Vichnievsky et les procès d’intention
Au plus fort de la réforme des retraites, l’an dernier, j’avais tenté, comme d’autres, de rappeler que la retraite à 60 ans était un raccourci sémantique assez inutile. A l’époque, 60 ans ne désignait que l’âge minimal de départ (hors régime spéciaux), mais il fallait ajouter les deux autres paramètres fondamentaux que sont la durée de cotisations (41 ans pour la plupart) et l’âge maximal de départ à compter duquel, même sans avoir cotisé suffisamment, on bénéficie d’une retraite pleine (anciennement 65 ans).
Près d’un an plus tard, on continue de caricaturer, surtout à droite ou chez quelques journalistes mal intentionnés, le débat sur la retraite à 60 ans. Au Parti socialiste par exemple, personne (ou presque) ne réclame un départ généralisé à 60 ans.
Vendredi 19 août, Laurence Vichnievsky, porte-parole d’Europe Ecologie Les Verts, s’est pris une volée de bois vert de la part de ces “copains” en déclarant, dans une tribune publiée dans Libération la veille : « Aujourd’hui, la réduction de la dette s’impose à nous comme un rappel au principe de réalité. Elle nous oblige à revoir notre projet, non dans ses principes, mais dans sa mise en œuvre : le retour à l’âge légal de la retraite à 60 ans est une lubie. »
Je ne sais pas ce que Laurence a voulu dire. Caricaturait-elle le débat sur la retraite ? Lui a-t-on fait un procès d’intention ? Sa formule était bien brève dans un paragraphe. Elle voulait écrire que la dette est coûteuse, qu’on y consacre plus d’argent qu’à d’autres missions plus prioritaires pour le bien-être du pays. Le paragraphe complet est le suivant:
“Aujourd’hui, la réduction de la dette s’impose à nous comme un rappel au principe de réalité. Elle nous oblige à revoir notre projet, non dans ses principes, mais dans sa mise en œuvre : le retour à l’âge légal de la retraite à 60 ans est une lubie, les créations d’emplois publics doivent être gagées par des suppressions de postes, les investissements publics doivent être financés, non par les économies à venir qu’ils sont censés générer ou par une affectation autoritaire sur l’épargne, mais par des recettes budgétaires concomitantes, les dépenses du système de santé et des collectivités locales doivent être maîtrisées. Cela sera difficile.”
Je sais bien ce que l’on peut reprocher à ce genre de déclaration. Cela fait “libéral”. Il reste que cette interprétation est un peu court. Voyez-vous, le messager compte souvent autant que le message.
Quand Nicolas Sarkozy, l’homme du Fouquet’s, déclare qu’il faut maîtriser le budget, cela n’a pas la même signification que lorsque c’est quelqu’un(e) de gauche. Et oui, c’est comme ça. L’un pensera à protéger son clan, l’autre cherche à prévenir ses camarades.
Laurence Vichnievsky complétait d’ailleurs immédiatement son article par le paragraphe suivant, auquel, pour ma part, je n’ai rien à redire.
“Les marges dont nous disposons résident dans le choix d’une fiscalité plus écologique et plus juste : plus écologique pour amorcer une transformation de nos modes de vie et de consommation, avec l’instauration d’une taxe carbone dissuasive, plus juste parce qu’il n’y a pas de démocratie sans une relative égalité entre les citoyens. Les revenus du capital et du travail doivent être taxés de manière égale et progressive. Les inégalités de fortune doivent être limitées par un impôt frappant l’ensemble du patrimoine, sans exonération, lui aussi progressif. La fraude doit être réduite.”
J’dis ça, j’dis rien.
procès d’intention ? Ton argumentation serait valable si 75 % de son parti ne l’avait pas désavouée… Et eux, ils la connaissent et la pratiquent…
Ne parlons pas de “retraite pleine” à 65 ans, mais de retraite sans décote, ce n’est pas du tout la même chose !!!
alors là ! le coup de la taxe carbone c’est fort : on voit tout de suite que l’état d’esprit de l’autrice de la proposition est celui de l’aménagement drastique du capitalisme, comme par hasard avec des mesures essentiellement contraignantes pour ceux dont le budget est déjà serré du fait de leurs faibles revenus.
la taxe carbonne, les bobos n’en ont rien à foutre. ils ont les moyens de se payer des grosses cylindrées 4×4 pour aller acheter leurs pain et croissants le matin.
Les autres en revanche, ne prennent même plus de vacances… et bientôt, grâce à la taxe carbone dissuasive de leur consommation obligée, ne pourront plus aller au travail quand ils ne peuvent utiliser de transports en commun (qui ont disparu ou sont tellement mal organisés et CHERS qu’inutilisables puisque conçus non pour le services mais pour le profit des industriels)
bref
ça confirme la tendance hein : y’a beaucoup de gens de droite déguisée dans EELV, parti des bobos. des fois je me demande si c’est pas pire que le ps.
des sociaux traitres tout ça.