Il est toujours triste de constater des désaccords s’afficher publiquement et parfois brutalement entre partenaires politiques. Les négociations ecolo/socialistes ont parfois quelque chose de pénible. Mais il faut, encore et toujours, relativiser l’affaire.
1. Que la droite se jette sur la discussion comme un chien affamé sur un “nonos” n’a rien de surprenant. Elle n’a et n’aura plus que cela pour tenir jusqu’en mai 2012. Du côté du clan sarkozyste, on croit pouvoir capitaliser sur la chose. Rien n’est moins sûr: le “nucléarisme” n’est plus à la mode à en croire les sondages. Sarkozy et son fidèle Besson ministre de l’Energie, nous servent un discours archaïque des années 60 sur l’indépendance énergétique française, à peine verdi pour les besoins de la cause du développement durable. Depuis Fukushima, le gros de l’électorat semble se répartir en deux camps qui sont loin d’être irréconciliables: ceux qui ne veulent plus du nucléaire (plus nombreux qu’avant) et ceux qui se résignent à le supporter faute de mieux.
2. Les éditorialistes professionnels font aussi leur (triste) métier en commentant la forme davantage que le fond. Mais ils ne s’adressent qu’à une minorité de gens, celle dont votre serviteur fait partie qui se force encore à écouter ou lire chacune de leur intervention avec délectation.
3. Les deux critiques martelées sur toutes les ondes par les sbires sarkozyens sont (1) l’amateurisme des protagonistes et (2) la “folie” de l’échange supposé “circonscriptions versus centrales”. Sur le premier point, les sbires du Monarque visent le malentendu certes ridicule né de la suppression de quelques lignes glissées dans l’accord EELV/PS sur le MOX, combustible nucléaire néfaste qui sert à l’EPR de Flamanville. De quoi parle-t-on ? On veut nous faire croire que les négociateurs des deux parties traitaient de l’avenir du monde, que ces dernières journées étaient plus importantes pour le sort du pays que nos ridicules sommets européens à répétition. Il ne s’agissait que d’une réunion de négo entre deux partis politiques. De surcroît, ni Eva Joly ni François Hollande n’étaient partie prenante à ces fameuses réunions.
Sur la seconde critique – qu’il serait “fou” d’échanger des circonscriptions contre des centrales -, elle est évidemment caricaturale… et fausse. Les écolos n’ont aucune circonscription à donner au PS en échange de l’engagement de ce dernier de supprimer telle ou telle centrale.
