L’occasion manquée de se taire de Carresche, Valls & Co

Je ne saurais trop encourager les militants socialistes à souscrire à la déclaration de Marc Vasseur. La réforme des institutions est passée grâce à la voix de Jack Lang (c’est un fait), et ce dernier n’a plus rien à faire à gauche. Qu’il rejoigne, sa conscience en poche, Bockel et Besson à l’hôtel des ambitions particulières.

De nombreuses voix se sont élevées au Parti Socialiste, dont celle très juste de Robert Badinter, pour dénoncer la supercherie du texte proposé et la dérive monarchique de notre démocratie. A l’inverse, sans même évoquer son rôle dans cette contre-réforme, Jack Lang a fait montre d’une attitude inacceptable, en accompagnant Nicolas Sarkozy jusque dans ses attaques contre un PS soi-disant “intellectuellement malhonnête”, en contribuant par son omniprésence médiatique à rendre inaudible l’explication de vote de ce même PS et en faisant prévaloir sa singularité idéologique pro-présidentielle au détriment des positions décidées par son groupe.

Quatre députés socialistes se sont fendus mardi 22 juillet d’une tribune dans le MONDE pour expliquer que le Parti Socialiste se trompait de stratégie d’opposition. Ces 4 pourraient être qualifiés de “traîtres” tant leurs démarche est détestable, même pour un NON-militant socialiste comme l’auteur de ce blog. Et pour deux raisons au moins.

Premièrement, voler au secours d’un Jack Lang au lendemain d’une bêtise historique est balo, voire crétin. Les bons aspects de cette réforme institutionnelle pouvaient attendre. La victoire politique de Sarkozy, et la défaire institutionnelle de la gauche, pouvaient attendre autre chose qu’un règlement de compte dans les colonnes du Monde. François et Nicolas vous disent merci.

Deuxièmement, étaler sur la place publique les n-ièmes petites disputes de quadra-quinqua en manque de pouvoir (*) est au pire une faute politique au mieux une bêtise. Expliquez vous entre vous, que diable ! Vous ne publiez pas une tribune dans les petites annonces de Libé à chaque engueulade domestique, non ?

Mais ces quadras-quinquas en mal de reconnaissance médiatique ont eu raison sur un point. La gauche se distingue, historiquement et culturellement, de la droite en ce qu’elle croit davantage au collectif qu’à l’individuel. Le Parti Socialiste est une force. Son nom fait élire. Réclamer son indépendance d’esprit vis-à-vis de son parti sans en démissionner le moment venu d’un désaccord important est une malhonnêteté évidente. Ces quatre-là, pourtant favorables à cette réforme (**) ont suivi la règle de leur parti. Bravo les gars.

N’oubliez pas ce moment collectif qui aurait pu réussir … sans Jack Lang.

(*) à l’exception peut être de Christophe Carresche, les 3 autres en deviennent pénibles…

(**) au moins pour Carresche.

John McCain pense à sa bite

Que mes lectrices et lecteurs pardonnent la grossièreté de ce titre. Il est des jours où il faut que ça sorte.

John McCain, le candidat républicain à la présidentielle de novembre prochain, 73 ans, trouve normal que le Viagra, et pas la contraception, soit remboursé par la Sécurité Sociale américaine, et il n’ose pas l’avouer.

Interrogé par une journaliste sur sa position, le candidat est incapable de répondre : “je n’ai pas assez d’information sur le sujet pour vous répondre.”

Le Sénateur a voté contre les projets de lois qui exigeaient des compagnies d’assurance de rembourser la contraception.

Un classement de blogs de (centre) droite

A la récente République des Blogs, j’ai demandé à mes confrères comploteurs s’ils connaissaient un bon blog Umpiste. La réponse fut floue. Dagrouik a cité Koz, qui est certes de droite, mais pas nécessairement Umpiste. je connaissais l’agréable Criticus et le sémillant Alain Lambert. Si j’étais vraiment gauchiste, je citerai également Bayrou.fr dans cette recherche. Mais je ne suis pas vraiment “gauchisse.”

Je suis tombé par hasard (si, si, vraiment) sur un classement subjectif et argumenté de blogs de centre et droite. L’auteur (Modemiste) ne le revendique pas comme tel, mais c’est assez amusant d’en lire la composition, comme un reflet d’influences croisées. Je dis cela sans animosité ni volonté de caricature (au cas où un confrère se sentirait visé).

1. Quindi

2. Koz

3. Alain Lambert

4. Corinne Lepage

5. Farid Taha

6. Maître Eolas

7. Militer avec le Nouveau Centre

8. Cap d’idées

9. Ataraxosphère,

10. Oréade centriste.

11. Leroy-Morin

Comme Nicolas, je cherche (parfois) à lire la verve blogosphérique de droite.

Surtout Umpiste.

En fait, j’essaie de retrouver sur le Net les amis Sarkozystes qui ont disparu de ma vraie vie.

Attaque minable d’Autheuil

J’aime le consensus. J’aime convaincre. J’aime les joutes verbales dignes et respectables. L’estimé Autheuil, croisé quelques fois à la République des Blogs, m’accuse de tomber dans la haine qui brouille la pensée. Ben voyons !

“Ce qui me sidère, c’est le succès de cette vidéo, largement vue et diffusée. Elle montre à quel point, chez bien des gens de gauche, la détestation de Nicolas Sarkozy est devenue un reflexe, au point de se substituer à tout autre activité politique. Plus de réflexion, plus de programme, d’échanges. Non, on crache sur un homme, sans se lasser, faignant de le découvrir et de dénoncer ce que tout le monde sait, et que l’intéressé ne cherche pas à cacher. Il n’y a rien de constructif dans tout cela, mais au moins, ça permet de masquer le vide de la pensée “

Authueil a été choqué (?) de la publication d’une video d’un Sarkozy agacé avant la prise d’antenne sur France 3 lundi 30 juin.

Il est plus facile de parler de Sarkofrance quand l’attaque vise l’inconsistance du Président. Il est plus difficile de parler des 6 autres billets de la semaine qui traitent du malaise de l’armée, des heures supplémentaires, de la nouvelle direction du Renseignement intérieur, des difficultés européennes de la Présidence française, des plans européens de Sarkozy en matière d’immigration, de la réforme des naturalisations,

Et je ne cite que les thèmes de la semaine.

Les “gens de gauche” réfléchissent. Moins que moi, sans doute. Sarkofrance veut taper les consciences, y compris celles de droite comme la vôtre, Cher Autheuil. Je vous laisse le soin de gloser sur le sort de la Caisse des Dépôts. La présence de flics dans l’école de mes enfants pour chercher des sans-papier m’émeut davantage. Chacun son territoire.

Cher Authueil,

Ne vous égarez pas.

cela ne vous ressemble pas.

Sans rancune.

Sarkozy dans la fosse, plaisir sadique

J’avoue, j’étais en manque.

Comme le tabac interdit des cafés et restaurants, les prestations télévisées de Nicolas Sarkozy me manquaient. “Il” me manquait. Ce fut un vrai plaisir de le retrouver jeudi soir.

Avec une certaine crainte, j’attendais le “changement.” Qu’allait-il nous faire cette fois-ci. Avec une certaine jubilation (90 minutes rien qu’avec lui), j’écoutais, notais, retenais.

Puis, ce fut la déception. Il maîtrisait ses tics nerveux, la cravate était simplement noire, la Rolex était cachée. Il n’interrompait pas ses journalistes. On ne voyait pas sa jambe trembler d’impatience, ni ses talonettes dépasser. Tout fut sous contrôle.

Cool cool, zen zen.

Comme en janvier 2007.

Le blogueur politique a-t-il remplacé l’éditorialiste ?

Marianne a un jour publié l’une de mes chroniques de Sarkofrance. Marc Vasseur en fait le point de départ d’un billet : les blogs politiques sont devenus des “sources d’opinion” pour une certaine presse. Ils se retrouvent, échangent, partagent, se relayent. Ils développent une opinion, des analyses. Certain(e)s résument l’actualité d’une phrase ou d’un dessin, mieux qu’un Plantu.

Marc a raison. Les blogueurs politiques sont en passe de damer le pion aux éditorialistes d’antan : Alain Duhamel (Europe 1, Libération), Catherine Ney (Fig Mag, Europe 1, Jean-Marc Sylvestre (Le Figaro, France inter), Jacques Julliard (Nouvel Obs, LCI), Jean-Michel Apathie (RTL, CANAL+) sont remplacés peu à peu par Marc, Nicolas, Luc, Raphaël, Donatien, Ronald, Peuple, Eric, o16o, Julien, Damien, ou votre serviteur. Ces derniers éditorialisent la réalité, et parfois avec des spécialités. Ils peuvent être de droite ou de gauche. Ils peuvent être militants .. ou pas.

Les blogueurs politiques produisent une analyse plus fréquentée, plus visible, plus travaillée sur le Web. Un classement comme Wikio en atteste.

Les éditorialistes ont encore deux avantages compétitifs : la vieille garde a le privilège audiovisuel : ce sont des visages que les médias nationaux, radio et télévisions, se disputent pour crédibiliser leur discours depuis 40 ans. De plus, ces éditorialistes ont les “connexions.” Ce ne sont pas des blogueurs anonymes. Ils fréquentent les cercles du pouvoir. Ils sont invités aux avant-premières. Ils dînent avec le milieu politique.

Bref, les éditorialistes sont “de mèche.” Mais les blogueurs politiques sont la mèche.

Un excellent confrère a la meilleure maxime du moment : “S’il fallait connaître quelque chose en politique pour en parler, ça limiterait l’intérêt de la démocratie et les recettes des bistros.” Elle résume notre ambition, sans prétention.

Ecolo de droite

Cette formule me fait penser à une autre, “rap de droite”. La même association a priori improbable de deux réalités. Nathalie Kosciuscko-Morizet est une écologiste convaincue. Inutile de lui nier cette qualité. Elle est pourtant de droite. Inutile de le contester. Sa récente épreuve de force avec sa propre majorité laisse un goût amer: l’écologie “de droite” n’a aucun avenir devant elle.

NKM est sensible à la dégradation de l’environnement. Elle se distingue d’une autre espèce d’écologistes “de droite”, celle d’Antoine Waechter; une écologie politique qui visait le “ni droite ni gauche” pour finir dans la défense des espaces verts.

NKM est troublante. Elle croit sincèrement à la réussite de son positionnement sur l’échiquier politique. L’écologie est une pourtant théoriquement radicale. Elle se heurte aux lobbies agro-alimentaires, automobile ou industriels en tous genres. Elle vise un changement total de nos habitudes. En France, comme en Allemagne, l’écologie politique est précurseur sur la parité, le mariage homosexuel, l’homo-parenté. Elle assimile la défense collective (notre planète) et individuelle. Elle est plus associative et décentralisée que jacobine et centralisatrice.

NKM est de droite. Une curiosité.

Si elle ne servait pas la plus grande politique de régression de ces 30 dernières années, elle en serait intégralement sympathique. Dommage.

Qui a payé OpinionWay ?

Le sondeur officiel de la Sarkozie a publié un sondage pour le FIGARO sur … le meilleur chef de file de la gauche. Non ? Non. On pourrait le croire, à en lire le Figaro du 20 mars:

Sondage : Delanoë meilleur chef de file que Royal

En fait, c’est l’enseignement principal que retient LE FIGARO de ce baromètre mensuel.  Pourtant, à lire le sondage, il aurait pu souligner, au choix, les 3 points suivants :

1.  Les élections municipales sont une “sanction contre le gouvernement” pour 51% des sondés.

2. 52% des symapthisants de l’UMP préfèrent Delanoë comme premier secrétaire du parti Socialiste“.

3. “Les sympathisants de gauche considèrent Ségolène Royal comme la meilleure opposante à Nicolas Sarkozy.

Vive le Figaro !

PS : C’est évidemment un sondage par internet, la marque de fabrique de cet institut (”Computer Assisted WebInterview” dans le jargon OpinionWay). Pour mémoire, si vous n’avez pas Internet ou si vous n’y comprenez rien, oubliez.

Quand l’Etat espionne les blogs ?

Nous avons un héros. Il s’appelle Nicolas Princen. L’Elysée l’a officiellement embauché pour surveiller le Web. En résumer, ce jeune multi-diplômé est payé pour surfer toute la journée sur Internet et dénicher les sources des “mauvaises rumeurs.”

Les Vigilants se sont emparés du garçon avec amusement dans la nuit de lundi 17 à mardi 18 mars.

Une confrère blogueuse m’a gentiment informée d’une nouvelle autrement plus inquiétante : un rapport sur “la société de surveillance” publié par la Commission britannique pour l’information est alarmiste: “en 2016, tout sera sous contrôle, décrivent les auteurs (avions sans pilotes pour la surveillance, caméras banalisées, traces électroniques comptabilisées, relevés d’adn… ).

Bienvenue dans un monde meilleur.

J’ai rencontré Nicolas Sarkozy

C’était une fin d’après midi. Il fallut patienter un peu. le Président recevait une corporation en colère. Nous attendîmes dehors, sur le trottoir. Certains fumaient. Puis un policier énergique, agacé par la désinvolture du groupe d’invités, nous ordonna de nous ranger en rang sur le trottoir pour le contrôle des invitations. j’avais la mienne.

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Nous traversons la cour de l’Elysée. A gauche, derrière l’escalier qui monte aux appartements présidentiels, certains déposent leur manteau au vestiaire, en échange d’un jeton métallique. Nous repartons à droite de l’entrée, dans un première anti-chambre tapissée, puis une seconde, avant d’arriver une pièce plus large, buffet au fonds. Un ami me charrie sur ma tenue: “le message est clair !

Un majordome nous demande de nous placer sur un demi-cercle. “Le Président va arriver“.

Derrière un rideau, Nicolas Sarkozy arrive. Il est cerné, fatigué, souriant. Cela fait 9 mois, jour pour jour, que je chronique son action. Le voir là, à 3 mètres, anonyme. C’est surprenant et banal. A force de la voir, je ne suis pas surpris. Ses bons mots sont attendus. Il cherche à séduire son assistance, très simplement.

Michèle Alliot-Marie était là depuis quelques instants. Sarkozy demande spontanément aux deux enfants présents de s’approcher. “Tu veux venir ?” “Allez, viens.”

Puis il fait son discours. Pour l’auteur de ce blog, qui écoute deux à trois discours de Sarkozy chaque semaine, le Président apparaît fidèle à son habitude. Il lit avec application son texte. Certaines expressions sont effarantes, comme celle-ci :

Un lapsus déclenche l’hilarité de la salle : “vous qui n’avez pas jamais été gêné par l’argent.. euh… (rires)… Là, j’entends boum boum… (rires) l’argent…” Il reprend: “vous qui n’avez jamais été gêné par le manque d’argent… C’est mieux là ?“. Et il poursuit.

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Une fois le discours terminé, il salut les membres de l’assistance qu’il reconnaît. Je m’écarte assez vite. Il serre les mains comme des trophées qu’on lui tendrait. Il est simple et direct. Je ne souhaite pas en être. Nul besoin de se présenter. Le Président s’éclipse. Je fais durer le plaisir en téléphonant dans la cour de l’Elysée pendant 30 minutes. Seul.

Sarkozy est déjà remonté.

Seul.