Comme nombre de celles et ceux impliqué(e)s dans la campagne présidentielle, je scrute les sondages de premier et second tour. Ces derniers font partie du "bruit" médiatique.
A la différence des scrutins précédents, j’ai toutefois atteint plus rapidement, et plus fortement, l’overdose. Pendant les primaires socialistes, déjà, la frénésie sondagière avait atteint un niveau ridiculement assourdissant. On ne savait plus comment les uns et les autres mesuraient tout et n’importe quoi. Ma candidate d’alors, Ségolène Royal, se démena comme elle a pu, mais ne voulut pas considérer que ces enquêtes d’opinion avaient un quelconque sens.
Elle avait raison et tort. Les sondages ne prédisent rien, mais à force d’être répétés, ils influencent le vote final.
Nous voici à une soixantaine de jours du premier tour. Comme pour alimenter la gazette médiatique, les sondeurs sondent tout et n’importe quoi: les intentions de vote, la popularité, le caractère, le programme (assez peu), etc.
Ainsi, François Hollande serait davantage "honnête" que Sarkozy, mais Sarkozy serait davantage "capable de prendre des décisions". J’attends qu’on nous compare la couleur des chaussettes et des cravates, qu’on jauge les compagnes des candidats; qu’on fasse mesurer par je ne sais quels échantillon de Français évidemment représentatif combien apprécient de savoir que Sarkozy prend son déjeuner dans un café "normal" à côté de son siège de campagne.
Bref, c’est n’importe quoi, et cela ne fait que commencer.
