Luc Ferry en est l’auteur. Ephémère ministre de l’éducation nationale sous la régence passive de Jacques Chirac, Luc Ferry était sur nombre de plateaux de télé ou de radio pour dire tout le bien qu’il pense de l’action de Nicolas Sarkozy.
Sur le fonds, Luc Ferry dit tout haut ce que beaucoup de monde à droite pense tout bas. L’action sarkozyenne est incohérente, fébrile… « débile ». Le terme est fort, et précis. Sarkozy est soit faible, soit « est atteint dans sa raison ». C’est votre choix
Ecoutez plutôt.
Depuis la défaite aux élections régionales, les langues se sont déliées. Le plus surprenant est ailleurs. En quelques déclarations (dont celles-ci), Luc Feery a exécuté l’action sarkozyenne avec davantage d’efficacité et de punch que Hollande-Aubry-Moscovoci-Valls réunis. Le Monarque devrait s’interroger sur son triste sort. Les pires critiques, comme souvent, viennent de son propre camp.
La critique de Luc Ferry est aussi efficace car elle est compassionnelle. Exprimer de la pitié pour l’adversaire, surtout s’il est orgueilleux, est excessivement insultant. Donc efficace. En face, on serre les dents, ou on ignore.
Luc Ferry peut être aussi lapidaire parce qu’il ne prétend à aucun poste. Libérée de tout enjeu de survie, la parole devient libre. Ce devrait être une règle d’éthique politique: s’obliger à réfléchir hors de toute contingence personnelle. L’exercice est difficile, non ?
