Le jour où la police se pointera chez moi…


… Mes enfants seront prévenus.

J’ai été frappé par le récit de l’interpellation musclée d’un journaliste de Libération. Vittorio de Filippis, journaliste économique et ancien directeur de la publication du quotidien, a été arrêté vendredi 28 novembre à 6h40 du main, à son domicile, devant ses enfants de 14 et 10 ans. Le motif ? Il fait l’objet d’une plainte pour diffamation du patron de Free.

Les plaintes pour diffamation se multiplient ces derniers mois, et elles débouchent plus facilement qu’avant sur des condamnations.

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Mes enfants seront prévenus le jour où cela arrivera. Ils caricaturent déjà l’emprise de la répression. Les discours alarmistes, les expulsions, les surveillances en tous genres, la médiatisation de la violence, cet ensemble les frappe sans conteste. A peine âgés de 7 et 10 ans, ils parlent parfois de la police comme d’une armée d’occupation. A moi de les convaincre que la police fait parfois son boulot et que les responsables sont ailleurs. Plus haut, plus fort.

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Une réflexion sur « Le jour où la police se pointera chez moi… »

  1. Si on n’a qu’un seul coup de fil à passer, bien choisir son destinataire : de préférence dans la sphère politico-médiatique… sinon gare à l’oubli dans le cul-de-basse-fosse… et au balayage des bavures d’un revers de main… (ce qui est le cas pour tout quidam non-journaliste !)

    Se pourrait-il que l’on constitue un comité type RESF afin de porter secours à tout interné arbitraire ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit, même si l’internement ne dure « que » le temps « légal » de garde à vue.

    Pourrait-on aussi envisager des plaintes pour viol à la suite de fouilles au corps sans nécessité ? Il recélait quoi en son for intérieur De Philippis ? Un dictionnaire des synonymes de « abus de pouvoir » ?

    Petit rappel arithmétique

    560 000 GAV en 2008 : cela signifie une « chance » sur 100 pour chaque citoyen français de passer à la casserole (nourrissons et vieillards compris). Et pour les 99 autres, attention de ne pas « mal parler » aux forces de l’ordre, attention à ne pas les « mal regarder »… La notion d’outrage et de rébellion devient de plus en plus floue en ces temps sécuritaires…

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