L’ancien premier ministre s’offre une tribune commune avec Simone Veil pour défendre Eric Woerth dans les colonnes du Monde. Une réaction stupide, inutile, inacceptable.
“rien n’est plus essentiel que de favoriser le dialogue entre tous ceux qui, de droite, de gauche ou du centre, ont en charge l’intérêt public.”
Voici comment commence le texte. La France est un pays multiple, les intérêts peuvent diverger, le combat politique, démocratique, doit être la règle. Les deux signataires du texte réclament un débat serein, sans amalgame ni invective.
Dans l’affaire Woerth, où sont les invectives ? Est-ce parce que Marine Le Pen, comme d’autres, s’est saisie de cette affaire pour mener son combat nauséabond pour que nous nous taisions ?
“Mesure-t-on bien les effets dévastateurs du spectacle affligeant qui se donne jour après jour devant l’opinion autour de “l’affaire Bettencourt” ? Veut-on définitivement démonétiser une parole politique déjà suffisamment dévalorisée, décriée, diminuée ?”
Mesure-t-on le discrédit ancien et actuel du discours politique ? “Mais débattre est une chose, vouloir à tout prix abattre l’adversaire en est une autre.” écrivent Rocard et Veil. L’affaire Woerth-Bettencourt-sarkozy est tout sauf une chasse à l’homme. C’est l’une des plus belles occasion de débattre enfin des rapports du pouvoir politique et de l’argent.
Michel Rocard et Simone Veil sont certainement marqués par les années 30, le sale climat instrumentalisé par une extrême droite qui préparait Vichy et la “divine surprise” de l’effondrement de la République.
Rocard et Veil sont vieux.
C’est tout.
