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Un récent sondage donne DSK vainqueur contre Sarkozy au second tour de l’élection présidentielle. Evidemment, ce n’est qu’un sondage. Il a été réalisé par l’institut CSA, propriété de Vincent Bolloré. On ne fera pas l’affront de penser que l’ami du Monarque de l’Elysée a fait exprès de sortir un tel sondage à mi-mandat de Sarkozy. On se demande également si ce sondage, comme une bonne centaine d’autres l’an passé, a été financé par la Présidence de la République.
DSK, meilleur candidat de la gauche en 2012 ? Honnêtement, je m’en fiche un peu. S’il est en “situation”, je voterai pour lui. Je serai seul à la maison à procéder ainsi. DSK traîne avec lui un réputation de coureur invétéré qui heurte ma chère et tendre. DSK président … des hommes ?
Coïncidence, le patron du FMI venait de déclarer officiellement son inquiétude devant l’augmentation du salaire minimum en Ukhraine : + 11 % au 1er novembre, soit … une dizaine d’euros. Pour un éventuel futur candidat de la gauche, ça fait désordre.
En fait, nous n’avons rien compris. DSK est le meilleur opposant de droite à Nicolas Sarkozy.
Honnêtement, je ne suis même plus sûr que DSK puisse se trouver “en situation” d’être au second tour. Le Parti Socialiste doit s’habituer à l’idée qu’il n’est plus hégémonique à gauche. Noël Mamère livre une très intéressante interview au journal Le Monde ce week-end. Il défend quelques idées simples : les écologistes n’ont pas à servir de strapontin à François Bayrou. C’est sans doute vrai. Rien n’empêche de discuter. Bayrou cherche une “alternance”, les écolos revendiquent une “alternative”. Autre message, une partie de la gauche est rétrograde. Les socialistes doivent réfléchir à cette idée: ils sont “aux fraises” en matière d’écologie. Faire affronter l’enjeu social et l’enjeu environnemental est stupide. Je comprends que certains, à gauche, aient du mal à se faire à l’idée qu’il va falloir changer de système. Ils venaient tous juste d’accepter l’idée que l’économie de marché est un horizon indépassable. C’est juste faux. L’économie de marché est un concept inexistant, une espèce d’état de “nature” occidentale qui a pollué la planète entière.
Evidemment, il faut parfois protéger les écolos contre eux-mêmes: à vouloir sauver ce qu’il reste de notre planète, ils en oublient les fragiles. la polémique sur la taxe carbone a laissé des traces. Mais cette dispute était un épiphénomène. L’énervement est ailleurs: les Verts sont peu nombreux, et l’écologie est un thème encore trop “bobos” pour convaincre le plus grand nombre.
Noël Mamère a raison sur un point : le PS n’étant plus populaire, le camp écologiste est largement en mesure de l’évincer de sa place de leader auprès de l’électorat qui lui reste fidèle.
Le quotidien de Sarkofrance s’inquiète des écolos trop radicaux. Quand Nicolas Hulot livre sa dernière oeuvre, un documentaire co-réalisé avec XX qui est sorti en salles mercredi dernier, sa dénonciation de la société de consommation et des inégalités Nord-Sud sont trop radicales pour le Figaro. Il fallait “démonter” l’icône médiatique de la soft-écologie française. Ce fut chose faite dès mercredi, dans un portrait écrit par Natcha Polony pour le Figaro.
“Nicolas Hulot ne fait plus sourire, et Le Syndrome du Titanic – titre de son film qui sort mercredi dans les salles – n’est pas la version pour grand écran de ses émissions de TF1, tableaux chatoyants d’une nature généreuse et méconnue, mais une charge lyrique et violente contre le monde tel qu’il va. Un réquisitoire coup de poing, aux accents de prophétie noire. Le parfait contre-emploi. Peut-on passer impunément du statut de vedette d’une chaîne privée, spécialiste du grand spectacle populaire, à celui de héraut d’une écologie militante aux allures de contestation virulente ? Métamorphose ou cheminement, Nicolas Hulot a franchi un pas. Et pris le risque du malentendu.”
La journaliste n’a pas tort, Nicolas Hulot tente d’adapter son message aux audiences qui l’écoutent. Il tend la main aux entreprises, mais veut secouer les consciences. Il accepte les petits pas d’un Sarko, soutient le nucléaire, mais revendique timidement une forme de décroissance.
«C’est un problème de vocabulaire, rectifie-t-il. Je ne rejette pas en bloc le système. Je suis contre le capitalisme sauvage, qui nous mène à la catastrophe. Tout comme l’est le G20 quand il réglemente – grâce à Sarkozy – les paradis fiscaux. L’exemple de ce qu’il faut faire, c’est le paquet énergie-climat : une croissance-décroissance sélective en fonction des flux, et une utilisation intelligente de la technique. Le problème se complexifie, il faut donc s’adapter sans dogmatisme.»
Le discours de Hulot reste bancale. Nul besoin d’être un franc écolo pour le constater. Les problèmes ne sont pas complexes, ce sont les solutions qui le sont. Hulot tente coût que coûte de rester “neutre mais engagé”, un positionnement fumeux qu’il lui faudra un jour trancher.
Le Figaro explique, sous la plume de Judith Waintraub, comment l’UMP cherche “à promouvoir une écologie de droite”. Et de leur côté, les écologistes ont toujours souhaité dépasser les clivages droite-gauche à un moment ou à un autre de leurs péripéties politiques.
Chez les écolos, les motifs d’engagement politique dépassent le cadre national et évidemment local. La lutte contre le réchauffement climatique, la pollution des sols, la disparition des espèces, l’asservissement des pays du Sud, sont des enjeux qui peuvent fragiliser le positionnement politique des écologistes. Il suffit qu’un gouvernement de droite leur (nous) donne un hochet (par exemple une taxe carbone ou un Grenelle), qu’une opposition de gauche “classique” reste un tant soit peu méprisante, et voici que la tentation de franchir le Rubicon ressurgit. On se dit, “tiens, c’est déjà ça de gagner !” On a tort, mais la politique n’est jamais gouvernée uniquement par des actes de raison. Cécile Duflot, dimanche dernier sur Canal+, a eu des mots justes pour critiquer la taxe carbone sarkozyenne : on nous donne un peu pour ne pas faire plus.
Nicolas Hulot est un bel exemple d’une certaine schizophrénie écologiste qui hésite entre de petites avancées (cf. sa réaction favorable à la taxe carbone) et une grosse révolution. Son récent documentaire, “Le Syndrome du Titanic” est un brulot audiovisuel révolutionnaire inachevé: il ne parle pas de plancton à protéger ou de forêts à restaurer. Il montre les ravages et l’absurdité de la surconsommation occidentale. De jeunes Nigérians démontant à coups de marteaux des ordinateurs obsolètes, respirant la fumée toxique des déchets avoisinants; des Chinois entassés dans des lits grillagés dans les faubourgs de Hong-Kong. Des mendiants par centaines dormant dans les rues de Los Angeles. Le doc est inachevé car, comme le dit Cohn-Bendit, il ne dénonce personne.
Après un succès électoral, la tentation de l’isolement revient également chez les Verts. Depuis les élections de juin, les partisans d’Europe Ecologie essaient de réorganiser l’espace politique à leur avantage. C’est bien légitime. A un PS moribond qui refuse la concurrence pour les régionales, la coalition verte veut confirmer son poids politique.
Ses péripéties ne doivent pas faire oublier l’essentiel. L’écologie politique est une rupture qui s’accommode mal de la croissance capitaliste et de l’économie de marché vue de l’Elysée.Chantal Jouanno, le secrétaire d’Etat à l’écologie, a paraît-il pondu 5 pages d’arguments pour son parti pour expliquer que «l’UMP et les Verts, les deux seules formations à avoir placé l’écologie en tête de leurs priorités, ont les mêmes objectifs, mais pas les mêmes fondamentaux». «À droite, ce sont toujours les valeurs de liberté, de libre choix et de travail qui fondent notre vision de l’écologie, sans oublier l’indépendance nationale, que nous refusons de sacrifier en renonçant au nucléaire.. Les Verts, eux, sont pour la décroissance et contre l’interdiction de tout progrès.» Si Mme Jouanno est capable d’écrire d’aussi belles bétises, laissons-là à ses vaines tentatives.
L’écologie est à gauche, dans la simple mesure où elle doit casser un modèle qui asservit l’Homme, et sa planète. Et ça, la galaxie UMP aura bien du mal à le cacher.






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