Je suis tombé sur cet article de Libération, sur ces intellectuels classés à gauche qui votèrent Sarkozy en 2007, au moins au second tour.
Dans mon jargon, dans ma famille, on appelle cela des traîtres.
Mais c’étaient des intellectuels, respectables par ailleurs. On pouvait, on devait leur faire confiance. Dès l’été 2007, les plus lucides furent déçus. C’était grave.
je me souviens de ces premiers "départs", dès l’automne 2007. Des néocons qui découvraient l’imposture. J’écrivais déjà. Mes articles étaient plus courts.
Dans Libération, Pascal Bruckner, l’un d’entre eux, se confia: «L’intelligence de Sarkozy, c’est d’épouser les thèses des gens qui l’interviewent. Il s’élevait contre la Russie, affirmait que les droits de l’homme ne seraient jamais subordonnés aux intérêts du commerce… On se disait : c’est trop beau, mais si c’était vrai ?… Quelques mois plus tard, il recevait Kadhafi.»
Fallait-il faire autant d’études, d’analyses, de réflexions, pour livrer une pareille confidence ? Finalement, ces gens-là étaient de gros naïfs, de petites midinettes qu’un simple tribun de bas étage pouvait séduire en quelques formules bien choisies.
Ou bien ?
Cet article fut stupéfiant.
