L’occasion manquée de se taire de Carresche, Valls & Co
23 juillet 2008 — sarkofranceJe ne saurais trop encourager les militants socialistes à souscrire à la déclaration de Marc Vasseur. La réforme des institutions est passée grâce à la voix de Jack Lang (c’est un fait), et ce dernier n’a plus rien à faire à gauche. Qu’il rejoigne, sa conscience en poche, Bockel et Besson à l’hôtel des ambitions particulières.
De nombreuses voix se sont élevées au Parti Socialiste, dont celle très juste de Robert Badinter, pour dénoncer la supercherie du texte proposé et la dérive monarchique de notre démocratie. A l’inverse, sans même évoquer son rôle dans cette contre-réforme, Jack Lang a fait montre d’une attitude inacceptable, en accompagnant Nicolas Sarkozy jusque dans ses attaques contre un PS soi-disant “intellectuellement malhonnête”, en contribuant par son omniprésence médiatique à rendre inaudible l’explication de vote de ce même PS et en faisant prévaloir sa singularité idéologique pro-présidentielle au détriment des positions décidées par son groupe.
Quatre députés socialistes se sont fendus mardi 22 juillet d’une tribune dans le MONDE pour expliquer que le Parti Socialiste se trompait de stratégie d’opposition. Ces 4 pourraient être qualifiés de “traîtres” tant leurs démarche est détestable, même pour un NON-militant socialiste comme l’auteur de ce blog. Et pour deux raisons au moins.
Premièrement, voler au secours d’un Jack Lang au lendemain d’une bêtise historique est balo, voire crétin. Les bons aspects de cette réforme institutionnelle pouvaient attendre. La victoire politique de Sarkozy, et la défaire institutionnelle de la gauche, pouvaient attendre autre chose qu’un règlement de compte dans les colonnes du Monde. François et Nicolas vous disent merci.
Deuxièmement, étaler sur la place publique les n-ièmes petites disputes de quadra-quinqua en manque de pouvoir (*) est au pire une faute politique au mieux une bêtise. Expliquez vous entre vous, que diable ! Vous ne publiez pas une tribune dans les petites annonces de Libé à chaque engueulade domestique, non ?
Mais ces quadras-quinquas en mal de reconnaissance médiatique ont eu raison sur un point. La gauche se distingue, historiquement et culturellement, de la droite en ce qu’elle croit davantage au collectif qu’à l’individuel. Le Parti Socialiste est une force. Son nom fait élire. Réclamer son indépendance d’esprit vis-à-vis de son parti sans en démissionner le moment venu d’un désaccord important est une malhonnêteté évidente. Ces quatre-là, pourtant favorables à cette réforme (**) ont suivi la règle de leur parti. Bravo les gars.
N’oubliez pas ce moment collectif qui aurait pu réussir … sans Jack Lang.
(*) à l’exception peut être de Christophe Carresche, les 3 autres en deviennent pénibles…
(**) au moins pour Carresche.




