Une polémique agite le landernau journalistique. Un DG de Marie-Claire a été surpris les doigts dans le pot de confiture: il a trop insisté pour se faire inviter dans un restaurant que son magazine devait mettre à l’honneur. Et le restaurateur ne voulait pas céder.
Son insistance a viré à l’insulte, la menace et la pression. C’était scandaleux, triste, désolant. Le DG de Marie-Claire fit l’objet de réactions outragées, et c’était heureux.
Mais comme l’a écrit un autre journaliste, Renaud Revel, de l’Express, la pratique de ces cadeaux "imposés" est si répandue qu’il fallait être lucide. Si lynchage il devait y avoir, il devrait être plus général.
Combien de cadeaux, de voyages, de réceptions, de complaisances ?
"Je me souviens avoir été mis un jour en contact avec un attaché de presse travaillant pour quelques personnalités du monde du cinéma et de la chanson. Ce garçon au solide carnet d’adresse négocie pour sa clientèle des nuitées d’hôtel gratuites au soleil, en échange de quelques photos sur place. Or l’intéressé m’avait expliqué que, moyennant quelques lignes dans les colonnes de l’Express, j’avais mon transat assuré sur une plage de «Saint-Barth» !
Combien de journalistes de renom et de patrons de presse ont ainsi profité du régime de Ben Ali, en Tunisie, invités des années durant aux frais du prince avec épouses et enfants, avant d’aller dénoncer le dit régime sur les plateaux de télés, une fois la révolution passée! Suivez mon regard. On pourrait en raconter à l’infini…"
Je me souviens d’une journaliste, rencontrée dans un cadre professionnel il y a longtemps. Elle voulait déjeuner. Elle refusa de se faire inviter, même si le repas n’avait rien d’exceptionnel. C’était pou elle une question d’éthique professionnelle.
Je la remercie tous les jours de ce geste symbolique qui m’a conforté dans l’idée qu’il y avait encore des journalistes qui avaient les réflexes qu’il fallait.
