Archives pour la catégorie Chroniques de droite

De cul à cul, avec nos encouragements

L’ami Nicolas, celui-là même que d’autres ami(e)s haïssent ou ne comprennent pas, mais qui reste ami de voyage blogosphérique, m’a donné 7 conseils.

Ces conseils s’appliquent bien sûr à d’autres, mais je les prends d’abord, et forcément, personnellement.

Les voici, pour rappel, mais il faut lire dans l’article d’origine comment Nicolas les explique, avec sa faconde habituelle: (1) faire attention aux mots employés, (2) écrire plus long pour se faire comprendre, (3) lire d’autres médias que la presse gauchiste; (4) lire d’autres blogeurs et commentateurs surtout s’ils sont en désaccord avec mes positions;(5)  virer mes commentateurs  dont les échanges encombreraient ; (6) réfléchir à la place du contradicteur et non comme un éditorialiste ou un gauchiste.

Je conserve le 7ème conseil, aller au bistrot.

Je ne sais pas trop comment prendre les 6 précédents conseils. J’aurai pu en écrire certains. Oui, il faut des lectures variées. Je lis souvent Mediapart, mais plus souvent encore le Figaro, les Echos et le Parisien, comme du temps de Sarkofrance Saison 1.

Ma tête est encombrée par les mêmes discours dominants: (1) un propos libéral ultra-rabaché contre la notion de solidarité (service public, Sécu, etc) et en faveur de la libre action des marchés; (2) un propos sécuritaire et anxiogène (contre l’Etranger et la différence); (3) une sur-attention sur le futile au lieu de l’essentiel.

Pour résister à ce bruit assourdissant, il faut lire les écrits des autres, y compris ceux avec lesquels on n’est pas d’accord; c’est-à-dire les blogs, les commentaires argumentés qu’on trouve ici ou là, chez moi et chez des consoeurs et confrères. Le seul endroit où j’ai renoncé à argumenter est Twitter.

Venons-en aux commentaires. Cela fait longtemps que j’ai abandonné la modération des commentaires sur Marianne.fr. Cela me prendrait trop de temps. Je survole donc ce qui s’y dit, supprime a posteriori les commentaires les plus offensants (j’en rate sans doute beaucoup). Je bloque certains commentateurs également, une démarche assez vaine puisque l’utilisation des VPN s’est généralisée même en France.

Mais ici dans ces Coulisses, les commentaires sont différents. Il y a des clash, des positions caricaturales (autant que les miennes), mais j’y trouve davantage de débat qu’ailleurs. J’aime bien lire Aurore, Eli, Sylvie, Hélène, Claude, Pti Suisse, Ervé, Stanislas et les autres.  Effectivement, l’habitude de certain(e)s de venir échanger ici très régulièrement a créé au fil du temps comme un cocon qui peut être excluant pour d’autres. Mais c’est la loi des groupes.

Mince.

Il faut que j’arrête.

Ce billet est trop long.

;-)

 

 

 

 

 

Militant UMP, débarrasse-toi de Sarko.

C’est un billet sans arrière pensée politique. Vu de gauche, le retour politique de Nicolas Sarkozy est plutôt une bonne nouvelle. Il simplifie les hésitations, réactive les pulsions, et surtout, il donne toutes ses chances à François Hollande.

Car Sarkozy revient tel Giscard, sans avoir rien compris, rien appris, rien changé.

Mais si nous espérons lucidement améliorer la vie politique française, il faut bien se rendre à l’évidence, et prêcher pour ce qui est bon pour le pays plutôt que bon pour ses propres intérêts politiques.

J’espère donc la défaite de Sarko. Il fait du mal à tout le monde: la politique, la droite, la gauche, la République. Il n’est pas le seul, mais il incarne le mieux la dégénérescence politique du pays.

J’espère la victoire, improbable, de Bruno Le Maire. L’homme, qui a mon âge, a une dignité, une vision républicaine, un sens de l’Etat. J’ai lu ses bouquins. Je ne partage pas ses idées. Mais Le Maire est un bel atout de la droite.  Les autres de sa génération, ou proche, que l’on va se traîner pendant encore 30 ans (vive la France !) s’appellent Morano, Dati, Wauquiez, ou NKM. Vous comprenez le problème ?

La gauche a besoin d’une droite normale. Sinon, sa fraction de droite vire franchement à droite, c’est-à-dire dans une mélange idéologique indigeste qui loue l’entreprise plus que le salarié, la sécurité plus que la liberté, l’ordre davantage que l’égalité.

L’UMP a dérivé vers une droite inédite pour la droite républicaine. C’est la faute au contexte, à Le Pen et à Sarko. Des digues ont  sauté, et depuis longtemps.

Militant(e) UMP, vote contre Sarkozy toi aussi.

Il te reste quelques heures.

 

 

 

Que la première primaire primaire de l’UMP se termine

L’élection sans surprise du président de l’UMP se termine prochainement, enfin. Ce n’est pas notre parti, mais je suis assez enclin à aller voter une nouvelle fois contre Nicolas Sarkozy.
Ce processus de désignation prend des airs de débat identitaire. Eric Besson et Patrick Buisson ne sont plus là, mais chaque jour qui passe délivre son lot de dérapages et d’outrances qui mettent à mal notre destin commun.
Nous sommes en France, un pays qui peut avoir des désaccords et des divisions, mais qui avait un fond républicain qui permettait de vivre ensemble.

Ce 25 novembre, toujours en meeting devant des militants ultra-fans, Nicolas Sarkozy a réitéré l’une de ses plus belles bêtises du moment, la révocation des accords de Schenghen. Il est comme cela Nicolas. Il peut nous sortir des énormités simplement pour le plaisir de se faire applaudir.

Ce soir-là, nous eûmes droit à ceci:

« Je ne crois plus à la possibilité de réformer le système (…). Il faut changer le système. Il faut sortir de Schengen (…) avant d’établir un deuxième Schengen.« 

Nous avons ri.

Mais ensuite, il enchaîna sur un questionnement de la loyauté républicaine des musulmans dans leur ensemble.

« Ne vous demandez pas ce que la République peut faire pour l’islam, mais ce que l’islam peut faire pour la République. »

Nicolas Sarkozy, bizarrement, n’avait pas le même questionnement sur les furibards de la Manif pour tous ni à l’encontre de ces neo-nazis capables de comparer notre Garde des Sceaux à un singe.

Nous avons pleuré.

Imaginez un meeting où Sarkozy aurait pris l’assemblée à témoin de la montée du racisme.

Imaginez.

Et bien, vous rêvez.

Juppé, la presse.

Lundi 17 novembre, quelques jours après la couverture des Inrocks sur Juppé, j’avais tenté d’expliquer pourquoi, selon moi, Alain Juppé risquait fort bien de perdre l’élection présidentielle de 2017.

Pourquoi Juppé va perdre

En peu de temps, il est devenu le chouchou des sondages, l’homme politique préféré des sondés, de gauche comme de droite. Nul besoin d’être un militant UMP ni un fin expert politique pour comprendre qu’Alain Juppé a peu de chances de gagner sa qualification à la candidature pour la prochaine élection présidentielle.

A moins qu’il ne change, et vite, de comportement et de tactique.

(lire la suite)

Mardi 18 novembre, Elie Arié avait réagit avec une analyse différente: « Entre un Alain Juppé rassurant qui s’est habilement positionné au centre droit (où il récupérera beaucoup d’électeurs non seulement centristes, mais aussi des déçus de François Hollande ) et un Nicolas Sarkozy anxiogène courant derrière l’électorat de Marine Le Pen qui ne l’ abandonnera pas , la cause semble entendue. « 

Vendredi, c’était comme si la presse toute entière s’était emparée du sujet à son tour: Le Monde consacre sa une de l’édition du 22 novembre sur les « fragilités d’une popularité record« . Cécile Cornudet, dans les Echos du 19 novembre, raconte « l’histoire d’un flirt » entre Juppé et la gauche . Vincent Tremollet, pour le Figaro, raille le « candidat des médias ». Emmanuel Berreta, dans le Point, s’amuse aussi de la popularité grandissante de Juppé à gauche.

Etc, etc.

Il y a un effet de bulle: à l’exception de quelques sondages ici ou là, autre illustration du caractère « virtuel » de la vie politique, chroniquer Alain Juppé aussi collectivement témoigne d’une distraction collective réelle. Un billet entraine un article d’un média qui entraine les autres… C’est commun.

Sur le fond de l’affaire, la presse la plus à droite surligne le centrisme de Juppé, pour mieux l’éloigner du coeur furibard de l’UMPFN. Juppé devient interchangeable avec Hollande, c’en est presque stupéfiant.

La résignation qui se cache derrière cette remarque de Claude Bartolone en est révélatrice:

«  L’idée mise en avant est : après tout s’il y a échec de la gauche, pour éviter Sarkozy et Le Pen, le bon vote utile, c’est Juppé . « 

Macron et sa retraite sans chapeau

Impossible de détester le garçon. Il est trop jeune, trop frais, trop souriant. Et pourquoi personnaliser la politique ? On la personnalise quand ses protagonistes la personnalisent.

Sarkozy l’a personnalisait. Il a tellement théatralisé, volontairement, sa vie, son oeuvre, son parcours, son destin, qu’il était nécessaire et salubre de le prendre sur ce terrain-là.

Emmanuel Macron a fait l’objet de critiques sur sa personne, son parcours, qui m’ont glacé. Quand on manque d’arguments contre les actes, on attaque l’homme. C’est triste, mais c’est un travers facile.

Il n’y a aucune espèce de chance qu’Emmanuel Macron conduise une politique de gauche, d’après votre serviteur. Je n’ai rien vu qui me fasse dire le contraire: aucune loi, aucune idée, aucune déclaration.

A un certain moment, on se raccroche à des faits et des actes.

Mercredi 19 novembre de l’an 14, Emmanuel Macron faisait la une des Echos comme ceci:

Je pouvais rire mais dire merci et chiche
J’ai pensé aussi à Sarko qui nous avait promis de réguler le capitalisme « financier« .

Clarifier les aides sociales ?

Il y a deux façons d’interpréter la récente décision de la Cour de Justice européenne sur les prestations sociales.  Pour mémoire, la dite institution a jugé le 11 novembre dernier que le « tourisme social », détestable expression utilisée malheureusement par le Monde, était prohibé.

« Dans un arrêt, publié mardi 11 novembre, la Cour de justice européenne établit un lien direct entre droit de séjour et droit à bénéficier des prestations sociales dans un pays. Elle énonce clairement le fait qu’un ressortissant d’un pays de l’Union ne respectant pas toutes les conditions ouvrant à un droit de séjour dans un autre pays européen peut s’y voir refuser des prestations sociales. » (source)

1. Cette décision devrait agacer ceux des eurosceptiques qui ne voient dans l’Europe qu’une gigantesque zone de non-droit favorisant l’immigration clandestine.
2. Cette décision devrait conforter ceux en France (du FN à l’UMP) qui veulent supprimer l’Aide Médicale d’Etat gratuite aux étrangers même clandestins. Sur le fond, la Cour européenne rappelle l’article 7, paragraphe 1, sous b), de la directive 2004/38, qui « cherche à empêcher que les citoyens de l’Union économiquement inactifs utilisent le système de protection sociale de l’Etat membre d’accueil pour financer leurs moyens d’existence. »

3. cette décision devrait heurter ceux qui, comme votre serviteur, espèrent un jour l’instauration d’un revenu minimal de subsistance, sans contrainte ni critère.