Le privilégié Mathieu a lancé la réflexion: êtes-vous pour ou contre le redoublement scolaire ? Papa de deux Racailles, je ne me suis pas posé la question. Lianne et Tarzan sont paraît-il surdoués, à en croire une psy qui est venue nous expliquer leurs excellents résultats scolaires. Ceci étant posé, le redoublement a quelques vertues désagréables et ambivalentes.

Mathieu rappelle que le redoublement au collège exige l’accord des parents, à l’exception du passage au lycée. Cette formule me semble stupide. L’enseignement vise à porter une classe à un certain niveau de connaissances. Les parcours individuels sont disparates. Les cultures familiales également. La reproduction des élites bat toujours son plein. Né bourgeois, j’ai pu apporter à mes propres enfants un soutien que d’autres familles plus modestes n’ont jamais pu apporter à leurs propres enfants.

Le redoublement est vécu comme un échec. Il suffirait pourtant de peu pour expliquer qu’à 40 ans, on se soucie peu de savoir si on a redoublé ou pas une classe de collège. Notre société gère mal l’échec. Pourtant, l’échec devrait être le meilleur apprentissage de la vie. On apprend mieux quand on trébuche, à condition que l’échec soit positivé et décrypté.

Le redoublement est une menace qui peut stimuler. Mes enfants ont toujours craints, comme leurs parents, cette sanction. Etudiant besogneux, je me souviens de stress à répétition. Les matières littéraires étaient mon point faible. Il fallait s’armer de patience.

Politiquement, je n’accorde aucune importance aux propos présidentiels suivant lesquels le redoublement devrait être une exception. Facialement, on pourrait être surpris que cette recommandation émane d’un président d’une droite si apte à louer le mérite. En fait, la démarche est bien facile. C’est une façon d’affaiblir la valeur de l’enseignement scolaire. Chers professeurs, vous n’avez faire votre job, semble nous dire le Monarque élyséen. Accepter le redoublement signifierait qu’on reconnait l’enseignement pour ce qu’il devrait être : apporter à chaque enfant/adolescent le niveau de connaissances nécessaires pour une vie épanouie.