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Diificile d’échapper à la grippe A.

Tous mes amis témoignent de la présence du la grippe à leur boulot; les consignes parviennent: remplacement des savons, des rouleaux d’essuie-main, stockage de masques, définition de plans de continuité d’activité. Dans les discussions, on se rassure.

“C’est une grippe. On ne va pas stresser pour autant”.

“C’est du vacarme gouvernemental”

“De toutes façons, avec les millions de vaccins produits, les labos ont intérêt à ce que la psychose dure tout l’hiver”.

“Elle me fait penser à la grippe espagnole de 1918.”

A l’école, les petites racailles me donnent un prospectus d’information.

Une collègue revient un peu fatiguée de vacances, mais soulagée. “J’ai eu la grippe A cet été, à Barcelone”. Je m’interroge. “Le médecin en est sûr à 97%: toux, oppression du thorax, grosse fièvre, courbature. Elle a duré 4 jours. Aspirine interdite.

Une classe de lycée vient d’être fermée dans le Val de Marne voisin. 24 heures après la rentrée des classes.

En lisant la presse cette semaine, j’ai pensé à la mort.

Difficile de voir un loi tant attendue défendue par l’ennemi public n°1. La loi Hadopi suscite tous les débats, génère toutes les bêtises, assemble toutes les coalitions. Elle a été votée hier à l’Assemblée, passe au Sénat désormais. Ce débat s’est très tôt focalisé sur le piratage. Aux mesures coercitives, des ligues pro-pirates se sont créées. Comment en est-on arrivé à prendre Barbe Noire plutôt que Robin des Bois comme modèle de résistance ?

Contre Hadopi, on a entendu plusieurs types d’arguments. Excusez-moi de caricaturer un débat déjà si caricaturé.

Primo, la loi serait liberticide. Elle permettrait à un monstre administratif de nous ficher, de nous suspendre l’accès Internet, et donc, comme nous sommes tous des abonnés “triple-play“, de nous priver de téléphone. Quoi ?! Priver de surf nocturne ?! Vous avez raison. C’est vraiment grave. Un peu de sérieux svp ; ça ressemble à une révolte de bobos décomplexés.

Deuxio, il paraît qu’il vaudrait mieux une espèce de licence globale, un joli forfait mensuel que chaque internaute, qu’il télécharge ou pas, paierait bien volontiers, et qui lui permettrait ensuite de télécharger à volonté.Bravo ! Belle idée. Le buffet “All-you-can-eat“. On n’avait pas fait mieux depuis Campanile et les restau-routes. A titre personnel, il m’est toujours difficile d’entendre des “gens de gauche” défendre une TVA culturelle.

Tertio, le secteur culturel n’aurait rien compris à l’avenir, la gratuité serait inéluctable, le contrôle serait impossible. A titre personnel toujours, j’ai rarement entendu la gauche s’abriter derrière l’argument libéral habituel du “on n’y peut rien, le monde change.“Aux artistes d’avant-garde qui se prononcent contre HADOPI, n’hésitez pas: donnez vos œuvres ! Autre choix, on nous propose aussi le modèle Deezer. Certains amis producteurs indépendants, qui ne vendent pas de la musique à la tonne, vous expliqueront que Deezer est la killer-application qui flinguera la musique payante en ligne : gratuite, à la demande, et… avec une rémunération dérisoire pour ayant-droits. Qui dit mieux ?

Quarto, certains pro-Hadopi suggèrent qu’il faut inventer autre chose que de faire payer à l’usage. Il serait “de gauche” de provoquer la discussion sur les moyens alternatifs de financer la création. Ne nous gênons pas. On pourrait taxer les FAI (c’est déjà fait), ce qui équivaut, une fois encore, à une TVA culturelle. L’œuvre qui est visionnée davantage doit elle être mieux rémunérée ? Celui qui télécharge beaucoup ne devrait-il pas payé davantage, toutes choses égales par ailleurs ?

Enfin, aller au cinéma serait trop cher (très certainement), acheter des DVD également (sans doute). Pourtant, louer un film récent en VOD coûte, en plein tarif, quelque 5 euros le visionnage. Evidemment, c’est plus cher que gratuit. Concernant la musique en ligne, la chanson est à 99 centimes, et on peut même en écouter 20 secondes avant de choisir.

Hadopi n’est peut être pas parfait. Mais aucune mesure alternative crédible, viable et légitime n’est présentée.

Lundi, deux labels indépendants ont signé une tribune dans Libération, suivi par une foule de leurs confrères. “Hadopi, la création sacrifiée.”

Ils expliquaient simplement leur réalité, de façon lucide, concrète et généreuse.

Photo 99

Julien Dray est sorti de son silence. Dimanche dernier, il s’étonnait que la justice soit si lente. De nombreuses “révélations” ont parsemées les colonnes de la presse depuis décembre dernier. Nous nous étions déjà étonnés de la publication de la perquisition de son domicile, par un journaliste du Monde.fr, quelques minutes avant qu’elle ne commence. Pourtant, Julien Dray n’a toujours aucune information sur le dossier…

Le Nouvel Obs s’attarde sur “la belle cravate” Hermès que l’élu socialiste porte sur la photo. Sur Europe 1, le talentueux Nicolas Canteloup le brocarde généreusement sur son goût pour les montres. Comme l’explique très bien Intox2007, l’enquête sur Dray, si enquête il y a, est “à charge” et la procédure, faute d’informations, n’est pas contradictoire. C’est l’ère du soupçon, de la calomnie, des petites bassesses en tous genres. Comment porter la contradiction que la justice ne garantit plus ?

Les supporteurs du Président expliquent depuis près de 18 mois que leur chef est victime d’acharnement. Il est vrai que, sur le Net en particulier, notre monarque provoque le buzz. Le jour même de son second anniversaire à l’Elysée, il avait invité les patrons du Nouvel Obs (un déjeuner avec le président, ça ne se refuse pas !). Sarkozy s’est montré serein, et indifférent aux critiques et railleries dont il fait l’objet dans les médias.

Pourtant, on voit bien que notre Etat vit sous contrôle. Un contrôle larvé, qui repose sur un paquet d’autocensure, de pressions directes, de menaces indirectes. Sarkozy n’en a pas l’apanage. Dans les dernières heures de la Mitterandie au pouvoir, un certain ministre du budget fumeur de cigare s’amusait à lancer ici ou là quelques contrôles fiscaux.

Mais de nos jours, l’entreprise de contrôle est massive. L’audiovisuel public est remanié. La presse écrite, exsangue, est achetée à coup de campagnes de publicité. Regardez l’affaire Richard (nous y reviendrons demain sur Sarkofrance): un dircab file à France Télécom, et c’est silence radio. L’opérateur public est un annonceur géant.

Je ne réclame aucun droit à la “calomnie tranquille“, mais simplement celui de porter la contradiction, de clarifier les débats, de défier l’agenda.

En écrivant ces lignes, comme d’autres, je pense à ces journalistes et blogueurs, anonymes ou pas, mais vigilants toujours.

Où seront ils demain ?

 

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