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ça fraude dur au Parti Radical, ou bien ?

Elle n’est pas contente. Rama Yade dénonce des fraudes massives pour la désignation du président du Parti Radical.

Mais que leur arrivent-ils ? Le centre-droit a-t-il aussi décidé de se saborder pour laisser place nette à Nicolas Sarkozy ?

La synthèse de ces fraudes fait notamment état de dates de naissance en 2027, de « 113 personnes âgées de 114 ans », de « 36 bébés de moins de deux ans », d’adhésions hors délai, de « l’apparition soudaine de centaines d’adhérents » notamment en Martinique, ou encore de paiements collectifs à partir du même ordinateur.

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On aurait tort de se désintéresser de ce qui se passe à droite, et surtout au centre, quand on est à gauche.  Veut-on laisser un boulevard à l’ineffable coupe Sarko/Le Pen ?

Ce sabordage du parti radical est inquiétant.

 

Contre le référendum

La dernière fois que j’ai du voter pour un référendum, c’était en 2005. Un texte volumineux, souvent illisible par le commun des mortels (dont moi), et sur lequel on m’avait demandé: oui ou non ?

J’avais voté oui, d’autres non, majoritaire. Et après ?

Ce court-circuitage de la représentation est séduisant, surtout quand cette dernière ne fait plus son job; quand la démocratie peine parce que le système manque d’oxygène (faible représentation des femmes, manque de proportionnelle, etc).

Mais quand même…

Quand j’ai entendu Sarkozy dimanche sortir l’idée du référendum comme « grande proposition » – la seule, d’ailleurs, un tant soit peu concrète dans ses 45 minutes d’entretien télévisé – je me suis demandé si nous ne vivions pas un mauvais film.

Et puis hier, trois jours plus tard, je lis ceci dans le Figaro.

Ô bonheur, nous ne sommes pas seuls.

Le référendum, un argument électoral trop beau pour être vrai

(…) Tactique politicienne pour renouer avec les Français ou réel sursaut démocratique dans un climat de crise et de perte de confiance entre les politiques et le peuple? Quoi qu’il en soit, Nicolas Sarkozy s’inscrit dans cette longue tradition qui consiste à promettre le pouvoir au peuple sans vraiment le lui donner. (…)

 

Sarkozy

Pourquoi l’antisarkozysme doit rester primaire

Puisqu’il est revenu, autant se fixer entre nous quelques règles.

Elles sont simples à résumer: Sarkozy nous fatigue , ce qui ne signifie pas que Hollande soit d’un coup réhabilité ni que Mélenchon a toutes ses chances.

Soyez raisonnables, soyons raisonnables.

1. Sarkozy est une abomination, certes dépassée par Marine Le Pen, mais une abomination sans pareille. Je ne dit pas cela par rancune personnelle. Pour l’avoir rencontré, Sarkozy est un homme charmant, un mari aimant. Nul besoin d’en rajouter sur les rancoeurs personnelles pour justifier une opposition politique. Mais Sarkozy est une abomination politique.

2. La gauche au pouvoir, dont la gauchitude est contestée par quelques experts, a échoué à convaincre le bon peuple qu’elle ferait bien et juste. Cela ne signifie pas que Sarkozy ferait mieux. Sarkozy est la pire nouvelle que la droite ait connue. Je n’ai jamais voté à droite,  sauf le 5 mai 2002. Ni la gauche ni la droite non-sarkozyste ne sont aussi primaires que Sarkozy lui-même.

3. Nicolas Sarkozy n’a aucune idée autre que sa survie politique. Cette vision de la politique mérite une opposition franche et primaire. C’est peut-être la plus brillante proposition politique qu’il n’ait eu depuis 7 ans, attendre le grand rassemblement pour incarner la suite, mais, pour l’heure, c’est décevant, on n’a pas grand chose à dire autre que tacler le bonhomme et ses manipulations.

4. La France souffre de maux distincts. La précarité est moins propagée qu’ailleurs en Europe (restons en Europe), car notre filet social fonctionne mieux qu’ailleurs en Europe. Pourtant, ce filet a des trous béants. Qu’on m’explique qu’il faudrait les agrandir pour « libérer les énergies » et la « compétitivité » me hérisse.

Sarkozy est forcément pire que Hollande sur ces thèmes. Pourquoi faudrait-il être plus clément, moins primaire qu’avant ?

Ces arguments « politiques » qui nous fatiguent

Il fallait faire un point de méthode. Certains arguments politiques fatiguent au point qu’on ne les écoute plus, ou que l’on ne doit plus les écouter sous peine de subir migraine et tourments inutiles.

Votre adversaire serait une « méchante personne »: menteur, violent, trompeur, antipathique que sais-je encore ? 

La récente publication de l’effroyable livre de Valérie Trierweiler a réactivé les commentaires sur la personnalité de François Hollande, davantage que sur son action politique.

Et certains ont cru rajouter sur le thème du « j’vous l’avais bien dit qu’il était pourri/menteur/tricheur ».

C’est terrifiant.

Les mêmes arguments ont été utilisés contre Mélenchon, ou d’autres. Confondre l’homme privé avec l’homme public est un rétrécissement de la pensée politique qui reste détestable et anti-démocratique. Cela participe de la présidentialisation du régime.

Combien de fois avez vous lu que Sarkozy, Mélenchon ou Hollande étaient de mauvaises personnes, comme s’il fallait conforter les désaccords politiques par des assertions sur les personnes ?

Il y a plein de gens de gauche que je déteste personnellement. Twitter, par exemple, m’en a amené des cohortes. Il y a quelques personnes de droite qui sont des amis proches et de belles personnes.

J’avoue, j’ai largement abusé de l’argument « psychologique »  à l’encontre de Nicolas Sarkozy. Non pas que je le déteste personnellement, mais c’est lui qui nous a emmené trop souvent sur ce terrain personnel.

A l’encontre d’autres figures politiques que je déteste (Le Pen) ou contre lesquelles je m’affronte (Juppé, Chirac, etc), jamais n’ai-je ressenti le besoin d’entrer sur ce terrain personnel.

La période actuelle est suffisamment éprouvante et incertaine pour qu’on s’épargne les déclarations péremptoires sur la psychologie ou le caractère des uns ou des autres. Les désaccords politiques suffisent amplement à alimenter nos échanges.

A bon entendeur…

Wauquiez, Montebourg de droite ?

Certains osent tout, c’est même à cela qu’on les reconnaît. Pour alimenter leur positionnement politique, ou, s’agissant de journaux, pour faire meubler des rubriques qui font les délices des dîners en ville, certains osent tout.

L’Express de la semaine compare ainsi, citations vachardes à l’appui, Laurent Wauquiez à Arnaud Montebourg. Ce rétrécissement de l’analyse politique n’est même plus surprenant. Wauquiez travaille effectivement son positionnement à coup de déclarations polémiques a la droite de la droite, de ses saillies contre le mariage pour tous aux attaques assez ignobles et peu politiques contre Christiane Taubira et Najat Vallaud-BELKACEM. Mais quel est donc son rapport avec Montebourg, lequel a toujours preféré l argumentation de fond sur des sujets sociaux- économiques à la stigmatisation individuelle et aux envolées sur les sujets sociétaux ?

Aucun.

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Quand Le Pen sera présidente

Elle s’y croit déjà.

Elle a oublié comment l’antisarkozysme a évincé Nicolas Sarkozy de l’Elysée. Elle l’a oublié. Car on réalise aujourd’hui que ce n’est pas Hollande qui a gagné, mais Sarkozy qui a perdu. Il suscitait suffisamment de rage, de haine, de rancoeur, de déception, pour se faire dégager sans peine.

Quelques sondeurs nous prédisent Le Pen en tête au premier tour, puis vainqueur au second d’une présidentielle qui n’aura lieu que dans 30 mois. C’est crétin, mais ça ambiance le militant UMP pour réactiver son réflexe bonapartiste.

Cela devait servir à stresser l’électeur déçu, pour qu’il rejoigne le vote utile. Mais cette période là est terminée.

Donc il nous reste cette possibilité politique, le face-à-face éparpillé avec Marine Le Pen.

« Et on fait quoi ? On ne fait rien ? » me demande régulièrement ma femme. Si, réponds-je.

On écrit, on débat, on cherche à convaincre.

Marine Le Pen suscite haines et de déchirures. Où la France, le rassemblement, la patrie quand c’est la haine qui vous unit ?  Son programme économique ne tient pas debout. L’entourage même de Marine Le Pen est constitué d’incapables assez incroyables. Observez avec attention les premiers de ces maires frontistes.

Tout ceci ne suffira pas, bien sûr.

Mais tout de même.