La stratégie de Nicolas Sarkozy peut troubler pour cette campagne. Elle est pourtant si lisible et se résume en deux étapes. Primo, enfoncer Marine Le Pen en lui chipant quelques thèmes forts et espérer gagner son électorat sur la crédibilité; secundo, faire peur aux centristes d’une alliance Mélenchon/Joly/Hollande.
La première étape se déroulera vraisemblablement jusqu’au premier tour. Pour l’électeur centriste, elle est déroutante. Sarkozy peut espérer faire oublier son terrible bilan. Sur le terrain de la rigueur, il s’est révéla incompétent, simplement incompétent.
La seconde étape est plus risquée. François Hollande n’est pas dans une stratégie d’union de la gauche. Il s’est allié les écologistes d’Europe Ecologie par un accord électoral bien trop raisonnable pour la candidate Eva Joly. Les caricatures répétées de Sarkozy contre un Hollande "soumis" à Joly ne tiennent pas la route et il le sait bien. Vis-à-vis de Mélenchon, la démarche est encore plus redoutable.
Hollande a promis de se désister si Mélenchon sortait qualifié du premier tour. Mais c’est tout. Il en est resté là. Nicolas Sarkozy aura de grandes peines à le portraiturer un "couteau entre les dents".
A gauche, quelques-uns devraient aussi réfléchir à la notion de vote utile.
Est-il plus utile d’avoir un Front de gauche puissant à la présidentielle ou aux législatives ?
Mon vote, que je sais utile, sera pour Hollande dès le premier tour. Comme il a été pour Royal en 2007, malgré mon engagement écolo.
