La proposition de Ségolène Royal du “pass contraception” a failli être occultée par les engueulades Royal-Peillon du week-end. On aurait pourtant adorer voir une certaine droite réac s’emparer du sujet et nous rappeler son existence. On aurait sans doute entendu Sarkozy tenter de récupérer la proposition, tant il aime cliver jusqu’à son propre camp pour assoir son pouvoir personnel.
Le Pass Contraception est une riche idée. La pression familiale, pour ne citer qu’elle, est un frein majeur à la contraception des jeunes filles. Il faut sortir, se dévoiler dans une agence du Planning Familial quand on trouve une. Permettre à une lycéenne de consulter seule et gratuitement un médecin, pour se faire prescrire une contraception également prise en charge par le Pass, sans avoir besoin de passer par une explication de texte avec ses parents, est presque une évidence. La sexualité des jeunes filles s’invite en politique, et c’est tant mieux. Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du planning familial, s’est insurgé contre l’opposition de Chatel à la proposition de Royal. Le ministre avait dénoncé l’illégalité de la mesure.
“Ce que dit le ministre est grave dans la non-information. Car la loi autorise la prescription de contraceptifs à des mineurs sans que les parents en soient informés. Les médecins et les sages-femmes pour certains contraceptifs et dans certaines conditions , sont habilités. Or, c’est aussi la mission de l’Education nationale d’informer sur la contraception. L’éducation à la sexualité, ce n’est pas seulement mettre des distributeurs de préservatifs dans les lycées !
L’enjeu porte sur la gratuité et sur l’anonymat.”
C‘est aussi une question de parité. Les jeunes mecs peuvent trouver des préservatifs quasiment partout. Les jeunes filles, pour une certaine droite réac à laquelle Luc Chatel, le ministre de l’Education, appartient visiblement, devraient s’assujettir à l’autorité parentale. Le traitement paritaire de ces sujets est crucial. Désavantager les filles dans la maîtrise d leur sexualité interpelle sur la pseudo-modernité affichée par certains. Suivant les instructions de son ministre, la rectrice de l’académie de Poitiers a confirmé jeudi 19 novembre qu’elle s’opposait à la distribution des “pass contraception”.
Dans quel pays sommes nous ? Le PACS fête ses 10 ans, mais certains sont restés bloqués avec leurs tabous moyennageux.
Le chemin est long.
