La netosphère surfe sur une belle hypocrisie: le web, c’est la liberté, l’échange, la gratuité, l’avenir. Sur le Web, on s’exprime, on est plus réactif, on se donne, on se partage, on s’exhibe. Le Vieux Monde, celui de la vie réelle, n’a rien compris. C’est normal, il n’est pas « moderne« .

Désolé, je ne gobe pas tout ça. Le Web est l’une des meilleures et des pires choses qui nous soit arrivés.

Arnaque numéro 1 : sur le Web, on est tous amis.  Sur le Web, chacun est un espion. On surveille ses stats, on trace les visiteurs, on s’interroge sur leur identité. Le web et ses outils ont transformé chacun de nous en espion ou voyeur. En racaille.

Arnaque numéro 2 : vive les réseaux sociaux ! Sur le Web, les réseaux sociaux sont les nouvelles Gestapo. A chaque fois, c’est la même histoire. Un nouveau réseau social se créé. Il s’appelle MySpace, Facebook ou Twitter. Des esprits brillants et jeunes imaginent une nouvelle manière de communiquer, d’échanger, de se dévoiler. Après quelques temps, ils se demandent comment vivre de leur trouvaille. Et vous savez quoi… A chaque fois, je dis bien à chaque fois, ils parviennent à la même conclusion : il faut monétizer les infos personnelles que leur trouvaille « sociale 2.0″ a glané. Les réseaux sociaux sont des Big Brothers participatifs. Quand il faudra passer à la caisse, on vendra vos secrets. Point barre.

Arnaque numéro 3 : Sur le Web, on a un plan B. Faux, le plan B n’existe pas. Certains ont pris l’habitude de piller, de pomper, de pirater. Moi-même, j’illustre les billets de Sarkofrance de photos pris par d’autres. Quand Michael Jackson décède, j’image que les « échanges » généreux de ces chansons sur les réseaux peer-to-peer ont bondi. La belle arnarque. Quand j’avais 15 ans, je prêtais mes vinyls. Aujourd’hui, qui rendrait les fichiers numériques des chansons qu’il a pompé ? Personne. Je faisais des copies audio pourries. Aujourd’hui, la copie égale l’originale.  Quand on demande comment on rémunèrera le créateur de demain, on me répond par des concepts vaseux de « mécénat culturel » ou « licence globale ».

Arnaque numéro 4 : le Webdoit rester libre. « Depuis Internet, la pornographie est entrée dans la vie des gens » (Catherine Dolto). La liberté du Web, c’est aussi (dixit l’immonde Frédéric Lefebvre), la liberté des réseaux pédophiles. On fait quoi ? On ne dit rien ?La pornographie m’amuse, me stimule. Mais sans contrainte, comme c’est le cas sur le Web, on légitime les pires des réseaux. Ceux des proxénètes, des mafieux, des ordures.

Arnaque numéro 5 : Internet est une liberté fondamentale. Bien sûr. Arrêtez donc de payer vos 30 euros par mois de connexion haut-débit, et on verra si France Télécom ou Free vous laisseront tranquille.

J’adore Internet.

Mais certains internautes m’agacent.

Désolé.