Combats de femmes
Elisabeth Badinter a réussi son coup. Et c’est tant mieux. Ses interventions jeudi dernier
La faussement cool secrétaire d’Etat d’Etat à l’économie numérique lui a répondu: Nathalie Kosciusko-Morizet a dû réagir au livre d’Elisabeth Badinter qui la met en cause. Sur blog tout en blanc, photos évanescentes de la secrétaire d’Etat, la voici qui s’exprime:
“Elisabeth Badinter me cite dans son livre et m’y désigne comme l’une des porte-parole de cette régression de la condition féminine. Je fais en effet partie de celles qui prônent une attention à l’alimentation des enfants, aux soins infantiles ou à la nourriture bio.
Voilà qui m’installe donc à la pointe de la réaction, où convergent selon elle le radicalisme écologique et “l’idéologie naturaliste” qui ne voudrait voir dans la femme qu’une mère. J’ai bien sûr de la sympathie pour la critique qu’E. Badinter fait du “maternalisme”, c’est-à-dire de la façon dont la société, celle du pouvoir masculin, réduit la femme à son seul statut de mère. J’en ai d’autant plus que la génération d’E. Badinter a justement donné aux femmes la possibilité, la liberté, d’être autre chose qu’une épouse, autre chose qu’une mère.“
NKM a du mal avec cette critique. Elle botte en touche à la fin de son billet :
“M’intéressant à la situation des femmes aujourd’hui et aux difficultés qui leur sont faites, je travaille pour ma part sur un certain nombre de questions qui me préoccupent plus que l’allaitement. Je pense notamment à l’évolution du rapport entre les « genres », à la dégradation des relations entre filles et garçons en milieu scolaire, au « plafond de verre » qui bloque les carrières féminines ou encore aux débats actuels autour du voile. De tout cela, dans ce livre « féministe », pas un mot n’est dit.”
Effectivement, à écouter Badinter, son propos est ailleurs. Et alors ?