J’ai entendu ici ou là que certains propos blogosphériques étaient trop radicaux, trop violents, trop faciles. Fustiger l’adversaire politique comme un ennemi, dénoncer ceux qui succombent aux sirènes de l’ouverture comme des collabos seraient trop dur, et historiquement douteux.
Pourtant, comment répliquer, répondre, réfuter les arguments d’un Monarque qui cherche davantage à cliver qu’à rassembler ? Nicolas Sarkozy s’est fait élire sur la “rupture” avec le passé, et son cortège de nouveaux bouc-émissaires désignés chaque mois à la vindicte populaire et médiatique.
C’est son droit. Ce fut même son succès.
Qu’on nous laisse répondre avec les armes du moment. Nicolas Sarkozy est un bouc-émissaire en puissance. Ses propos contre les jeunes, les fraudeurs, les patrons, les banquiers, les cheminots, les enseignants, les grévistes, les sans-papiers, les chercheurs, les socialistes, les centristes, l’extrême gauche, les fous, les manifestants, les fonctionnaires, etc, ont été autant d’attaques violentes et sans concession qui justifient la force de nos réponses.
Nous sommes dans un combat, politique certes, mais dans lequel l’ennemi ne s’interdit aucun coup bas, aucun Coupat. Nicolas Sarkozy ne cherche pas à concerter, débattre, amender, discuter. Pourquoi lui faire la faveur d’une ouverture qu’il ne mérite pas ?
La radicalité des propos ne signifie pas l’absence de dialogue et d’ouverture. Paradoxalement, Nicolas Sarkozy a réussi à mobiliser contre lui, à défaut de fédérer, environ 75% de l’opinion. Profitons-en pour discuter de notre France d’après. Les récents échanges entre des blogueurs à gauche et la présidente d’Alternative Libérale, retranscrits dans l’édition du 29 mai de l’hebdo VENDREDI sont de ce point de vue instructifs et constructifs.
La ligne de partage entre ennemi et adversaire est de plus en plus claire à dessiner. Il y a le camp du Fouquet’s d’un côté, et tous les autres de l’autre. On peut caricaturer le débat politique en une opposition entre bourgeoisie et prolétariat, entre actionnaires et salariés. La droite du Fouquet’s ne défend que l’intérêt de ses membres, pris nominativement, et la consolidation d’une monocratie complaisante.
Adversaire ou ennemi ?






5 comments
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2 juin 2009 à 9:34
bobcestmoi
juan, continue, c’est comme ça qu’on t’aime
2 juin 2009 à 9:50
wildo
Juan on me disait déjà la même chose pendant la campagne des Prési’ : que je diabolisait le futur Président et blablabla (la lopsi était déjà dans les petites affaires de l’ancien ministre de l’intérieur )…
Mon premier billet sur CNPMP parlait déjà de dictature le lendemain du 6 Mai fatidique. Aujourd’hui Intox 2007 ose une timide “démocrature”. A force de faire de ronds de jambes on va se faire asphixier.
2 juin 2009 à 10:23
David75
Le pouvoir est bien plus violent que les critiques que l’on peut lui opposer.
La vraie violence c’est le chômage, les plans sociaux, le surendettement, l’injustice, les enfants qu’on arrête à la sortie des écoles. La violence ce sont les petites retraites qui ne permettent, pas de vivre etc …
La violence c’est aussi d’entendre se plaindre des actionnaires dont les revenus ont certes baissés qui ne manquent pas de moyens..
La violence c’es de donner des fonds aux banques sans contreparties.
La violence est’ de permettre à ces mêmes banques de jeter les gens à la rue pour quelques échéances impayées ..
La violence c’es de na pas pouvoir se soigner comme il faut, de ne pas pouvoir aller chez le dentiste ..
3 juin 2009 à 8:44
Dr. Morisset
Il y’a le camp du Fouquet’s et les autres : les autres c’est ceux qui sont de l’autre côté des Champs? Parce qu’en face c’est le Lido hein quand même…
4 juin 2009 à 11:46
Top Wikio politique, crash blogosphérique « Les coulisses de Sarkofrance
[...] à Nicolas S, je suis resté, avec l’envie de tondre, de dézinguer, de [...]