Mes proches sont précaires
25 juin 2008 — sarkofranceSans entrer dans le détail de ma vie professionnelle qui n’intéresse que les Renseignements Généraux et moi-même, je n’ai jamais autant bossé, mais mes amis n’ont jamais été aussi précaires.
Un copain, de 5 ans mon aîné, cherche son job d’après depuis un an. Sa boîte a fermé. Micro-PME dans le grand monde de la culture. Famille à charge, mais le garçon est solide, méthodique.
Un copain, de 10 mois mon aîné, travailleur social, vient de se faire virer en période d’essai. Un centre en province, une famille déplacée. Il faut repartir. “Reviens à Paris” lui ai-je conseillé. Le secteur social n’a de social que la mission
Un collègue, journaliste intermittent, voit son contrat se terminer. “Un contrat de saison.” Il cherche son employeur de septembre.
Un copain, “entrepreneur” depuis 8 ans, dans le disque. Il lutte contre les grosses méchantes majors. Comment (sur)vivre ? Faut-il finalement vendre ? “Oui” lui conseillais-je.
Un copain, endetté par le lancement d’un nouveau commerce, se demande depuis 5 mois comment réduire son trou de trésorerie de 30 000 euros à la banque du coin. Petit commerce de proximité, frappé de plein fouet par la morosité ambiante, un petit Sarko au pouvoir qui nous généralise les soldes (du surmesure pour la grande distribution), un troisième choc pétrolier
Trois exemples, trois proximités, trois précarités sans doute ponctuelles (tous rebondiront).
Plusbtard, je serai libraire. Au moins, le livre est à prix unique.
“On t’a pas prévenu ? La loi de Modernisation de l’Economie vient de changer tout cela. Au bout d’un an, les livres peuvent être soldés.”
Merde. On ne m’avait pas prévenu que l’autre con allait jusqu’à dérouter mes petits plans personnels.
Nous sommes tous un précaire en puissance.
