C’est la Fête Nationale, un petit moment de patriotisme, illustré par le défilé de nos camions militaires sur les Champs Elysées, des feux d’artifices un peu partout en France, des bals populaires, et un méchant concert gratuit à un million d’euros à Paris. Puisque l’actualité du jour questionne notre identité nationale, répondons à la question: vous sentez-vous aussi Français qu’il y a deux ans ?

1. Je n’ai pas envie de laisser la France à Sarkozy. Le constat est simple et évident, à lire Sarkofrance. Je n’ai pas voté pour ce président. Pourquoi faudrait-il lâcher prise ? Lui laisser les ors de l’Elysée, et les cadeaux aux copains ? Je suis né ici, j’ai grandi ici. Ma femme et mes enfants aussi. Mon histoire familiale remonte au 16ème siècle. Pourquoi devrais-je émigrer ? Parce que la monocrate au pouvoir casse notre modèle ?

2. C’est la première fois qu’un président challenge autant mon envie de rester Français. Nicolas Sarkozy tente de répondre à ses engagements. Précariser le plus grand nombre pour qu’on se sente plus “libre”, casser nos “tabous” sur la laïcité, l’immigration, l’éducation de nos enfants, notre rapport au travail. La France de 2009 n’est plus mon pays, mais suffit-il d’entrer en “résistance” ? L’opposition se cherche, hésite, trébuche, tombe si facilement dans les pièges politiques du monocrate de l’Elysée.

3. Grâce à Obama, je reste accroché au rocher français. Mes amis américains ont vécu George W Bush, la guerre en Irak, la croisade bushiste contre l’Islam, Guantanamo et la destruction de l’Etat providence. Puis Obama a gagné, soulevé un espoir qu’il décevra sans doute. Mais il a gagné. En politique, l’avenir n’est jamais sûr. Les périodes noires peuvent être longues. Rend-on service à ses enfants en abandonnant la partie ? Evidemment non. Je suis encore Français, mais d’une autre France. La Sarkofrance n’est pas ma France à moi.

Et à la Libération, certains seront tondus.