Dimanche soir, Dominique de Villepin a maintenu sa charge contre son rival Nicolas Sarkozy. Le contexte est favorable, car nombre de parlementaires et de ténors du camp présidentiel osent des critiques qui il y a quelques mois encore leur auraient valu l’excommunication directe. L’ancien premier ministre doit cependant trouver sa place. Il y a beaucoup de prétendants, trop sans doute, et surtout trop tôt. Les uns après les autres, Nicolas Sarkozy va les cueillir comme le brusque regain de gel au printemps dévaste les cultures de fruits en plein air.
La différence entre Villepin et nombre de ses concurrents à droite réside dans le fond de son attaque. Sa parole est libre, il n’a jamais voté ni soutenu Sarkozy. Son attaque n’en est que plus virulente. Il ne critique pas l’impasse stratégique d’une UMP rétrécie. Il attaque le fond de l’action sarkozyenne.
Les réformes ? «Pourquoi avons-nous tant de réformes et si peu de résultats?». C’est vrai quoi… Qu’est-ce qu’il fout à l’Elysée ?
Les dérives monarchiques ? «la mise en avant du président de la République ne lui permet pas revenir à une pratique constitutionnelle plus conforme». Sarkozy est coincé, et c’est presque tant mieux.
Le bouclier fiscal qu’il a créé ? «En 2007, il a été porté à 50% en incluant CSG et CRDS», ce qui revient «à 38%» selon lui. Boum ! Gageons que la formule fera mouche : le bouclier fiscal à 38% de Nicolas Sarkozy…
Villepin s’adresse à l’électorat de droite désorienté par les agitations sarkozyennes. Mais pour le moment, il reste seul à mener son combat. Il me fait penser à Jean-Pierre Chevènement, en 2002. Ce dernier était parti plus tard, et avec l’appui d’un (petit) parti.
Villepin part très tôt, sans mouvement ni primaire.
Où sera-t-il dans 12 mois ?
