Archives de Catégorie: Chroniques de droite

Le faux sondage sur Le Pen/Sarkozy

Lire l’Observatoire des sondages est un exercice de curation personnelle systématique obligatoire dès lors qu’un sondage d’actualité fait quelque bruit.

Celui de l’iFopde de vendredi dernier, malheureusement publié par mes amis de Marianne, était forcément une cible de choix. Le dit sondage anticipait le premier tour de l’élection présidentielle, en plein été et avec trois années d’avance, pour nous donner Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy seuls qualifiés pour le second tour.

un vrai cas idéal d’abstention… théorique.

L’Observatoire des sondages livre les précautions d’usage qui, en quelques formules bien choisies, achèvent la crédibilité de l’enquête de l’iFop: aucun candidat de droite ou du centre autre que Sarkozy de tester, une période de sondage improbable, un échantillon peu fiable, etc.

"L’Ifop a réussi la "performance” de trouver des sondés au cœur de l’été, la pire période aux dires des professionnels, mais il est vrai que les choses sont devenues plus faciles avec les sondages en ligne. Peu importe si les sondés débusqués sont payés (comme tout sondage par internet), de quoi satisfaire les plus désœuvrés, et le questionnaire suffisamment biaisé, pour mobiliser les plus radicaux ou les moins avisés. " (Source)

A bon entendeur…

 

Pourquoi tout comparer à Sarkozy ?

C’est un commentaire de l’ami Nyantho hier sur Sarkofrance#2, qui me pousse à écrire.

"Je ne comprends pas ce besoin de comparer sans cesse ce nouveau gouvernement à Sarkozy. Faudrait sortir de ce référentiel."

1. Sarkozy est un référentiel essentiel. Cet homme politique illustre une dérive incroyable de nos moeurs démocratiques. Il fut également un rouage décisif de cette dégradation. En résumé, Sarko a accéléré la décomplexion du "Monstre", c’est-à-dire l’expression libre et sans gêne des sentiments haineux les plus simples. Je ne vais pas revenir là-dessus.

2. Je suis devenu blogueur à cause de Sarkozy. Je l’ai toujours à l’esprit, à tort ou à raison. Et il faut bien, après cinq années d’opposition, prendre le temps, parfois, pour se rappeler d’où l’on vient.

3. Ce gouvernement Valls singe par bien des aspects les pratiques de l’équipe précédente. Je n’ai jamais fait accepter ni promu l’équation Hollande=Sarko. Je ne crois même pas que Valls équivale à Sarkozy. Mais notre actuel premier ministre croit moderne d’adopter des tics d’attitudes; des idées "post-gauchistes", des postures si répandues en Sarkofrance comme cette stigmatisation de quelques boucs-émissaires pour mieux faire diversion.

 

Quand les digues ont sauté…

Une ex-future candidate du Front national, prise en flagrant délit (et délire) de racisme dans un reportage de France 2, a finalement été condamnée à 9 mois de prison ferme pour avoir comparé, en l’assumant, Christiane Taubira à un singe.

Elle n’a malheureusement été condamnée qu’à 5 ans d’inéligibilité.  C’est sans doute le plus grave. Etant personnellement dubitatif sur le travail de "rééducation" qu’il est possible d’accomplir en prison, je crois à l’inverse qu’empêcher ce genre de personnes délirantes vomir leur haine raciste dans des listes électorales où l’on attend des candidats un minimum d’exemplarité républicaine était une nécessité démocratique.

Il y a très longtemps, au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, j’avais chroniqué comme d’autres comment nos digues morales et républicaines sautaient les unes après les autres sous les coups de boutoir d’une droite classique devenue "décomplexée".

"Nicolas Sarkozy, quand il était candidat à l’élection présidentielle, a fait sauter plusieurs digues. Il appelait cela la "rupture". Il a attaqué l’esprit de Mai 1968, l’Etat Providence, les régimes spéciaux, les petits délinquants de la rue, les sans papiers, les découragés du travail.
Il a replacé au coeur du débat l’identité nationale, l’enrichissement personnel et l’atlantisme. Il a chamboulé la communication et la pratique présidentielle à travers une personnalisation extrême du pouvoir, autour de sa personne, de ses conseillers non élus, et de son épouse. Bref, des digues ont sauté : celle de l’universalité des droits de l’homme, du débat parlementaire, du respect en politique."

(source: 23ème semaine de Sarkofrance)

Le décomplexage massif porté aux nues et au sommet (de l’Elysée) par Nicolas Sarkozy et son clan a libéré les monstres. C’est l’un des constats qu’Edwy Plenel rappelle aussi dans son dernier ouvrage  ("Dire Non", éditions Don Quichotte, prochainement chroniqué dans ces colonnes). Le monstre ose s’exprimer sans limite.

Quand la condamnation de cette "dame" du FN fut connue, un sénateur UMP déclara que l’injure initiale qui lui valait cette condamnation était une "blague potache".

Rappelez vous comme elle en riait à l’époque…

Sarkozy, Terminator ?

Christophe Barbier, par ailleurs ami proche de Carla Sarkozy, cherchait le bon mot.

Barbier tombe dans le piège d’une communication sarkozyste.

Parfois, la tentation de Londres effleure Nicolas Sarkozy. Pas celle de Venise, chère à Alain Juppé, puisqu’il n’y a dans la Sérénissime que langueur et culture classique, mais celle de Londres, cité où règnent l’effervescence des affaires, le goût de la réussite et cette créativité musicale que recherche son épouse. Dès le lendemain de la riposte télévisée de cet homme pour qui la question de renoncer "ne se pose pas", son entourage ne manquait pas de préciser que la question de revenir "n’était pas tranchée"; et que le scénario d’une prise de l’UMP, suivie d’une opposition quotidienne et virulente aux juges et au pouvoir pendant deux ans, puis par une primaire impitoyable et une présidentielle incertaine, n’était pas plus probable qu’un autre.

Sarkozy n’a pas grand chose à voir avec Terminator.

Il n’a pas tué grand monde. Il n’est surtout pas immortel.

 


C’est l’essentiel.

L’alternance sans le dire.

Ami(e) socialiste, ne m’en veux pas.

Il y a eu une alternance, sans le dire ni le voter.

Lénaïg Bredoux l’explique dans Mediapart.

"Manuel Valls est premier ministre depuis cent jours. Le choix, annoncé dans la précipitation après la débâcle des municipales, avait laissé une partie de la gauche dubitative. Mais François Hollande a opté, sans le dire, pour une sorte d’alternance au beau milieu de son mandat. Sans nouveau scrutin, sans nouvelle majorité mais avec une autre assise idéologique que sa campagne de 2012."

Cela fait 100 jours, donc, que nous sommes "de l’autre côté". Non pas que cet autre côté, l’opposition, soit un endroit réjouissant, la victoire évidente en ligne de mire, un programme alternatif tout ficelé et tout le toutim.

Ami(e) socialiste, ne m’en veux pas. Je n’ai pas voté pour cela. Je peux reconnaître à Manuel Valls sa constance. Il a toujours été à droite de la gauche. Il semble comme un poisson dans l’eau à Matignon. Grand bien lui fasse.

Je ne sais pas si Hollande a changé d’avis, de posture, de position, d’idées. Je m’en fiche.

Je ne sais pas quelle opposition a la formule pour sortir de la situation.

François Hollande ne fait pas un politique de droite puisque la droite de gouvernement est à l’extrême droite. Les étiquettes comptent peu. Elle servent de raccourci pour comprendre où l’on est, où l’on va.

Hollande sert les intérêts des entreprises contre les salariés car il pense qu’au final, cela servira le pays.

C’est exactement ce que je qualifie de droite.

Manuel Valls va se présenter en 2017. Hollande est faible. Nous ferons campagne, donc, contre Manuel Valls.

La droite va gagner.

Elle a déjà gagné.

 

 

 

Le ménage à l’UMP

sarkozystes

On se régale. C’en est presque triste.

L’éviction de Jean-François Copé de la présidence de l’UMP depuis la mi-juin a permis de découvrir bien des choses. C’est le grand déballage. Après l’affaire Bygmalion, qui n’a pas encore livré tous ses secrets, voici les billets d’avion de Mme Copé.

"Parmi les découvertes des auditeurs, l’hebdomadaire révèle que l’UMP aurait payé l’an dernier 24 000 euros de billets d’avion pour Nadia Copé, l’épouse de l’ex-président du parti, contraint à la démission après de multiples révélations le mettant en cause dans l’affaire Bygmalion." (source: Le Monde)

Ces alternances au sommet de la droite ont depuis longtemps permis de découvrir la saleté des coulisses. Chirac fut balancé par les Balladuriens; et ce fut réciproque.

Cette fois-ci, les sarkozystes attaquent Fillon… et Juppé.

Sarkozy fut plus prudent, plus consciencieux à fidéliser presque tous les clans de la droite institutionnelle. Ils laissent ses proches attaquer, ou sombrer.

L’UMP est endettée à hauteur de 80 millions d’euros. Ces gars-là promettent à la France toutes sortes de solution, incapables qu’ils sont de gérer leur propre parti politique pourtant richement doté en financement public.

 

Sans blague.

Ce nettoyage en public reste étonnant. Le sans-gêne de nos dirigeants, du FN à l’UMP, du PS à ailleurs, a de quoi décourager.