Bénédicte Charles de Marianne2 a eu la gentillesse de m’interroger sur l’antisarkozysme. Une question m’a turlupiné: l’opposition systématique fait-elle sens ? Pourquoi ne pourrait-on pas réserver une quelconque indulgence à ces Martin Hirsch ou Michel Rocard qui croient bien faire ? Comment critiquer le RSA ou le Grenelle de l’Environnement ?
La question de la traîtrise en politique est un vaste sujet. Le cas d’Eric Besson est symptomatique de la traîtrise absolue, totale, complète. L’homme a viré de bord, jusqu’à se convertir en zélote umpiste au ministère de la Rafle. Son cas a peu d’importance. Dans 20 ans, on l’aura oublié, sauf à l’étudier encore comme un cas d’école dans des cours de sciences politiques. D’autres, plus anonymes car moins exposés, ont lentement changé, comme ces intellectuels de salon à la Max Gallo, qui ont glissé telle un phoque sur un iceberg en bascule de gauche à droite.
Martin Hirsch est un autre cas. L’homme est éminemment respectable, sincère et pédagogue. Il croit à son Revenu de Solidarité Active. C’est son projet. opportuniste, il a saisi la chance offerte par Nicolas Sarkozy pour le mettre en oeuvre. Il a certes accepté quelques couleuvres dans son dispositif, comme le dispositif de flicage du niveau de vie digne d’une ancienne dictature d’Europe de l’Est. mais qu’importe, le projet est devenu loi, et en place depuis quelques semaines. pourtant, Martin Hirsch aurait dû se poser une question, la seule qui vaille : quelle distance politique existe-t-il entre sa démarche et la trajectoire principale du programme sarkozyen ?
A vrai dire, Martin Hirsch est aux antipodes du projet sarkozyen. Il collabore au gouvernement de la pire contre-réforme que la France ait connue depuis la guerre, un projet de société qui vise à détruire et remplacer le compromis social de notre pays, notre conception du “vivre ensemble”. sarkozy avait annoncé la couleur pendant la campagne. Sur touts les sujets, nos rapports aux étrangers, notre conception des libertés publiques, l’éthique économique, la justice sociale, la protection de la loi contre l’arbitraire individuel des puissants, Nicolas Sarkozy voulait imprimer sa marque. Martin Hirsch apparaît comme le cache-sexe d’une ignominie sociale, culturelle et économique. Le positionnement de son action est à l’opposé du centre de gravité sarkozyen. L’élastique qui les maintient ensemble est tendu, très tendu. On a beau nous expliquer que le RSA veut remettre les exclus au travail, la tartufferie est évidente. Le clivage gauche-droite n’est pas sur le travail, mais sur le niveau de précarité tolérable. Quand Sarkozy valide le RSA, il met en place “l’offre raisonnable d’emploi” et supprime la dispense de recherche d’emploi pour les seniors de plus de 58 ans.
Voilà pourquoi notre tolérance doit être minimale vis-à-vis de Martin Hirsch. Qu’importe si son projet mérite d’être sauvé en cas d’alternance. le Haut Commissaire, par sa présence, couvre les rafles de sans-papier, la sécurisation de notre vie civile, la précarisation du plus grand nombre au service de quelques-uns.
Honte à lui.






4 comments
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10 juillet 2009 à 8:01
Made
Martin Hirsch est comme vous le décrivez parfaitement un personnage “insignifiant”, imbu de sa personne, tellement imbu qu’il pense qu’il peut s’éxonérer de toute la politique de sarkosi.
Lorsqu’il était président d’Emmaüs, il aimait bien aussi les gens qui travaillaient pour rien seulement pour sa “gloire”, chez lui c’est une manie, une façon de penser, il y a le haut et il y a le bas corvéable à merci.
Bien sûr, cet opportuniste fait partie du haut de l”imposture”.
11 juillet 2009 à 4:21
labilbe
Article intéressant, j’ai bien aimé la première et la deuxième partie.
J’ai relevé une faute d’orthographe “Sur touts les sujets” -> “Sur tous les sujets”.
Bonne continuation !
23 juillet 2009 à 8:50
Georges OTIN
Martin HIRSCH est un grand “fan”de l’expérimentation à la mode anglo-saxonne quitte à s’assoir sur l’égalité des chances, le droit du travail et même les droits de l’homme.
Il voudrait bien mettre la pauvreté laborieuse française à la sauce Emmaüs cette grande famille humanitaire qui rejette à la rue ses compagnons après usage comme des malpropres sans préavis, sans droit de défense ni recours.. Allez casse toi pauv!.. Fais ton sac!… Dégage!…
Au nom de l’efficacité Martin HIRSCH a fermé les yeux sur les pires dérives en tant que Président du mouvement créé par l’abbé Pierre et notamment celles d’un “roitelet” du sud ouest épinglé par un audit interne en 2006.
Il n’y a aucune cohérence entre ses pratiques et les valeurs socio démocrate tendance Delors qu’il prétend porter… A l’image, d’ailleurs d’Emmaüs…
Mensonge pieux?… Bilan globalement positif?… Imposture?…
Rayer la mention inutile…
7 septembre 2009 à 1:16
baboum007
Martin Hirsch! en voilà un bel opportuniste sous couvert de mettre son ver dans la pomme en grand tacticien du cheval de Troie, notre grosse larve a tellement apprécié le goût de la pomme et les bienfait qu’elle lui procure qu’il ne voit même plus les pépins qu’il devra incurgiter quand la bonne chair sera baffrée et que ses amis d’Hemmaus lui demanderont : ” qu’as-tu fait pour nous, sinon nous vendre comme crêve la faim et prendre le travail de mes compagnons déjà si faiblement payés pour plaire à ton nouveau maître et continuer de manger la pomme. Trop tard la pomme devint compote sous le tourbillon de la foule enragée et un nouveau monde s’ouvrit plein de joie et d’espoir.