

    Pour convaincre, il faut être très déterminé et croire dans son destin comme SR.

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