Ils étaient revenus au pouvoir après un immense mensonge, au lendemain des attentats de Madrid en mars 2004. L’ancien gouvernement conservateur avait tenté de faire croire que l’acte terroriste était de l’ETA alors qu’il s’agissait d’Al Qaïda. Le PSOE, ce weekend, emporta les élections sans difficultés.
Hier dimanche, il s’est fait laminer. Le score du Parti Populaire a été plus modeste que prévu (43% contre 47% annoncé dans les derniers sondages). Mais le PSOE s’en sort avec un ridicule 30%. La défaite est lourde.
Ce score est surtout dû à une large abstention significative, plus de 50% (28% des Espagnols ne sont pas allés voter) et un éparpillement des voix (chez les autonomistes notamment). Les post-franquistes de Mariano Rajos pouvaient pavaner (*). Le peuple n’a jamais aussi peu voter en Espagne depuis la chute de Franco.(*)
L’ironie du sort est cruelle. L’Espagne a vraiment été frappée par une crise mondiale. Quand Zapattero a pris les rênes du pays, au sortir de 8 ans du gouvernement conservateur Aznar, la dette publique s’était envolé à 55%. Zapattero l’avait réduite à 47% du PIB en 2008. Il avait aussi réduit le chômage, et même délivré trois années consécutives d’excédents budgétaires.
En France, sur la même période, les gouvernements Chirac puis Sarkozy n’ont fait que plombé les comptes, creusé les déficits, tout en restant impuissants devant l’envolée du chômage.
(*) correction, lundi 21 novembre soir, après la publication des résultats définitifs.
