SlutWalk, asshole fight.

par sarkofrance

Il y a quelques jours, la “marche des salopes” est arrivée en Islande. 2000 personnes se sont rassemblées à Reykjavik.

A Reykjavik, la SlutWalk a eu lieu sous le soleil, drainant de très jeunes femmes pour la plupart, parfois un landau dans une main, une pancarte dans l’autre. En mini-jupes et soutien-gorge, ou collants à résilles et hauts talons, elles ont défilé dans les rues, avant de se rassembler sur une place du centre ville pour des allocutions et un concert. “Look, don’t touch ! This is a dress, not a yes”, (“Regarde mais ne touche pas. Ceci est une robe, pas un oui “) pouvait-on lire sur les pancartes, en islandais ou en anglais. Ou encore : “Ne me dis pas comment m’habiller. Dis aux hommes de ne pas violer.” (source : Le Monde)

Le mouvement a paraît-il débuté à Toronto, au Canada, en avril dernier. Rien à voir avec l’affaire DSK. Et pourtant, je ne peux croire à des coïncidences.

J’ai lu ce témoignage d’une certaine Anna Jona, étudiante, dans le Monde : “Une femme victime d’un viol est toujours blâmée. Soit elle s’est habillée de façon trop sexy, soit elle avait bu, soit elle est rentrée seule le soir chez elle. C’est cette mentalité qu’il faut changer”

J’ai pensé, inévitablement, à ma femme et à ma fille. La première sait très bien combien l’homme dérape facilement. La seconde découvre qu’il faut trouver un juste compromis personnel entre ce que l’on veut montrer et les risques que l’on prend. On se surprend à lui conseiller d’éviter certaines tenues, non pas par pudeur, mais parce que la petite Lianne a préféré arrêter les cours de judo quand elle avait 10 ans.

Triste vie.

 

7 Commentaires à “SlutWalk, asshole fight.”

  1. Cà me rappelle la période pré soixanthuitarde où les raideS du culs et du ciboulot nous sortaient leur “morale” bourgeoise à deux balles sur les filles à mini jupes supposées “putes” et les jeunes gars à cheveux longs (dont je faisais partie dès 66) supposés “tapettes”. L’évolution des consciences est moins assurée que le pouvoir d’involution en train de resurgir dès qu’on baisse la garde. Il faudrait aussi surveiller le retour en arrière et une certaine moralisation autoritaire prônés par les jeunes gars macho, composant en majorité les générations issues de l’immigration. ARAMIS

  2. Oui bien sûr…Mais ce qui serait intéressant c’est de savoir s’il y a plus d’agressions aujourd’hui qu’hier.
    D’une part, la population a explosé ces 50 dernières années, la migration des peuples aussi, mais parallèlement l’information circule à une vitesse si vertigineuse, qu’on serait tenté de croire que c’est pire aujourd’hui qu’hier. A voir.
    Sinon, je n’ai jamais été ni minijupe ni tenues excentriques. Je soignais mon allure vestimentaire sur mon lieu de travail, ce qui ne m’a pas empêchée d’être aussi victime de dérapages à répétition d’un “gougnafier” aidé d’un complice, toujours le même. J’ai porté les faits devant ma direction sans résultat, et j’ai fini par déposer plainte. Je travaillais dans le secteur aérien.
    La suite : mes collègues ont tous et toutes souffert de pertes de mémoire généralisée ou alors de mutisme très contagieux voyez-vous. Peut-être que c’était dû aux tranches de rigolades qu’ils (elles) se payaient lorsque les faits avaient lieu….
    Quand je repense à eux, je les trouve sordides.
    Le commissaire de police qui m’a auditionnée à plusieurs reprises, à la demande du procureur, était très correct, ses questions étaient ciblées sans jamais se laisser aller à une quelconque allusion. Il ne doutait pas des faits que je dénonçais. Il était consterné de ma situation, d’autant que j’ai été licenciée, mais aussi de la façon dont mon dossier était géré par le procureur. Les deux auteurs des faits ont été licenciés sur le champ. Il y avait eu des précédents ais-je appris par le commissaire. Quatre ans après, mon dossier était toujours “en cours d’enquête”. Comme ces choses là sont bien dites. Quand bien même mon avocat était bâtonnier, il ne m’a pas semblé particulièrement préoccupé par ma situation. Le poisson était trop gros. Je n’ai plus jamais entendu quoi que ce soit au sujet de ma plainte. Alors, ou c’est vrai : en France il faut être victime consentante à défaut d’être victime silencieuse.
    J’ai connu la descente aux enfers et puis j’ai poursuivi ma route. Pas le choix. On sombre ou on avance. Les copains, les “amis”, la famille ou ce qu’il en reste ?….le vent les a tous clairsemés…..et il ventait devant ma porte.

    Cependant j’ai toujours rencontré des hommes élégants qui savent approcher une femme sans se la “taper” et qui exècrent l’agression faites aux femmes.

    J’aimerais ajouter que, même si ce n’est pas une majorité de cas, il y a aussi des hommes qui sont victimes d’agressions de leur compagne ou épouse…voire de leurs enfants. La perversité n’a pas la priorité du sexe.

  3. les violeurs, comme tous les esclaves de la violence, sont des malades qui doivent faire l’objet d’une attention psyquiatrique et d’un suivi médicale soutenu – en général ce sont des victimes de violences diverses vécues dans leur enfance –

    c’est une erreur (ou faiblesse affective quand il s’agit d’un proche) de banaliser cet acte inqualifiable

  4. D’accord avec Arsenic (ce témoignage est très fort surtout qu’il y a comme un air de déjà-vu avec ce qui se passe autour de Tristane Banon) et je suis d’accord pour parler de lâcheté dans ces cas-là.
    A sam : les ex-victimes ne deviennent pas tous des harceleurs sexuels et les harceleurs sexuels ne sont pas tous des ex-victimes. Il y a des gens qui, ex-victimes ou pas, se retiennent de faire aux autres ce qui les blesserait eux-mêmes. Et il y a un nombre non-négligeables d’ex-victimes qui s’engagent dans l’aide aux victimes justement. Car, une fois devenu adulte, on a le choix. Ceux qui choisissent de prendre les autres pour des poubelles de leur m…. . sont juste méprisables.

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