L’immolation par le feu et la Révolution
En février 1991, j’étais parti à Prague, en voiture, avec 3 ami(e)s. Le mur de Berlin était tombé depuis 3 mois. La Tchécoslovaquie s’était comme d’autres Ex-républiques “socialistes” libérée de sa tutelle soviétique. De retour à Paris, j’avais rencontré un Tchèque, Jan, accueilli dans mon école de commerce de l’époque. Jan me parla d’un autre Jan, Jan Palach. J’avais vu à Prague, lors de mon court voyage, les bougies et messages déposés en bas de l’avenue principale de la ville. En 1969, Jan Palach s’était immolé par le feu pour protester contre l’intervention soviétique après le printemps de Prague. En 1989, Jan Palach était à nouveau l’icône de la Révolution, cette fois-ci de velours.
En Tunisie, le renversement de Ben Ali a également commencé par une immolation, celle d’un jeune chômeur à Sidi Bouzid. Une seconde immolation, début janvier, frappa tout autant les esprits. En Algérie, trois personnes se sont également immolées ces derniers jours.
La démarche est terrifiante. Le suicide est une chose, l’immolation en est une version extrême.
En France, un gamin s’est immolé à cause du divorce de ses parents, ou ses difficultés scolaires, paraît-il. Geste incroyable.
Pour se battre, il faut croire et espérer. Parfois, quand on n’espère plus que par l’au-delà, on croit en seulement l’hypothétique réincarnation puisqu’on ne supporte plus l’injustice des hommes, nos Frères(encore le religieux qui régente même des pensées d’hommes athés). Et il arrive que l’on cherche à se cramer, pour retourner poussière.
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