Sarkozy n’est pas mon président

Un confrère, l’Hérétique, a rebondi sur un précédent billet de ces Coulisses où je m’interrogeai sur l’appellation adéquate pour désigner Nicolas Sarkozy.  “Eh si, Sarkozy est mon président” s’exclame-t-il, rappelant que cela ne l’empêche pas d’être un opposant à la politique sarkozyenne.Mon billet commençait par: “Je suis républicain, mais Nicolas Sarkozy n’est pas mon président.” Sur son blog, l’ami Unhuman abondait, s’inquiétant de la régression démocratique du moment. Ce à quoi, l’Hérétique nous répondit :

“Je m’étonne d’un tel déni de démocratie. Je ne me reconnais en quasiment rien dans l’action de Nicolas Sarkozy, mais pour moi, il va de soi qu’il représente la France et qu’il est bien le Président de la République française, mon président.”

L’ami Nicolas a renchéri en répliquant que si Sarkozy était bien le Président de la République, il n’était pas “son” président. Ce ping-pong mérite une précision : Sarkozy a été élu. Son élection a-t-elle été démocratique ? Au vu des standards du moment, oui. Mais ces standards sont fragiles et largement perfectibles. Le débat démocratique est pollué et trahi en de nombreux endroits. Mais, comme dirait l’autre, on n’a pas mieux sous la main.

Sarkozy, donc, a été élu. Mais, sans faire de procès en légitimité, on peut constater que Sarkozy ne se comporte comme le Président de LA République. Il a poussé l’avantage d’un camp contre les autres, et clivé la société comme rarement avant lui. Il a tenté de casser toutes sortes de compromis républicains historiques, tentative freinée par les effets de la crise. Je me souviens d’un billet, ma 23ème chronique hebdomadaire (j’entame la 169ème dans quelques heures…), intitulée “les digues ont sauté”.

Dans le cours de son argumentation que je vous invite à lire, l’Hérétique glisse que trop de critiques antisarkozystes, “sur les forums, dans les commentaires de quelques gros sites,” dérapent vers un antisémitisme qui cache mal son nom. Je suis assez désolé et effaré de voir cette association (involontaire) d’idées. Que l’antisarkozysme  – comme l’antiségolisme, l’antisocialisme, l’anticommunisme, etc – puisse déraper, c’est une évidence. J’ai déjà écrit à plusieurs reprises sur le sujet. Ma critique, comme celle d’autres confrères d’opposition, est double : elle vise le comportement de l’homme – puisque cette Vème République s’efforce de nous vendre du charisme présidentiel en permanence – et son action. Que mon obstination en agace certains, j’en suis désolé: j’édite Sarkofrance depuis le 7 mai 2007 au matin sur ce seul objet. D’autres blogs traitent du nombril de leur auteur, de passions culinaires, de débats d’idées, des coulisses de la Défense nationale, ou que sais-je. Le mien est sur Sarko, et uniquement Sarkozy, à tel point que je me suis senti obligé d’ouvrir cette annexe pour évoquer d’autres sujets.

8 commentaires
  1. Par la force des choses Sarko est le président de la République Française,mais ne sera jamais mon président.

  2. Theo a dit:

    Nos élection sont pipées : regarde comment au PS on bourre les urnes a hue et a dia pour que les votes puissent être en adéquation avec les aménagements de ce que j’appelle l’alternance maitrisée de l’UMPS.
    Bourrage des urnes, vote électronique pas aux normes, financements illicites etc
    Démocratie mon cul.

  3. @patageron a dit:

    Bonjour,

    Au vu des développements de l’affaire Woerth/Bettencourt/Sarkozy, il apparaît clairement que l’élection de ce dernier aurait du être invalidée pour non application des règles légales de financement, même si les “magouilles” qui sortent seulement aujourd’hui peuvent apparaître “légales”.
    Personnellement je n’ai jamais apprcié l’homme et ses retournements.
    Je ne l’ai pas non plus considéré comme un Président mais comme un chef de bande qui prend sa revanche en faisant main basse sur le parti d’un autre.
    Depuis le début du quinquennat, même si il lui ont reconnu quelques qualités, le magazine Marianne et un de ses fondateurs Jean François Kahn, ont lancé des appels au réveil des consciences, ont argumenté sur les incohérences du personnage, ont dénoncé ses amitiés particulièrement néfastes au bon déroulement de la mission confiée par un peuple soucieux de son avenir.
    Rien n’y a fait, le roitelet s’est enfermé dans son palais de verre en réfutant les vérités, en niant l’évidence, otage de ses propres turpitudes.
    Il n’a et ne sera jamais mon président.
    Même à l’étranger, vous ne trouvez personne pour le considérer comme le représentant légitime d’un pays dont il a initié et continue la décomposition.
    Pour le protocole ils sont bien obligés de le recevoir quand il s’invite, mais il n’inspire ni confiance ni empathie.
    Il est grand temps que cela se termine.
    Puisqu’il considère qu’être Président c’est un job, nous estimons qu’il le fait mal, qu’il est incompétent, que ses résultats sont catastrophiques, qu’il n’a réussi qu’à casser encore plus la cohésion, nous devons donc prendre la décision d’un licenciement pour faute lourde et grave à la fois.
    Monsieur l’ex-président, vous passerez à la compta récupérer votre certificat de travail ainsi que votre document jaune pour vous inscrire à Pôle emploi mais sans espoir de toucher une quelconque indemnité.
    Il se peut même que vous fassiez l’objet de mesures judiciaires à la sortie des locaux.

    Merci.

  4. Jef a dit:

    Lorsque je lis “le Président de la République” j’en viens souvent à penser naturellement à Jacques Chirac, et puis je me rappelle “ha oui c’est vrai, c’est l’autre con maintenant”.

    Sarko est les président d’une certaine république, bien différente de celle à laquelle j’aspire.

  5. J’aimais cette formule, je l’ai reprise mais la polémique m’a un peu dépassé.

    Comme toi, le risque de dérapage antisémite dénoncé par L’hérétique m’a vraiment étonné. Moi même mi juif ou mi goy, jamais, au grand jamais, je n’ai envisagé que des critiques ou de la distance ou même une forme de ras le bol puissent être interprétés comme une forme d’antisémitisme. Cette perspective me saisit et je ne voudrais jamais que cela puisse être envisageable dans mes posts qui critiquent la politique ou la communication de ce Président.

    Et si jamais il se trouvait qu’une forme d’antisémitisme soit réelle contre ce Président, alors là il deviendrait mon Président.

    A+

  6. Encore une hystérie sur l’antisémitisme, qui n’est autre que l’argument ultime lorsque la reconnaissance d’un manque personnel de courage vient à poindre, face aux faits.

    Je ne crois pas me tromper en affirmant que la plupart de ceux qui lancent l’expression honnie de l’antisémitisme n’ont jamais connu par eux-même celui qui a prévalu autrefois. Il y en a qui sont suffisamment vieux pour se rappeler de l’époque ou un juif n’était plus publiquement considéré comme un homme ?

    On peut haïr les hommes, quelle que soit leur confession (juif, musulman, chrétien : quelle importance ?).

    Il n’y a que les lâches pour refuser d’appeler la haine par son nom. La novlangue a commis ses ravages ; désormais on refuse de reconnaître la substance même de la haine pour mieux tenter de l’exorciser en utilisant les termes modernes (anti-sémite -islamiste -christianisme).

    C’est lamentable. C’est inhumain d’arrêter son jugement de la violence sur la seule confession religieuse de l’homme. Vous n’êtes pas prêt de porter le souffle de Révolution avec une pensée de cette sorte. Et si la Rupture prônée par notre président inclut celle du corps social, soyez assuré alors que cet homme-là n’est pas mon chef.

    Et que je ne lui reconnaîtrai aucun pouvoir, lui fussent-il accordés par les hommes en grand nombre ; je connais le passé, mais je n’oublierai pas où je veux aller. Je suis Libre, il n’a plus aucun pouvoir sur moi.

  7. james-tk a dit:

    Aujourd’hui,on peut penser,que le mot anti quelque chose primaire,a retrouvé sa véritable utilité,après l’anticommunisme primaire,bien entendu !

  8. Goupil a dit:

    Hmmm … quand j’entends anti-sémitisme, il me semble déjà voir le point godwin arriver !
    Quant à l’intitulé le mieux adapté à notre minarque, il me semble que ce devrait être quelque chose comme “Président de la Réprivée française”, car la chose publique est morte depuis un bon bout de temps … Depuis que ce sont les lobbies et la finance qui gouvernent, en fait. Sauf que maintenant, le minarque auto-proclamé-décomplexé, ben il estime que la période de test est terminée et qu’il n’y a plus qu’à rentrer dans le vif du sujet sans plus de tergiversation. De Gaulle avait dit “les français sont des veaux” mais lui, il entend bien en faire la démonstration, brutalement.

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