Mes proches sont précaires

Sans entrer dans le détail de ma vie professionnelle qui n’intéresse que les Renseignements Généraux et moi-même, je n’ai jamais autant bossé, mais mes amis n’ont jamais été aussi précaires.

Un copain, de 5 ans mon aîné, cherche son job d’après depuis un an. Sa boîte a fermé. Micro-PME dans le grand monde de la culture. Famille à charge, mais le garçon est solide, méthodique.

Un copain, de 10 mois mon aîné, travailleur social, vient de se faire virer en période d’essai. Un centre en province, une famille déplacée. Il faut repartir. “Reviens à Paris” lui ai-je conseillé. Le secteur social n’a de social que la mission

Un collègue, journaliste intermittent, voit son contrat se terminer. “Un contrat de saison.” Il cherche son employeur de septembre.

Un copain, “entrepreneur” depuis 8 ans, dans le disque. Il lutte contre les grosses méchantes majors. Comment (sur)vivre ? Faut-il finalement vendre ? “Oui” lui conseillais-je.

Un copain, endetté par le lancement d’un nouveau commerce, se demande depuis 5 mois comment réduire son trou de trésorerie de 30 000 euros à la banque du coin. Petit commerce de proximité, frappé de plein fouet par la morosité ambiante, un petit Sarko au pouvoir qui nous généralise les soldes (du surmesure pour la grande distribution), un troisième choc pétrolier

Trois exemples, trois proximités, trois précarités sans doute ponctuelles (tous rebondiront).

Plusbtard, je serai libraire. Au moins, le livre est à prix unique.

On t’a pas prévenu ? La loi de Modernisation de l’Economie vient de changer tout cela. Au bout d’un an, les livres peuvent être soldés.”

Merde. On ne m’avait pas prévenu que l’autre con allait jusqu’à dérouter mes petits plans personnels.

Nous sommes tous un précaire en puissance.

Retraites : 5 contre-propositions de FO

Pour financer les retraites, Force Ouvriere a émis 5 propositions (source Le Figaro du 28 février). La première est a la fois evidente et illusoire: si les entreprises augmentaient les salaires, davantage de cotisations rentreraient.
La seconde rappelle que le déficit du régime des retraites est aussi une histoire de tartuferie comptable. FO demande a l’Etat qu’il compense intégralement les éxonerations de charges.
La troisième proposition est une hausse des prélèvements (augmenter d’un point la cotisation vieillesse plafonnée). Elle rencherit le cout du travail, est-ce bien le moment ?
La quatrième et la cinquième participent de la justice sociale : instaurer une taxe de 3% sur les bénéfices non réinvestis, et soumettre a cotisations l’épargne salariale, les plus values sur stock options, la participation et l’intéressement.

Qui dit mieux ?

Cop Watching

La police française fait d’habitude preuve de retenue. Et oui, habituellement, malgré des bavures que l’on peut regretter, notre police est plutôt calme par rapport à sa consoeur américaine. La diffusion de tracts appelant à la délation rémunérée ces derniers jours à Villiers Le Bel est une première dans l’histoire de notre République. Triste période. A la Génération Délation, faut il encourager le Cop Watching”, qui s’est développé aux Etats Unis : cela consiste à filmer les patrouilles policières et vérifier leur (bon) comportement, preuves video à l’appui. Des sites français, tels RESISTONS, en donnent le mode d’emploi :


Nous sommes un groupe d’habitant-es des étudiants , des salarié-es qui sont choqué-es par l’escalade de la conduite, du harcèlement et de la brutalité de police ces dernières années.

Nous nous sommes joints ensemble pour lutter pour nos droits et les droits de habitant-sont de nos quartiers, en prenant la décision Collective de surveiller directement la conduite et les comportements répressifs de la police.

C’est exact pour cela Nous marcherons ensembles dans les rues et observerons la police.

Bien qu’il soit important de résister à la brutalité de police en déposant des plaintes (dans les cours de justice) ou en témoignant par exemple pour la France (devant un procureur, car devant l’Igs inspection générale des service peu de plainte contre les violences aboutissent), nous croyons qu’il est crucial d’êtres présent-es de maniéres VISIBLES dans les rues pour surveiller les comportements violents (ou racistes) de la police

Il faut que la police sache que LES POPULATIONS DES QUARTIERS les jugerons responsables de leurs comportements.

En tant que Cop Watch Nous habitant-es volontaires de nos quartiers nous venons de tout les milieux sociaux, d’organisations politique ou non , d’organisations syndicales , associatives , de défense des droits humain Ce que nous partageons tous-tes c’ est la croyance que la participation des habitant-es de nos quartier ,à ces questions sur la surveillance de la police est une première étape cruciale vers établir un mouvement qui est capable d’arrêter la violence de la police et de son rôle plus en plus puissant dans le contrôle social et global , de toute notre société.

Si vous avez été une victime d’abus de la police, les témoins de violences policières le sont souvent eux-elles aussi ne l’oublions pas (les pressions de la police sur des témoins de violences policières sont loin d’êtres des allégations mensongères comme le disent si souvent la hiérarchie de celle-ci).

aussi en paralélle a la formation de votre groupe COPWATCH. Il faut savoir que vous aurez toujours besoins de soutiens d’avocat-es d’auteurs, chercheurs, artistes, militant-es syndicaux , politiques, associatifs-ves de votre quartier , le fait de créer un Cop Watch ne peut jamais se faire Seul ( c’est bien trop dangereux juridiquement avec des lois sécuritaires et totalement liberticides votées ces dernières années comme la Lsq , la Lsi , ou celles dites Perben 2 qui criminalisent tout types d’actions sociales, un tant soit peu radicales ou sortant du train train de la manifestation déposée et autorisée ) mais en groupe solidaires et déterminés

Policiers, à bon entendeur… salut !

Création du Réseau Emploi Formation Insertion

Des salariés du service public ont décidé de créer le Réseau Emploi Formation Insertion, en signe de protestation contre la chasse aux sans-papiers qui mobilisent les administrations françaises, sous l’égide du Ministère de l’Identité Nationale.

Nous sommes des salariés des services publics : ANPE, Assedic, DDTEFP, ou encore d’associations, d’organismes de formation, nous refusons de collaborer à la chasse à l’étranger qui s’est instauré dans ce pays.

Dans une ANPE du département du Rhône, l’un de nos collègues a été confronté à une situation insupportable : il devait signaler, à la police de l’Air et des Frontières, l’arrivée d’une personne étrangère qui avait été convoquée, à son insu, sur ses plages de rendez-vous.

Malaise… Heureusement, ce jour là, la personne n’est pas venue.

Depuis, nous nous parlons, nous échangeons, il n’est pas question de nous taire, nous ne voulons ni être acteur, ni complice de ce genre de situations qui nous font penser aux pires périodes de notre histoire.

Notre mission c’est l’emploi, la formation, l’insertion, ce n’est pas le contrôle des papiers des étrangers, et encore moins la délation.

Pourtant de nouveaux textes, directives risquent de multiplier ces graves atteintes à notre déontologie.

Nous avons donc décidé de nous organiser et de résister collectivement en créant : LE RESEAU EMPLOI FORMATION INSERTION.

Merci à RESF pour l’information.

Keny Arkana: la rage au quotidien

Le 8 décembre, la manif des précaires

ActuChômage nous rappelle cette manifestation: “ Soutenue par AC-Le-Feu, Attac, Droits devant, le DAL, le SNU et SUD-ANPE, la CNT, le CIP-IdF, la LCR et la JCR, la Fondation Copernic (entre autres…), elle comprendra une délégation d’une cinquantaine de chômeurs européens”

La Scientologie n’est pas morte

J’habite le 18ème arrondissement de Paris. 20 minutes de vélo du siège de la Scientologie (basée rue Legendre, Paris 17ème). J’ai reçu ce soir un trac de cette secte. “Qu’est ce que la Scientologie ? Pourquoi est-ce une religion ? Qu’est ce qu’elle apporte aux gens ?”

Le coupon m’invite à venir en couple voir un film de présentation avec l’unique interview filmée du fondateur Ron Hubbard.

Les warnings s’allument.  Cette secte est un danger.. Que faut il attendre de plus pour qu’elle soit interdite ?

Question de vocabulaire

Un débat fait rage sur l’usage, abusif pour certains, du terme “rafle” pour désigner les interpellations de sans papier par les forces de police.

Rafle, nom féminin
 
Sens 1 Arrestations massives faites à limproviste par la police. Synonyme coup Anglais raid
Sens 2 Fait de rafler. Anglais raid
Sens 3 Axe central dun épi de maïs ou d‘une grappe de raisin [Botanique].

Ce terme évoquerait les rafles opérées par la police française entre 1940 et 1944 à l’encontre des juifs.

Premièrement, si l’on observe l’évolution du vocabulaire politique, un premier ministre a récemment utilisé le terme de “détail” pour désigner les tests ADN -désormais facultatifs- pour le regroupement familial (l’auteur de ce blog en a été choqué); la droite aime fustiger les grévistes des transports et plaindre “les usagers  pris en otage” (n’est-ce pas Yves Jego ?).

Deuxièmement, les interpellations ressemblent de plus à plus à des rafles : la police n’enquête plus, elle fait du chiffre. Et pour débusquer les clandestins, tous les moyens sont bons : mairies, inspecteurs du travail, fichiers de l’ANPE, Education nationale, soupes populaires, tests ADN, fichage, etc. Les anecdotes sont nombreuses et terribles. Ces pressions provoquent des bavures et défenestrations du désespoir.

Alors, rafles ou pas rafles ?

Rafle.

Mais pourquoi veulent elles bosser ?

Tout le monde le sait.

Tout le monde le dit, le constate.

Rien n’y fait.

En France, en 2007, 8 femmes sur 10 entre 25 et 49 ans travaillent. La France est même le pays européen où le taux d’activité des femmes est le plus élevé : 47%. C’est bien, me direz vous.

Mais leur taux de chômage est de 2 points supérieur à celui des hommes. 82% des travailleurs à temps partiel sont des femmes. 80% des travaux domestiques sont assumées par des femmes. 80% des familles monoparentales ont des femmes comme chef de famille.

Bref, avant les inégalités de rémunérations (salaires, retraites), les femmes en France souffrent davantage que les hommes du travail précaire.

Selon Françoise Milewski (économiste et rédactrice en chef de La Lettre de l’OFCE), les inégalités entre les hommes et les femmes sont à l’origine de la précarité pour les femmes. Unefemme qui bosse est précaire parce qu’elle est femme : on lui réserve les tâches ménagères, le soin des enfants. La maternité crée ces ruptures temporaires de contrats qui gêne une carrière.

Son analyse.

« La précarité, vécue ou potentielle, peut être définie comme des situations d’instabilité et de discontinuité, imposées ou « choisies » sous contrainte. Ce sont les ruptures de parcours, professionnels et personnels, qui créent la précarité ou son risque. Quand les caractéristiques des emplois occupés témoignent d’une relation instable au marché du travail (contrats à durée déterminée, dispositifs de la politique de l’emploi, etc.) ou stable dans le sous-emploi (temps partiels imposés), les femmes peuvent basculer vers la précarité, tout particulièrement après une rupture conjugale, car se cumulent plusieurs facteurs défavorables. Elles peuvent même tomber dans la pauvreté, quand, sans emploi stable ou parce qu’elles occupent des emplois mal rémunérés, elles ont des charges de famille. Mais la précarité ne se réduit pas à la pauvreté. Ce sont les notions d’instabilité, de trajectoires professionnelles, de ruptures de parcours, de fragilité de l’insertion et de difficultés de réinsertion qui sont essentielles. »

Un portail pour l’emploi des femmes s’est récemment créé : lancé début septembre, le site www.femmes-emploi.fr veut répondre aux questions que se posent les femmes dans leur rapport quotidien à l’emploi. On y trouve fiches pratiques, témoignages, conseils et expertises. Les témoignages sont éloquents.

Allez-y mesdames.

Et messieurs.

Squatteurs expulsés

Jeudi 6 septembre 2007 à 15 heures, les forces de l’ordre ont mobilisé pas moins de 12 cars de CRS pour expulser 45 étudiants précaires d’un immeuble de bureaux vides appartenant à Europa Meridional, un fonds de pension espagnol.

Avant même le passage d’un huissier et sans attendre nos avocats, sans aucune ordonnance d’expulsion, la préfecture a ordonné arbitrairement l’expulsion. En off, le commissaire divisionnaire du commissariat du XVIème a admis que « c’est inhabituel, c’est clairement politique ». Il a même déclaré aux étudiants avoir pour ordre « d’expulser pour constater la dégradation de la serrure ». Drôle de motif, n’est-ce pas ?