L’échec de François Bayrou aux élections européennes n’aqu’une chose de réjouissant: elle lève partiellement une hypothèque, celle d’un hold up potentiel sur l’élection de 2012. Néanmoins,le panorama n’est pas clair.
Le score écologiste n’est pas reproductible dans un scrutin présidentiel. L’élection européenne est le meilleur scrutin pour le camp écolo. Mais les écolo se sont rassemblés, mettant de côté leurs divisions. C’est une tarte à la crème. Uni, ça fonctionne mieux. Pour s’unir, il faut avoir envie de gagner ensemble. les écolo, des Verts à José Bové, ont dû tenir les leçons de leurs échecs aux scrutins passés.
Le Modem s’est pris une baffe, mais on a besoin du Modem. Décrocher une partie de la droite du camp sarkozyste ou répondre aux déçus socialistes sont deux ambitions louables. S’allier avec le Modem quand le rapprochement est possible, sans procès d’intention, est une chose nécessaire. Le plus heureux de l’échec modemiste n’est pas le PS mais … Nicolas Sarkozy. Enfermer Bayrou dans ses contradictions ne signifie pas qu’il faille jetter l’anathème sur le camp centriste. Les socialistes n’ont rien compris s’ils s’imaginent qu’une simple alliance avec les écolos suffira à leur faire gagner les prochains scrutins.Les militants modemistes doivent désormais encadrer la stratégie personnelle de leur leader, sous peine de disparaître.
“Nous ne sommes pas crédibles” a justement avoué Martine Aubry dimanche soir.
La stratégie “gauchiste” du parti Socialiste n’a servi à rien pour ce scrutin européen. Martine Aubry et son équipe se sont pris une baffe historique. Amen ! Les socialistes déçus ne sont pas partis au modem, mais chez Europe Ecologie. Depuis novembre dernier, la direction socialiste a gauchisé inutilement son discours. Certains ont également reproché aux socialistes de limiter leur discours à l’anti-sarkozysme. Peut-être. Il n’était pas si compliqué que cela de fustiger l’échec sarkozyen tout en proposant autre chose. Le problème est ailleurs. Le discours socialiste s’est fait grignoté partout: peu crédible en matière écolo, concurrencé à sa gauche par une douzaine de pourcentages au NPA, Lutte Ouvrière et Front de Gauche, il ne pouvait même pas s’appuyer sur la défense des libertés publiques (un sujet qui visiblement préoccupe malheureusement peu les Français), car le Modem était sur le même créneau..
Les déclarations de Mélenchon (Front de hgauche) au soir du scrutin, sur le plateau de France 2, sont inquiétantes: il a dit que l’élection était un désastre pour la gauche, que Sarkozy avait gagné. Tenir les mêmes arguments que Brice Hortefeux est un comble. Voici le bel exemple de désunion ? Un perdant à gauche crie sur tous les toits que le camp adverse a gagné. Belle dialectique ! N’aurait-il pas pu dire que la victoire UMPiste est une victoire à la Pyrhus ? Fallait il se ranger aux arguments du clan du Fouquet’s ?
L’extême gauche n’a pas pesé dans cette élection. Le NPA et Lutte Ouvrière sont restées séparées, incapables de mobiliser leurs troupes. faudra-t-il qu’ils restent autistes également ?
Bref, la gauche est encore en chantier, mais des leçons faciles pourraient être tirées.
