Quel modèle allemand ?

par sarkofrance

Aviez-vous vu vous cette infographie publiée par France Info ? Comme toutes les comparaisons internationales – dont notre Monarque est si friand – celle qui oppose la France et l’Allemagne a ses limites. Le poids du temps partiel subi, la pauvreté, l’absence de salaire minimum sont autant de caractéristiques du modèle allemand qui font peur.

Pour convaincre sans assumer l’injustice de certains de ses choix, Nicolas Sarkozy use et abuse de comparaisons internationales. Ainsi, dimanche soir, il a encore raillé les 35h qui seraient une spécificité franco-française. Désignait-il leur mise en oeuvre ou la réduction du temps de travail ? On ne sait pas. Sarkozy caricature pour disqualifier. Le mouvement de réduction du temps de travail a été général en Europe depuis 40 ans, sans compter l’impact du chômage.

Lundi soir sur France 2, Daniel Cohn-Bendit s’est voulu pédagogue sur le fameux exemple allemand. Il a brandi une explication: la spécialisation de filière sur des activités difficilement délocalisables ou concurrentielles. C’est un argument autrement plus intéressant à creuser que les caricatures simplifiantes du “Travailler Plus” en période de chômage de masse, non ?

Et si le débat politique pouvait un peu gagner en finesse ?

 

33 Responses à “Quel modèle allemand ?”

  1. et encore une différence à creuser : combien de femmes au tavail en Allemagne par rapport à la France ?

  2. Les journalistes se penchent “enfin” sur le modèle allemand….le modèle allemand c’est “plus de pauvres et moins de chômeurs”…..çà fait rêver!!!!
    Les femmes ont du mal à continuer une activité salariée et envient le modèle français….

  3. Les Allemands, dont les parents ou grands parents avaient eu le malheur d’élire Hitler en 33 sur des promesses aussi fumeuses qu’elles se sont avérées fumantes, auraient-ils osé commettre la folie de porter un Sarko au pouvoir en 2007 et les Français qui ont osé le faire le referont-ils en 2012? Voilà la seule question que cette réplique miniature de Shröder devrait se poser en terme de comparaison entre ces deux pays. Sur le coût de revient du travail : Combien d’échelons inutiles entre l’ouvrier et le patron en France et combien en Allemagne ? ARAMIS

    http://www.youscribe.com/catalogue/livres/litterature/romans-et-nouvelles/sale-temps-pour-les-faisans-687851

  4. L’économie de droite a cela de particulier qu’elle n’a que deux solutions pour partager ce qui reste du gâteau : soit les uns ont toutes les miettes et les autres rien , soit tout le monde n’a presque rien , c’est simple il fallait y penser !
    Car la plus grande part , avec la fève étant bien sûr réservée de droit aux rois de la finance et à ceux qui font ces lois !

  5. Oui mais bon on fait dire ce qu’on veut avec des chiffres, désolée. On peut vivre avec un temps partiel en Allemagne, pas en France. On peut vivre avec le chômage, pas en France. Le temps partiel beaucoup LE CHOISISSE (exemple : moi). Pourquoi ? Parce que, comme dit plus haut, budgétairement parlant on peut supporter un temps partiel, alors pourquoi bosser à temps plein ?
    Si l’Allemagne n’a pas de salaire minimum c’est aussi parce que les gens sont nettement moins sous-payés !
    Bon, alors les allemands ne font pas autant d’enfants…on oublie de comparer avec les chiffres de la densité de population. Ca va ! On se marche assez sur les pieds ! Alors qu’en France ce n’est pas la place qui manque !
    Bref, c’est juste du bourrage de crâne.
    Et de la part de Sarko, pareil.
    S’il veut suivre le modèle allemand, il faudrait qu’il commence par relever les taux de salaire et d’indemnité chômage !

  6. Ah ouais et puis comme on a le temps partiel qu’est ce que vous voulez que l’on foute des 35 heures ?

  7. Pourquoi chercher un modèle ailleurs ? Je n’arrive pas à comprendre.. ou plutôt si je comprends que nos politiques manquent d’imagination et de volonté.. trop préoccupés par leurs propres intérêts… ce qui est avantage en France peut paraître dérisoire ailleurs.. ce que je sais de l’Allemagne c’est que la femme quand elle met des enfants au monde est quasiment obligée d’arrêter de travailler faut de structures ou d’organisation pour faire garder leurs enfants.. En France on manque de crèches certes mais au moins on en a. Donc en tant que femme le modèle allemand ne me passionne pas. Pour le reste les chiffres sont là pour nous égarer..

  8. Oui on dit ça tout le temps : les allemandEs ne feraient pas d’enfants parce qu’il n’y aurait pas de place de crèches. C’est absurde. En Allemagne, il y a ceux qui font des enfants et qui en ont deux, trois, quatre, cinq ou plus, et ceux qui n’en font pas parce que depuis le début du XXe siecle ils ont un super engouement pour le voyage et ne veulent pas avoir d’entrave. Or pour faire sans arrêt le tour du monde on ne peut avoir ni enfants, ni chiens, ni chats chez soi. Combien d’allemands louent leur appart’ pour un an, deux ans, trois ans le temps de faire tout l’Asie du sud-est ou d’aller faire de l’aide au développement au Kenia, etc ? Il y a beaucoup de gens soit aventureux, soit curieux du monde soit franchement égoïstes ici. Certains veulent juste profiter de la vie et profiter de la vie pour eux, ça veut dire voyager.
    Ok il y a des problèmes de crèches mais la mentalité dominante c’est de garder son enfant un ou deux ans chez soi voire 5 (il y a des enfants qui entrent à l’école sans jamais être passé par une école maternelle étant donné que ce n’est pas obligatoire) et de toucher les indemnités dites “éducatives”. Tout cela n’est pas mentionné dans ces graphiques et chiffres.

    • @ Euterpe
      Les femmes peuvent elles reprendre leur travail dans la même entreprise après un arrêt pour éduquer leurs enfants (type congé parental) ?
      Le choix de garder son enfant est-il considéré à sa juste valeur ou un peu “ringardisé” comme en France ?

  9. Oui bien sûr ! Dans la boîte où je travaille, les femmes ayant pris un congé maternité long sont nombreuses. Il y en a même une en ce moment qui en est à son 2e congé et il ne fait aucun doute qu’elle va revenir.

    Non c’est tout le contraire d’en France. Il est mal vu de NE PAS garder son enfant (je veux dire le mettre à la crèche très tôt). En fait, mette un enfant à la crèche à trois mois est considéré comme de la maltraitance, à six mois comme un manque d’éducation, à un an c’est correct, à deux ans c’est bien, à cinq ans c’est un peu du snobisme mais ce n’est pas mal vu.
    Personnellement je ne trouve pas cette mentalité idéale.
    Le système français n’est pas idéal non plus. Je trouve que c’est beaucoup trop stressant et pour la mère et pour l’enfant de mettre un bébé de trois mois dans une crèche. Mais je trouve tout aussi délirant de garder son môme jusquà cinq ans chez soi.
    L’idéal serait un système intermédiaire avec investissement des pères, bien sûr.

    • je suis tout à fait d’accord avec vous….mettre son bébé à la crèche ou en nourrice dés ses trois mois est traumatisant pour bcq de maman.
      Pour ma part je pense qu’il faudrait mieux rémunérer le congé parental afin que les parents (père ou mère ) puissent vraiment choisir entre boulot et congé

      • En Allemagne celui ou celle (l’homme peut aussi le prendre) qui prennent le congé maternité touchent 67% de leur salaire (s’ils ont un salaire élevé, seulement 65%) mais personne ne reçoit plus de 1800 euros/mois. Ces indemnités sont versées au maximum 14 mois. Le père et la mère peuvent choisir comment ils répartissent ce temps, en alternance égale ou pas. Les parents isolés reçoivent les 14 mois en entier.
        Celles/ceux qui n’ont pas de travail, reçoivent 300 euros/mois en plus du chômage ou de l’aide sociale.

        • financièrement cela me parait mieux qu’en France (je ne suis plus dans le coup en ce qui concerne le congé parental en France !) Une bonne évolution serait que çà perdure au moins deux ans….de toutes façons ces “plages salariales ” peuvent profiter à d’autres chômeurs” et parfois à des jeunes cherchant une première expérience

          • En France, le congé parental est aux frais du/de la client/e et à condition qu’il/elle ait un an de travail derrière lui/elle encore ! Les autres sont obligés de mettre leur enfant à la crèche à trois mois.
            C’est le système “dém…..ez vous” !
            Là est la différence entre un État fort et un État qui se contente d’exploiter ses citoyens.
            C’est pourquoi les chiffres ci-dessus cachent juste une dure réalité. Le/la français/e est complètement livré.e à lui/elle-même.

            • D’accord avec vous deux, je suis grand-mère et j’ai toujours trouvé qu’il est cruel de séparer une maman de son bébé si tôt ! D’autant plus qu’il manque des crèches et des places dans les crèches… Il y a beaucoup à revoir pour améliorer toutes ces situations.

              • Voila un échange de points de vue qui fait du bien . Merci Euterpe , Sylvie et Togram !

                • à coup de grisou : tout le plaisir est pour nous (?) (je me risque à parler pour trois… j’espère que Sylive et Togram ne m’en voudront pas) !

                  J’ai envie d’ajouter que personnellement j’ai beaucoup profité de la générosité de l’État allemand et lui en suis très reconnaissante. Quand j’ai du verser 42% environ de mon salaire, je n’ai pas rechigné et j’ai trouvé ça normal. C’est ce qu’on appelle la solidarité. D’autres avaient payé autant d’impôt pour moi pendant que je pouponnais (entre autres).
                  Franchement c’est là que la France devrait calquer sa politique sur l’Allemagne : sur le social. Pareil pour le logement. Il faut le vouloir ou être psychologiquement incapable de fonctionner normalement pour se retrouver à la rue en Allemagne même si l’on ne travaille pas !
                  La politique de droite allemande est 1000 fois plus sociale que la politique de gauche française.

                  • Euterpe, C’est pourquoi les exemples valent 10000 fois mieux que les grands discours !

                    Malheureusement nous avons en France tellement de descendants de ces “petits rois” qui se prennent pour le nombril du monde qu’il est bien difficile de se sortir intellectuellement de tout ce fatras ! Chez nous la solidarité est forcément séparée de la finance , on a seulement le choix entre l’un ou l’autre .
                    Alors “que la finance doit être au service des hommes et non pas le contraire ” : paroles de Ségolène Royal en 2007 .
                    Mais l’égoïsme ,le machisme et la com’ à 2 sous ont pris le dessus avec le “travailler plus pour gagner plus” . Autrement dit chacun se dém..de ou se tue au boulot , c’est selon , les autres n’ont qu’à crever avec ce qu’on ne leur donne (ou prête) pas !

                    La droite chez nous est très réactionnaire , voire xénophobe , homophobe et même raciste , préférant les affaires , l’égoïsme et la réussite au social .La gauche est “molle” et n’est jamais allée jusqu’au bout de ses convictions par peur de ne pas se sentir “responsable” devant l’opinion .
                    Elle devrait beaucoup plus se servir de la finance pour pouvoir redistribuer au lieu de penser que l’activité économique est opposée à toute avancée sociale , s’intéresser à l’artisanat , à l’agriculture , à la recherche et à l’écologie productrice de richesses beaucoup plus qu’elle ne le fait .
                    Ici on a perpétuellement des débats d’idées mais il n’en sort jamais grand chose . Ici on défend des chapelles mais pas les citoyens .Presque tous les énarques choisissent ce qu’ils pensent être un bon ” créneau porteur” à la sortie de leur école et passent leur temps par la suite à se diriger en fonction de la force du vent . Ils sont largement majoritaires dans nos gouvernements . C’est l’époque bénie pour tous ces petits chefs

                    Mais il me semble qu’en Allemagne tout n’est pas “rose” non plus après avoir vu quelques manifestations d’ouvriers et d’étudiants ces derniers temps .Infos ou intox ?

                    • Nous sommes dirigés par le “carriérisme”… Je pense depuis longtemps que nous gouvernants ne devraient avoir droit qu’à un seul mandat et à un “salaire de smicard” : le pouvoir pour le bien du peuple et non pas pour gagner de l’argent !

                    • oui des manifs ouvrières il y en a en ce moment parce que c’est terminé la croissance. C’est fini. Ca n’existe pas une plante, par exemple, qui croîterait indéfiniment jusqu’à la Lune, mais nos systèmes sont basés sur ce principe. Donc le secteur industriel est touché par la récession. Heureusement pour l’environnement la production est obligée de diminuer. Le problème c’est que les ouvriers sont les premiers touchés. IBM ne va pas tarder à licencier un tas de gens et les syndicats (qui sont beaucoup plus respectés en Allemagne qu’en France) veulent des indemnités conséquentes pour les licenciés (souvent l’État paie d’ailleurs des “Umbildungen” c’est-à-dire des nouvelles formations dans des secteurs d’activité qui ne sont pas en récession).
                      La chaîne de drogueries Schlecker aussi est en faillite. Par contre les Telekom se portent très bien et les syndicats se battent pour que les employés soient augmentés de 6,5 %.
                      Je ne crois pas lire de choses équivalentes en France.

  10. Les Allemands au moins ont su se faire un plan pour retrouver
    de la compétitivité,
    maintenant ils peuvent essayer d”en gommer les défauts.
    Pour retrouver la notre avons nous au moins une ligne de force ?

    Celle qui consiste à unir tout le monde en enthousiasmant et
    motivant par le développement durable par les moyennes
    et petites entreprises me parait maintenant brisée et un mirage
    puisque dés qu’il y a eu choix concret ceux
    qui prétendent être seuls aptes à présider ont montré
    que ce n’était qu’un alibi pour eux.

    Où et comment trouver la ligne de force qui rassemblerait
    tous les français dans le bavardage assourdissant des
    deux duettistes (N. Sarkosy et Hollande)
    qui prétendent chacun détenir une Vérité et saturent en
    prenant bien soin que la voix des autres soit inaudible ?

  11. Pour ceux et celles que cela intéresserait, je conseille vivement la lecture de ce blog sur l’Allemagne. Il est en français et était tenu par un Allemand vivant en France. Beaucoup des informations diffusées restent d’actualité. http://allemagne-et-plus.a18t.net/

  12. La comparaison va toujours dans le même sens, NS compare ce qui va mieux en Allemagne mais amnésique sur ce qui va moins bien, la précarité, la santé, la pauvreté etc …

    Je ne suis pas sur que les français auraient par exemple envie de prendre des boulots payés 1 €uro de l’heure.

  13. Oui là aussi c’est la désinformation totale avec ces histoires de boulots à un euro. Je connais très bien la question. Il n’est évidemment pas possible de vivre avec un job à 1 euro de l’heure ! Mais bien sûr, en France, on forcerait peut-être les gens à ça. En Allemagne, quand on touche le chômage depuis plusieurs années, l’État essaie de vous réintégrer dans le milieu professionnel. Il va chercher une place, au besoin l’aménager exprès pour faire travailler le/la chômeur/euse dans un domaine d’activité qui lui correspond et EN PLUS du chômage qui n’est pas petit, la personne touche 1 euro de l’heure comme ça, elle n’est pas payé à ne rien faire jusqu’à la retraite. C’est tout.Le euro est symbolique vu que la personne est DÉJÀ payée. Ce sont la plupart du temps des jobs dans le milieu culturelle, dans des assoc’, faire de la paperasse, absolument rien d’éprouvant et même souvent les gens ont l’espoir d’être embauchés parce que l’ambiance en milieu associatif est plutôt sympa. Cette activité dure un an. Il n’y a que les français pour s’en plaindre, vu qu’ils ne savent absolument pas de quoi il s’agit !

  14. Le chômage en Allemagne (si on n’a pas travaillé et qu’on a rien pour vivre) = la prise en charge complète du loyer et des charges de l’appartement, du prix du chauffage, des soins de santé + 374 euros par mois pour le reste + droit à une réduction pour le transport + prise en charge du coût d’un déménagement éventuel.
    Ce qui a été supprimé = coût d’une machine à laver, budget vacances, entre autres.

  15. En France on fait travailler les rsastes pour qu’ils puissent rembourser
    au moins la moitié de ce qu’ils reçoivent… une manière différente de
    concevoir le social ! Les allemands on appris à guérir leurs
    blessures ensemble… les français en sont encore à la dichotomie
    résistance – collaboration.

  16. De l’Hongrie à l’Allemagne, il n’y a que quelques pas …

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