J’ai rencontré Nabil Ayouch

Nabil sait que je tiens un blog. Mais il ne sait pas lequel. Quelques semaines après l’élection de Nicolas Sarkozy, nous avons eu des discussions animées. Nabil Ayouch est réalisateur, et producteur. Mère juive Française, père musulman marocain. Nabil est doux, déterminé, brillant.

Son dernier film vient de sortir: « Whatever Lola wants. » Musique envoutante, actrice fascinante, film oecuménique.

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Traîtres et fiers de l’être

J’avoue.

J’ai connu des proches qui ont changé de bord. Mes amis « de droite » me charrient volontiers. « Tu changeras. » Ils me le disaient il y a 20 ans, quand j »étais trotskyste tendance Pierre Juquin (drôle de mélange). Ils me le répétaient il y a 10 ans quand je votais Vert, tendance rouge. Ils me le disaient il y a un an, en pleine Sarkomania.

Eux n’ont pas changé.

Moi non plus.

Les ministres « d’ouverture » ont laissé entendre récemment au Figaro qu’ils ne « regrettaient rien. » Tant mieux pour eux. On ne les regrette pas.

« Un an après, où en sont les ministres d’ouverture ? Dans leur fauteuil, et heureux de l’être. Après des débuts houleux, les six ministres venus de la gauche affichent un sourire qui se veut décomplexé. «Depuis que je suis arrivé, je me targue d’être à la tête d’une diplomatie très active. Prenez le Darfour : avant juin 2007, tout le monde déplorait la situation. Mais concrètement, on faisait quoi ? J’ai réuni des associations, je suis allé sur place dans les camps de réfugiés, j’ai organisé une Conférence internationale. Et une résolution a été votée au Conseil de sécurité de l’ONU sur une proposition française», fait valoir Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères. «En dix mois, je pense avoir travaillé à concrétiser le retour de la France en Europe», affirme pour sa part Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’État aux Affaires européennes. «J’ai carte blanche pour travailler sur la banlieue et faire ce que je dois faire», se réjouit de son côté Fadela Amara, la secrétaire d’État à la Politique de la ville.

«Plus aucun d’entre nous n’a envie de partir», résume Éric Besson. »

La figure du faux-cul

Xavier Bertrand était l’invité de Dimanche+. Interrogé sur les expulsions inutiles de sans-papiers, il botte en touche en célébrant le « dialogue social ».

Xavier Bertrand parle en A-R-T-C-U-L-A-N-T, pour que l’on comprenne bien. Il a été fidèle soutien de Chirac, Juppé, puis Sarkozy.

Xavier Bertrand me semble être le « traître fidèle, » celui qui poignarde en souriant. Il a le visage qui respire la langue de bois. Et il la pratique avec grand art. Je vous renvoie sur SARKOFRANCE pour quelques exemples. Je l’y ai même « tagué. »

Bientôt un an de blogging, je n’ai plus peur

Dans 2 semaines, je fêterai la 1ère bougie de Sarkofrance, et ma première bougie de blogging. Je suis devenu blogueur grâce à Sarko.

Il sera temps, dans quelques jours, de s’engouffrer dans les bilans, les numéros spéciaux de chacun.

Un an après ce funeste 6 mai, je n’ai plus de haine. Nicolas Sarkozy m’amuse. Je ne cache pas ma désapprobation de sa politique. Je ne cache pas non plus ma surprise. Un échec en rase campagne aussi rapide et incompréhensible.

J’avais peur, il y a un an.

La réaction à chaud, écrite sur le vif, toujours en page d’accueil de Sarkofrance, en témoigne.

Mes 2 enfants pleurent, ma femme console; je rassure; il est 20H et quelques minutes; 53% des Français ont choisi Nicolas Sarkozy comme Président. Si ce dernier applique son programme, la France sera dans un état de ruine et de confrontation civile comme elle n’en a pas connu depuis 60 ans. Le cas contraire, il aura menti. Quelque soit l’option, nous serons perdants. »

Je n’ai plus peur aujourd’hui.

Pourtant, la vie est triste, la situation est grave. Je n’ai plus peur car tout s’est vérifié. Sarkozy devait échouer, il a échoué. J’ai cru un instant ne plus connaître mon propre pays, ne plus reconnaître mes compatriotes. J’ai cru être si marginal que l’exil en devenait nécessaire.

Et bien non. Sarkozy s’est vautré, planté, cassé. Et de la pire manière qui soit : son caractère l’a trahi.

Ami Sarkozyste, tu n’es plus là.

Tant mieux.

J’ai rencontré David Martinon

Il y a quelques temps, je rentre sans crier gare dans une pièce où l’on m’attendait. En retard, donc pressé. Il était assis dans un coin, juste à côté de la porte. « Je peux y aller ?  » demandais je à l’assistante. « Il y a déjà monsieur qui attend. » me répond-t-elle.

Je tourne la tête, il était là, très souriant, et humble. J’ai failli ne pas le reconnaître. « Allez-y, je peux attendre. J’ai beaucoup de temps. » m’explique-t-il.

« J’ai beaucoup de temps. »

David Martinon m’a fait penser à un jouet cassé mais prêt à être réparer. Il était loin de son image coincé neuillyen des derniers mois de 2007. J’ai oublié de le demander s’il était fier d’avoir servi Sarkozy.

Gracques inutiles : le syndrome de l’expert

Les Gracques sont ces « hauts fonctionnaires » de sensibilité socialistes qui ont enjoint Ségolène Royal à s’allier à François Bayrou … avant le 1er tour. Critiques contre la candidate, ils espéraient que Bayrou l’emportent. Cette prise de position vaine et désastreuse conduisit certains d’entre eux à se désolidariser de leurs confrères. Mathieu Pigasse rallia Ségolène Royal, Joueyt accepta un poste au gouvernement de Fillon.
Voici que Bakchich.info nous apprend que « les Gracques préparent leur ralliement à Ségolène. »

Le groupe de techno à la droite de la gauche formée pendant la présidentielle pour promouvoir - en vain - une alliance Modem-PS a enfin choisit son camp. Si l’un de ses animateurs, Jean-Pierre Jouyet a rallié avec armes et bagages le régime Sarkozy, et s’est exclu lui-même du mouvement, les autres ont décidé de soutenir Ségolène Royal. Les Gracques, présidé par l’ancien rocardien Bernard Spitz, passé un temps chez Jean-Marie Messier, préparent un bilan très critique des réformes de la première année de Sarko à l’Elysée. Et annonceront à ce moment-là leur choix en faveur de la blanche Ségo.

Excellente démarche.
Un an trop tard.