Vous connaissez les Playmobil ? Si vous avez été enfant dans les années 70, ou si vous avez eu des enfants depuis, a priori vous connaissez. Manuel Valls me fait penser à un Sarkozy version Playmobil. Des petits personnages qui singent la réalité pour le plus grand plaisir de leurs propriétaires. Les Playmobil ont un rôle social défini par avance : le policier, le voleur, la marchande, le légionnaire romain. Quand j’étais petit, j’adorais les Playmobil. Ils n’étaient pas tous aussi prédestinés comme aujourd’hui. On pouvait les transformer. Ils avaient une tenue standard, une couleur principale, mais on pouvait encore les “customizer” à loisir. Depuis une dizaine d’années, le fabricant allemand a fait évoluer le concept. Un Playmobil ne change plus de destinée. Il sera César, cowboy ou pirate. Impossible de changer d’apparence et donc de rôle social.

Manuel Valls est un Playmobil. Il s’est auto-destiné “Sarko de gauche”, socialiste “moderne” qui cassera les lignes. Comme ses anciens Rocard, Lang ou Allègre, il croit pouvoir expliquer au camp qui l’a fait élire que “tout est permis”, “tout est possible”. Parfois, il soutient Ségolène. Parfois, souvent, il ne soutient que lui-même. Il y a peu, il a déclaré son ambition présidentielle. Après tout, pourquoi pas ? Grâce à lui, on espère des primaires, afin de lui montrer la réalité de ses soutiens.

Martine Aury a eu raison de tacler le trublion. On aurait aimé qu’elle fasse de même avec les fossiles Rocard et Lang. Sa vigilance est à sens unique. C’est dommage.

«Tu donnes l’impression d’attendre, voire d’espérer la fin du Parti socialiste. Mon cher Manuel, s’il s’agit pour toi de tirer la sonnette d’alarme par rapport à un parti auquel tu tiens, alors tu dois cesser ces propos publics, et apporter en notre sein tes idées et ton engagement. Mais si les propos que tu exprimes reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences, et quitter le PS» Martine Aubry.

Le problème de Manuel Valls n’est pas qu’il critique son camp. Son problème est désespérement plus simple : il singe la contestation et la modernité. Manuel Valls aligne assez peu d’idées nouvelles. Sa “modernité” consiste à reconnaître à Sarkozy qu’il a raison de légiférer contre les “bandes”, ou à dire que la gauche doit se “renouveler”. Manuel Valls n’est in fine qu’un Playmobil de plus.

Confondre son sort avec celui de son pays est le comble du narcissisme politique. Si Manuel Valls pouvait le comprendre, ce serait déjà bien.

Malheureusement, Valls n’en est pas encore là: «Je ne quitterai pas le PS, pas plus que je ne vais me taire», a répondu le député-maire d’Evry (Essonne) à la Première Secrétaire dans Le Monde.

Il faudra donc insister, et l’insister à dégager.