Sur les blogs, on passe notre temps à donner des leçons. Nous sommes comme les éditocrates que nous détestons. Les commentatrices et commentateurs font de même. C’est le propre de nos échanges politiques. Chacun défend, argumente, critique, ou félicite.
Maintenant que la gauche est au pouvoir, les donneurs de leçons sont légions et variés. Certain(e)s critiquent le fond (fiscalité, Europe, etc), d’autres s’attaquent même à la forme: Hollande réagirait trop vite ou trop tard, Ayrault serait trop calme ou trop absent; etc, etc.
La polémique de la semaine (*), celle des "Pigeons" (#Geonpi), a donner à chacun l’occasion de donner sa leçon. Certaines consoeurs et confrères se sont ainsi énervés contre ce qu’ils ont considérés comme un abandon de position, voire pire une "capitulation".
On peut regretter que le gouvernement n’ait pas réagi plus vite. C’est de la leçon facile à donner. Je la donne avec plaisir et solidarité avec mes camarades. Ces entrepreneurs-militants ont été efficaces. C’est presque la moindre des choses venant de gens dont le métier est la com’ et le Web – si l’on en croit le profil des initiateurs du mouvement.
Habituellement, une simple clause de projet de loi de finances (PLF) ne déclenche pas autant de couverture médiatique. A chaque PLF, les lobbies s’agitent en coulisses, comme le faisait remarquer hier le talentueux Samuel Laurent (du Monde) sur Twitter.
Mais sinon, faudrait-il reprocher au gouvernement de "tendre la main" ? Ben non les amis. Une fois que la polémique est partie, il n’y a que deux solutions: négocier ou tuer (politiquement); le compromis ou le duel à mort. L’arrangement, parfois symbolique pour que l’autre ne perde la face, ou la mort politique, l’extinction définitive de l’adversaire.
Et honnêtement, entre nous, dans la tranquillité relative de ces Coulisses, croyez-vous vraiment qu’il soit souhaitable que le gouvernement braque tout le monde un peu plus ?
(*) Cette polémique est à relativiser: l’opinion publique semble loin de s’être saisie de l’affaire, bousculée par d’autres "évènements" médiatiques tels une confession de Valérie Trierweiler dans Sud Ouest (mercredi), ou l’arrestation d’une douzaine de suspects après le double assassinat d’Eichyrolles (mardi, jeudi).
