Ségolène Royal est restée discrète. En novembre dernier, après l’échec du Congrès de Reims, nous écrivions que les élections européennes seraient le premier test de l’équipe Aubry. La Première Secrétaire s’est mangé la barre en pleine tronche et son talentueux porte-parole pointe au chômage, tout non élu qu’il est.

Les commentateurs se réjouissent de l’absence de concurrence à gauche ou au centre contre la prochaine candidature de Nicolas Sarkozy en 2012. Bayrou s’est cramé contre Dany Le Rouge devenu Vert. Les écolos sont un parti prometteur mais incapables de résultats sur un scrutin personnel comme l’élection présidentielle. A gauche, Aubry est retournée à Lille, les éléphants sont sortis de leurs réserves. Le parti socialiste est devenu tel le parc de Toiry, une réserve animalière où l’on vient contempler, sagement assis dans une voiture, quelques spécimens d’une brousse en voie de disparition.

Reste donc… Ségo.

Les anti-ségolistes ressassent parfois, encore, toujours, leurs critiques, parfois légitimes, contre l’ex-candidate présidentielle de 2007. Pourtant, what else ?

En 2012, Ségolène Royal devra sans doute affronter un Sarkozy “recentré”, appuyé par un inefficace mais “verdisé” Jean-Louis Borloo premier ministre. Il faudra convaincre le camp écolo de rester lucide, taire les tentatives divergentes d’un Nicolas Hulot (on ne réforme pas la planète avec le Medef). segolène devra aussi convaincre les gauchistes de la gauche qu’elle sera leur rempart. A titre personnel, me sentant excessivement écolo-gaucho, je n’ai jamais senti de dérive droitière, sauf sur les symboles, de la part de la miss Royal. Et les symboles, désolé, mais on s’en fiche un peu. Sans vouloir répéter les arguments pro-ségo d’il y a quelques mois, quelques années, je me risquerai à en citer trois en faveur de sa candidature :

1. Elle bouscule. Et nombreux sont ceux qui ne boivent plus la langue de bois habituelle.

2. Elle travaille. Son association bosse, sur des sujets aussi divers que le développement,  les pesticides, l’économie, le chômage. Elle bosse tous les sujets; n’attend pas des “congrès”, des “forums”, des “rassemblements.”

3. Elle est sarko-incompatible. Le monarque de l’Elysée a réussi à nous faire croire que chaque éléphant ou éléphanteau du Parti Socialiste pourrait le rejoindre (exception faite d’Aubry ou Hamon).

J’aimerai convaincre les réticent(e)s. Ils/Elles sont nombreu(ses)x. Lâchez-vous. Oubliez vos rancoeurs. Oubliez vos “champions”, les “procès d’intention.” A titre personnel, je n’ai pas besoin de “leçon de gauche”, j’en suis. Point barre.