Y aura-t-il un socialiste, un homme ou une femme de gauche pour se féliciter de la victoire du front républicain à Hénin Beaumont ? Sans doute. On félicitera bien volontiers Daniel Duquenne qui doit désormais faire oublier les dérapages du socialiste local, adoubé par la Fédération Socialiste nordiste il y a à peine un an.
1. Un Parti qui ne nettoie pas ses écuries est un parti mort. Le Parti Socialiste est passé à côté de la catastrophe nationale à Hénon Beaumont. Il a fallu attendre près d’une semaine pour que le PS exclut Gérard Dalongeville, l’ancien maire soupçonné de détournements de fonds. Personne ne s’en doutait ? Martine Aubry avait imprudemment négligé cette élection dans une bourgade pourtant située à 30 km de Lille.
3. On ne peut pas confondre une cause avec ses ripoux. Il est facile d’accabler la droite avec Serge Dassault, ou les socialistes avec le cas Dalongeville. Les élus sont mortels, faillibles. On y trouve des ripoux comme ailleurs. Pourtant, à Hénin Beaumont, les pratiques du parti local étaient curieuses. Le confrère d’Intox2007 nous livre quelques anecdotes, et notamment les coutumes “multi-urnes” de la fédé du coin.
3. Les blogueurs ont la rage, et c’est normal. Daniel Duquenne a gagné à Hénin Beaumont, tant mieux. Mais le chemin est encore long avant qu’il soit légitime. Le Front National a amélioré son score en une semaine. La colère gronde. Sur Twitter, Agnès du Monolecte a lâché un constat partagé: “Je ne vois pas trop comment on peut parler de victoire républicaine dans un bled où 48% de la population vote FN !” (merci à Hypos de l’avoir relevé). J’imagine les électeurs aussi désemparés que ceux de gauche au second tour de l’élection présidentielle de 2002. Authueil expliquait que le FN méritait de gagner: “la liste FN, c’est sans doute pas terrible, mais c’est encore celle qui est la moins éloignée de cette demande.” Dépêché spécialement sur place, l’ami Vasseur s’inquiète: “Et le Parti Socialiste ?… on le ménage comme on ménage les grands malades.“Rébus dénonçait déjà le mirage du Front Républicain. Rien d’autre à faire que se liguer. Gauchedecombat s’exclame : “Et je partage la liesse des ch’tis qui ont échappé au pire“
A vrai dire, je suis comme Hypos, je ne partage rien, si ce n’est le dégoût.
