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Mercredi prochain, “La Domination Masculine“, un documentaire de Patric Jean sort en salles. Certaine blogueuses féministes l’ont vu, comme moi. Mais elles ont été plus critiques que je ne saurais l’être.

Olympe et Trublyonne ont été déçues. Elles avaient sans doute toutes deux de grandes attentes. Moi aussi. Comme je l’ai écrit chez Olympe, “en tant que simple papa, hétéro, féministe et inquiet, je l’ai trouvé, à sa mesure, formidable.” Un film est une oeuvre. Il y a un parti-pris, il défend un point de vue et choisit un angle, forcément partiel et partial. Le parti pris est simple à comprendre. Le féminisme serait-il dépassé ? Les luttes post-soixante-huitardes sont loin. je n’avais pas 10 ans. Partout dans le monde, la cause des femmes reculent. La progression d’un islam radical et du mouvement anti-avortement y sont pour quelque chose. Le malaise de l’homme moderne, déplacé de son rôle séculaire de pilier social et familial, alimente toujours les gazettes féminines. Le documentaire de Patric Jean a le mérite de rappeler quelques éléments fondamentaux: la société attend toujours beaucoup des “performances” de l’Homme.

Patric Jean a trouvé quelques “masculinistes” ahurissants. Des gars qui expliquent calmement, face caméra, qu’une bonne gifle est un mauvais moment moins douloureux à passer que le harcèlement psychologique des femmes, que les hommes adaptent le monde quand les femmes sont là pour s’adapter. Ces attitudes questionnent l’identité de l’être, ses tourments psychologiques. Il faudrait creuser leurs enfances. Je n’ai jamais rencontré de tels gars, et, en même temps, je n’ai jamais cessé d’en croiser toute ma vie. A l’école, dans la douche des vestiaires du club de gym, à l’armée pendant le service militaire, les occasions furent nombreuses pour rencontrer des hommes, avec un petit “h” pour qui la virilité devait se prouver à chaque instant. Combien de blagues négatives contre nos penchants “féminins” ? La “peer-pressure” est féroce. L’âge aidant, on la trouve dérisoire, futile, dépassée.

Le doc choisit aussi la dérison, en organisant sa narration sur l’obsession phallique (il débute par une scène chirurgicale d’opération du pénis que je déconseille à mes confrères). Mais il glisse tranquillement ensuite vers le coeur de son propos: mais pourquoi donc en sommes nous arrivés là ? En tant qu’homme, je n’ai jamais compris – je dis bien JAMAIS – la gente masculine. En général, les mecs disent l’inverse. C’est la femme qui est l’inconnue. En fait, les évolutions récentes nous ont montré l’inverse. On sait très bien ce qu’est une femme. L’Homme a une identité à construire plus complexe car plus fragile. Patric Jean a le mérite de nous interpeler sur l’essentiel.

Finalement, j’ai sans doute pris un plaisir inattendu à voir ce documentaire car je cherche encore des alter ego mâles capables de rire des obsessions phalliques, de ne pas céder aux blagues mâles et/ou mysogines faciles. L’homosexualité masculine est un bel exemple. Combien de mâles hétéros se sentent dérangés dans leur statut par les gays ? Pourquoi a-t-il fallu interdire l’homosexualité, la réprimer, l’ignorer, la cacher ? Ici ou là, Patric Jean s’amuse à faire des parallèles (voiture, architecture, etc). Le clin d’oeil est facile et plaisant.

La cause des femmes est peut être plus en danger ailleurs qu’en Occident. Mais c’est justement l’un des atouts de ce film que de s’abstenir de donner des leçons occidentales. Chez nous, la cause de l’égalité n’est pas gagné. Comment aurait on pris un documentaire fustigeant le voile en Arabie Saoudite, ou le mariage forcée en Afrique ? En montrant que l’homme occidental dénigre la femme, la préfère suivante, courtisane ou potiche, Patric Jean nous ramène à notre réalité quotidienne.

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