Archives pour la catégorie Chroniques de droite

Zemmour et le FN

Le suicide intellectuel d’Eric Zemmour se poursuit. Son ouvrage,  « Le suicide français« , suffisamment rance pour réhabiliter Pétain, comme un négationnisme franco-français de la pire espèce, fait florès. C’est comme un appel à Marine Le Pen.

Justement, Philippe Martel, le directeur de cabinet de Marine Le Pen, fut l’un des derniers lecteurs. « Pour le plaisir« , précisa-t-il.

Pour la nausée, on retiendra que Zemmour a glissé depuis longtemps de l’autre côté du miroir républicain. Et que la haute hiérarchie du Front national s’y retrouve.

« L’information avait filtrée aux détours d’un papier de L’Express du 5 novembre : le livre d’Éric Zemmour Le suicide français (éd. Albin Michel) avait été relu avant publication par « un collaborateur de Marine Le Pen et ami de l’auteur », écrivait l’hebdomadaire, sans préciser de qui il pouvait bien s’agir.

La précision est apportée ce samedi 8 novembre par Le Monde. Dans un portrait consacré au polémiste, le quotidien revient sur le succès de l’ouvrage Le suicide français. Et dévoile l’identité du relecteur frontiste : il s’agit donc de Philippe Martel, directeur de cabinet de Marine Le Pen et proche d’Éric Zemmour. » (source: LeLab)

Il y a encore des esprits faibles pour croire que Marine n’est pas comme Jean-Marie. Que le FN s’est véritablement normalisé.

Ces esprits faibles ou paresseux devraient se réveiller.

 

Racisme discret sur Twitter

Je les observe, de loin mais régulièrement, sur Twitter. J’ai ma liste de fachos, réacs et autres ennemis politiques. Alors qu’un film formidable sort sur nos écrans, voici le commentaire glané sur Twitter samedi 1er novembre.

Bandes de Filles est réalisé par Céline Sciamma, celle-même qui avait commis l’irréparable pour nombre de fachos, le film Tomboy. Une histoire simple et bien joué sur une fille qui se faisait passer pour un garçon.

Tomboy a déchainé les passions des anti-mariage Gay les plus virulents.
Cette fois-ci, Bandes de filles s’attarde sur quelques copines qui ont cette particularité qui dérange le raciste sus-cité, elles sont toutes noires.

Incroyable.

Hollande s’est dissous

C’était pourtant sa marque de fabrique, l’homme de la synthèse idéale ou réussie, quand il dirigeait le parti socialiste.

Pour réussir une synthèse, Hollande le sait, il faut tendre les mains un peu partout autour de soi, avec toutes celles et ceux qui ont vocation à participer à la dite synthèse.

Lors d’un déplacement à Dijon, Hollande s’est voulu rassembleur, au-delà de sa propre famille politique. Hollande n’est pas clivant comme Sarkozy savait l’être.

Mais il s’est tranquillement coupé de sa gauche sans que cela semble le gêner. Qui sera surpris de la voir désormais réclamer la dissolution ?

Il gouverne à droite, en espérant s’allier les centristes après leur avoir claquer la porte au nez en juin 2012. Qui sera surpris de les voir désormais réclamer la dissolution ?

Il expulse l’UMP et la Sarkozie toute entière vers les bas-fonds de l’extrême droite et de la Droite furibarde. Nul espoir de synthèse à chercher avec elles.

Hollande invoque la République, il peut.

« Ce que doit rechercher un président de la République, c’est l’unité du pays, alors que nous sommes dans un moment où tout est fragmenté, tout est divisé, tout est séparé, tout est exacerbé. Donc ma tâche, mon rôle, mon devoir, c’est de réunir, de faire comprendre que nous sommes tous ensemble, que nous avons besoin de destin commun, de bien commun, de lien comun et de sens commun pour vivre ensemble. C’est ça, le message de la République. » François Hollande

La mort d’un patron

Quand un homme, une femme décède d’injustice, de pauvreté, de misère, de souffrance. Et qu’on l’apprend, le coeur se serre, et parfois/souvent le sentiment de révolte l’emporte.

Un patron, celui de Total, est mort dans un accident d’avion qu’on élucidera plus tard. Le concert des louanges, stupéfiant, en a énervé plus d’un(e). Et Gérard Filoche, que l’on aime bien dans ces colonnes, a commis un tweet à chaud que l’on déteste ici parce qu’il était justement à chaud.

Soudainement, jeudi, quelques comptes que je suis sur Twitter ont multiplié le même tweet, la reproduction de l’exact propos de Filoche.

Filoche est l’un des gars du PS qui me faisait penser que tout n’était pas perdu au PS. Rappeler l’action de Margerie l’exact jour de sa mort m’a fait frémir. J’ai trouvé cela glauque, très glauque. Il y a parfois un moment où l’on peut penser au silence même quand il y a du bruit indécent. Ou, s’il faut réagir, choisir de fustiger les braillards plutôt que le défunt.

Bref, quand Filoche a été menacé d’exclusion du PS ce jeudi, une poignée de dizaines de twittos se sont amusés à reproduire en rafale / retweeter en rafale le même tweet sur Margerie.

Que le PS exclut Filoche sur cela aurait été pitoyable. Qu’il passe peut-être devant une « commission d’éthique » est risible. Que d’autres se saisissent de cela pour le soutenir (après l’avoir conchié parce qu’il ne démissionnait pas du PS) est cocasse.

Mais le plus grave fut l’erreur suivante:

Inutile de préciser qu’il fut difficile, à quelques exceptions près, d’échanger sur ce sujet après un tweet pareil. Il y a pour certain(e)s des émotions légitimes, et d’autres qui le sont moins.

Pour le plaisir, le fun, le souvenir plus tard, il y eut cette réaction, drôle, à laquelle je me résout à rendre hommage.

pourrito

Toi aussi, décore Valls

On pourrait ironiser, longtemps, beaucoup, trop, sur cette cérémonie surréaliste qui nous montra Hollande faire l’accolade à Valls à l’occasion d’une remise de médaille.

1. Hollande a même fait de l’humour. C’est sa marque de fabrique, même dans les difficultés les plus insurmontables. Je ne lui jetterai pas la pierre. Les mots étaient bien choisis et sans souci de polémique.

« Vous aimez citer de grands républicains, vous vous inscrivez dans cette tradition (…) Une des figures qui vous sert de référence, c’est celle de Clemenceau. C’est un personnage controversé, y compris au sein de la gauche française. C’est sans doute pour cela que vous l’utilisez. »

2. Hollande a décoré Valls, ce fut filmé, et visiblement, le gouvernement presque au complet était là. Cette situation était grotesque. Distribuer des hochets républicains, même s’il s’agit d’une tradition, est devenu anachronique. Combien de chroniques avons nous écrit sur cette pratique en Sarkofrance ?

3. Hollande a décoré Valls, et il a lancé une pique contre les députés frondeurs. Visiblement, il ne comprend pas, ou n’accepte pas.

« Je salue les députés qui ont eu cette conscience de leur rôle pour permettre que le pays puisse avoir des financements pour les priorités que j’avais fixées, l’éducation, la culture, la recherche, la justice, mais aussi l’emploi, d’abord l’emploi. »

En décorant Manuel Valls, François Hollande nous a fait comprendre qu’il n’y avait pas de malentendu. C’est assez désagréable, difficile et triste pour moi d’écrire cela. Jour après jour, cette chronique d’un aveuglement m’exaspère.

Il ne faut pas avoir de tabou sur Schröder

Nous l’entendons souvent cette musique. Il ne faudrait pas avoir de « tabou« , ni de « posture« .

Macron s’est pris les pieds dans le tapis de cette argumentation fallacieuse le weekend dernier. Il expliquait qu’il faudrait réduire les allocations chômage pour réduire le déficit. Attardons-nous sur l’expression « sans tabou ni posture« .  En l’utilisant, Macron voulait « convaincre » qu’on peut être de « gauche » et proférer de telles propos.

Le sujet n’était pas tant de savoir si c’est de gauche ou pas de gauche. Le vrai sujet, pour Macron et les autres, est de convaincre l’électorat de gauche qu’il doit évoluer et abandonner ses tabous.

Nous avons une remarque et une suggestion.

La remarque est simple: réclamer moins d’Etat providence est une vieillerie de 3 décennies, bientôt 4. Il n’y a nul  « tabou » à lever, cela fait des lustres que ces arguments sont rabâchés en France.

« Le terme « tabou » est couramment utilisé pour désigner tout interdit portant sur un acte, un fait ou son évocation, sans être limité au domaine religieux ou spirituel. » Source: Wikipedia

Où est le « sacré » quand cela fait autant d’années qu’on nous martèle la même antienne qui, pourtant, n’a même pas fait ses preuves économiquement ?

La suggestion est encore plus évidente: pourquoi Emmanuel Macron, et quelques autres, ne cherche-t-il pas à convaincre ceux déjà acquis à l’argument libéral qu’il est leur plus digne représentant ?