Peillon: les lâches se lâchent

par sarkofrance

Il fallait l’écouter, Xavier Bertrand, expliquer sur le Figaro.fr que Vincent Peillon était un lâche. Le secrétaire de Nicolas Sarkozy à l’UMP semblait content et agacé. Depuis vendredi matin, on ne parle pas de la réhabilitation d’Eric Besson par France 2, mais du coup d’éclat de Vincent Peillon. On oublierait presque que le ministre de l’Identité nationale s’était débiné d’un débat pourtant local et pourtant organisé sur l’identité nationale, à Liévain, où Marine Le Pen avait annoncé sa venue. Trop pleutre le ministre ? Xavier Bertrand lui-même est resté bien discret sur les violations des droits de l’homme en Chine depuis que son parti a signé un “partenariat” avec le Parti Communiste Chinois au motif que ce dernier est au pouvoir. A quand l’UMP à Cuba ?

La démarche de Vincent Peillon était pourtant très raisonnable. Jeudi soir, le député européen a attendu le début de l’émission A VOUS DE JUGER, présentée par Arlette Chabot sur France 2 pour annoncer, par communiqué de presse, qu’il ne viendrait finalement pas, dénonçant un « exercice d’abaissement national » et appelant à la démission d’Arlette Chabot. Vendredi soir dans le Grand Journal de CANAL+, Vincent Peillon a expliqué son indignation par la tenue d’un tel débat « identité nationale et immigration » sur le service public, entre Besson et le FN : « Comment faire pour exprimer cette indignation ? » s’est-il demandé.

  1. Pour celles et ceux qui ont regardé cette pénible émission, l’absence de Peillon a pu soulager. Eric Besson était en pleine psychanalyse personnelle de ultra-sarkozyste reconverti. Le débat fut foutraque, hurlant et ennuyeux. Il n’a d’ailleurs pas convaincu les téléspectateurs, puisque moins de 11% d’entre eux l’ont regardé, plaçant France 2 en troisième place derrière TF1 et M6, moitié moindre que la moyenne de part d’audience de la chaîne. Que Vincent Peillon se porte pâle fut une excellente nouvelle.
  2. L’attention médiatique, ces jours derniers, s’était focalisé sur l’affrontement entre Eric Besson et Marine Le Pen. Vincent Peillon, sur un point, a donc eu raison : il n’aurait servi que de faire-valoir. Ce n’était pas un débat, mais une émission à la gloire d’Eric Besson, seul maître à bord, introduit par un portrait de basse psychologie en début d’émission
  3. Appeler à la démission d’Arlette Chabot était inutile. Certes, la politique a besoin d’éclats, de joutes, de combats tonitruants. Certes, on peut/doit contester la légitimité du service public à organiser cette émission sarko-bessonienne. Mais a-t-on besoin de tacler violemment les journalistes en place ?
  4. On a reproché à Peillon d’avoir voulu saborder l’émission. Son coup aurait été prémédité. Peut être. A lire les commentaires de la presse le lendemain matin, j’ai tendance à être plutôt ravi que cette polémique occulte totalement la sinistre émission bessonienne. De ce point de vue là, le coup est réussi. L’agacement de l’UMP était manifeste. Si Peillon voulait saborder l’émission, je ne saurais trop le remercier.

16 Responses à “Peillon: les lâches se lâchent”

  1. Peillon saborde l’emission mais surtout empeche un representant de la gauche d’etre present….un besancenot ou un melanchon par exemple…

  2. le cafard Bertrand sortant le mot “lâche”, ça fait un effet bizarre…
    Sympa ce billet
    Lapsus à corriger (ligne 4 juste après “du coup d’éclat”) (!)

  3. Tres bien peillon sur ce coup là. Chabot est au journalisme ce que max pecas est au cinoche…

  4. Mais a-t-on besoin de tacler violemment les journalistes en place ?

    OUIIII !
    Et de rechercher, lire, soutenir des médias indépendants de qualité.

  5. @ b.mode : Intrigué par ce nom de Max Pecas, que je ne connaissais pas, je viens de lire sa fiche Wiki. Ses “œuvres” sont apparemment si impérissables, que je n’avais vu le titre d’aucune.

    Arlette Chabot a été journaliste, maintenant elle tient la cantine. Servir la soupe, c’est un métier comme un autre.

  6. Dans cette société de spectacle, hélas si navrant de part et d’autre, on en oublierait presque le sujet central : le racisme, la xénophobie, le repli identitaire, l’incapacité de ce pays à intégrer ses minorités et la différence, où qu’elle se situe… Ne laissons pas les médias occulter les vrais débats au profit d’un Peillon qui a joué avec Chabot au chat et à la souris… et comme elle n’est pas très fine….

    De grâce, retrouvons nos valeurs communes. Ici et maintenant. Même si je n’aime pas Peillon.

    Mes arguments sur ce dossier : http://gauchedecombat.wordpress.com/2010/01/15/affaire-peillon-les-blogueurs-et-les-medias-font-la-ou-on-leur-dit-de-faire/

  7. @babel mon curé chez les nudistes, un must !

  8. Moui, je reste toujours assez peu convaincu.

    Allez dénoncer Chabot chez Denisot (grand pote de Sarko) a quelque chose qui dit beaucoup de notre système médiatique. On sait qu’on sera utile aux uns en dénonçant les autres… c’est pratique et ça ne mange pas de pain.

    Chabot n’a pas le début d’une crédibilité journalistique dans le microcosme et Peillon ne s’adresse qu’à lui. La France profonde, celle qui compte, n’a rien compris à son “coup” parce qu’il était un coup de l’absence. Il aurait mille fois plus d’impact à être fait “en direct” plutôt qu’en absence.
    Là il a laissé le dernier mot à Chabot et aller en reparler chez Canal face aux Sarkozystes habituels … mmmh

    Décidemment je ne sais qu’en penser.
    J’apprécie aussi que ça contrarie Besson.
    Mais en même temps, vu l’audience, Besson n’aurait pas été au delà des journaux du matin et puis, finalement on dit que Peillon met le doigt où ça fait mal sauf que pas du tout.

    On ne parle, on ne commente que le “coup”, sa qualité, son timing, mais le fond, finalement il a déjà fuit très loin.

    Et puis il y a le PS… Le PS qui, tout le monde un peu informé le sait, est très mal sur la question. Aubry s’est senti piégé, Peillon a mis tout le monde dans l’embarras en faisant son sarkozyste du “je demande la demission”…
    Je suis désolé mais ça équivaut aux “quand je serai aux affaires vous allez voir” de Sarkozy.

    Bref, il a fait un coup, il est devenu un peu plus connu mais, comme d’habitude, politiquement c’est plutôt maladroit et vaguement foireux, incroyablement orgueilleux et déconnecté.

    Mais bon, ça a enlevé à Besson sa minute de gloire.

    Quand aux roquets de l’UMP, là dessus je rejoins Antennerelais, ils sont consternants.

  9. Bravo Peillon ! On doit rappeler que la mission de service public consiste à informer les citoyens et non monter des spectacles de cirque.

    Le problème c’est qu’il faut un clash de ce genre pour y parvenir.

    • Parvenir à quoi ? à rappeler quoi ?
      vous croyez vraiment que le message est passé ?

      Et quand il sera face à Ferrari il lui fera faux bond aussi pour être aussi servile ?
      Et face à Denisot ? Il parlera de la terrible collusion entre les médias et le pouvoir ? (ah non ! zut !)

      C’est sur que c’était plus facile face à l’ambulance crevée Arlette.

      Si seulement il n’avait pas appelé à la démission, mais il n’a pas pu s’empêcher…

  10. Tout cela est tellement artificiel !!
    (les Réactions de l’”Officielle” M. Aubry en particulier, qui avant savait mais peu et qui approuve Peillon – qui est un “opposant” – mais sans vraiment l’approuver).
    Pas d’avis réel sur Série, dont ici l’épisode est mal Scénarisé, dont le Casting d’ailleurs est douteux.

  11. Pendant ce temps l’air de rien Royal est en train de réaliser une union en PC avec le Modem, des syndicalistes, des verts et les socialistes au coeur… Mais j’imagine que ça n’est pas de la politique, que tout le monde va hurler qu’elle est de droite et tout et tout. On va dire que c’est un “coup” qu’elle ne fait que ça, que c’est lamentable, qu’elle va contre le PS etc. etc.

    Bref, la routine.
    Mais Peillon quel Homme ! Ah !

    Je sais pas, nous verrons, c’est amusant en tout cas.

Rétroliens

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