Pourquoi j’aime Aurélie Filippetti

Elle fut Verte, elle a choisi Ségolène Royal, c’est une femme, elle est élue députée, elle a rejoint ses racines.

Ces  5 mentions suffisent, peut-être à tort, à trouver grâce à mes yeux. Aurélie Filippetti dénonce les profits de Mittal qui licencie à Arcelor, elle est aux côtés des salariés de Gandrange. Surtout, Aurélie n’oublie pas la vigilance à l’égard du Président, elle se souvient qu’elle fut son combat. Là où d’autres ont franchi le rubicon, ou aimeraient le franchir.

Publicités

L’anti-sarkozysme ne peut pas être anti-démocratique

Il y a quelques semaines, j’avais été tétanisé en écoutant France Culture. Alain Badiou y expliquait son mépris de la démocratie occidentale: «Tout le monde voit que la démocratie électorale n’est pas un espace de choix réel» explique-t-il dans son ouvrage « De quoi Sarkozy est-il le nom ?« . Ou encore: « Le suffrage universel serait la seule chose qu’on aurait à respecter indépendamment de ce qu’il produit? Et pourquoi donc? » En gros, Alain Badiou veut nous faire croire le système électoral, basé sur le suffrage universel, est le vrai problème. Sarkozy n’en est qu’une illustration, une caricature.

«Entre nous, ce n’est pas parce qu’un président est élu que, pour des gens d’expérience comme nous, il se passe quelque chose. J’en ai assez dit sur le vote pour que vous sachiez que s’il s’est en effet passé quelque chose, on ne trouvera pas ce dont il s’agit dans le registre de la pure succession électorale. […]

On s’expérimente un peu aveugle, légèrement incertain, et finalement quelque peu dépressif. Oui, chers amis, je flaire dans cette salle une odeur de dépression. Je pose alors que Sarkozy à lui seul ne saurait vous déprimer, quand même ! Donc, ce qui vous déprime, c’est ce dont Sarkozy est le nom. Voilà de quoi nous retenir : la venue de ce dont Sarkozy est le nom, vous la ressentez comme un coup que cette chose vous porte, la chose probablement immonde dont le petit Sarkozy est le serviteur.»

Je m’imaginai revenir en 1947, quand les staliniens de tous bords expliquaient à mes grands parents que les démocraties occidentales ne défendaient que des libertés bourgeoises. Je suis sans aucun doute un « social-traître« , quelqu’un qui serait resté « la grande maison » comme Léon Blum. J’étais à Prague quelques mois après l’effondrement du régime communiste, en février 1990. Vaclav Havel est une icône.

Alain Badiou n’est pas seul: « Le philosophe slovène Slavoj Zizek, star des campus américains et habitué des blagues provocatrices, va encore plus loin en estimant que seule «la violence populaire» permettra aux classes défavorisées de se faire entendre dans des démocraties libérales. » (source)

La vigilance anti-sarkozyste, la critique contre la monarchisation du régime, la défense de la liberté d’informer sont autant de combats que nous ne devons pas laisser aux héritiers du stalinisme.

Alain Badiou a-t-il vu LA VIE DES AUTRES ?

infréCANtable

Yann Barthès, dans son Petit Journal sur CANAL+, exhibe avec délectation le menu du dîner du CRIF, avec, verso, les annotations de Nicolas Sarkozy lui-même !

A voir ici. 

Mes photos de Sarkozy

img_4207.jpg

img_4216.jpg

J’ai rencontré Nicolas Sarkozy

C’était une fin d’après midi. Il fallut patienter un peu. le Président recevait une corporation en colère. Nous attendîmes dehors, sur le trottoir. Certains fumaient. Puis un policier énergique, agacé par la désinvolture du groupe d’invités, nous ordonna de nous ranger en rang sur le trottoir pour le contrôle des invitations. j’avais la mienne.

invit-sarkozy-juan.jpg

Nous traversons la cour de l’Elysée. A gauche, derrière l’escalier qui monte aux appartements présidentiels, certains déposent leur manteau au vestiaire, en échange d’un jeton métallique. Nous repartons à droite de l’entrée, dans un première anti-chambre tapissée, puis une seconde, avant d’arriver une pièce plus large, buffet au fonds. Un ami me charrie sur ma tenue: « le message est clair ! »

Un majordome nous demande de nous placer sur un demi-cercle. « Le Président va arriver« .

Derrière un rideau, Nicolas Sarkozy arrive. Il est cerné, fatigué, souriant. Cela fait 9 mois, jour pour jour, que je chronique son action. Le voir là, à 3 mètres, anonyme. C’est surprenant et banal. A force de la voir, je ne suis pas surpris. Ses bons mots sont attendus. Il cherche à séduire son assistance, très simplement.

Michèle Alliot-Marie était là depuis quelques instants. Sarkozy demande spontanément aux deux enfants présents de s’approcher. « Tu veux venir ? » « Allez, viens. »

Puis il fait son discours. Pour l’auteur de ce blog, qui écoute deux à trois discours de Sarkozy chaque semaine, le Président apparaît fidèle à son habitude. Il lit avec application son texte. Certaines expressions sont effarantes, comme celle-ci :

Un lapsus déclenche l’hilarité de la salle : « vous qui n’avez pas jamais été gêné par l’argent.. euh… (rires)… Là, j’entends boum boum… (rires) l’argent… » Il reprend: « vous qui n’avez jamais été gêné par le manque d’argent… C’est mieux là ?« . Et il poursuit.

sarkozy-sarkofrance-2.jpg

Une fois le discours terminé, il salut les membres de l’assistance qu’il reconnaît. Je m’écarte assez vite. Il serre les mains comme des trophées qu’on lui tendrait. Il est simple et direct. Je ne souhaite pas en être. Nul besoin de se présenter. Le Président s’éclipse. Je fais durer le plaisir en téléphonant dans la cour de l’Elysée pendant 30 minutes. Seul.

Sarkozy est déjà remonté.

Seul.