Peillon loyal

Vincent Peillon était l’invité de Dimanche+, le 25 janvier sur CANAL+. Il est resté extrêmement loyal vis-à-vis de la direction actuelle du Parti Socialiste. Il a refusé de parler des « guerres picrocolines » au sein du PS, et concentré ces critiques contre Nicolas Sarkozy. Pif ! Paf Pouf !

Sarkozy ne veut pas parler avec son opposition parlementaire, il veut nommer les patrons de l’audiovisuel public. Le « terreau économique » est « excessivement fragile« . « C’est une façon très ancien régime et archaïque de gouverner. »

Quand il doit vraiment répondre à Anne-Sophie Lapix sur la place des Royalistes dans les futures listes pour les élections européennes, il s’élance, sans haine, ni rancoeur : « Il y a eu une faute en décembre (…), c’est de ne pas avoir su rassembler son camp » ou encore « Nous demandons à travailler ensemble. » « Nous ne voulons plus de ces guérillas. »

Vincent Peillon tente de dépasser les rancoeurs passées. Quand on voit le spectacle misérable donné par l’UMP, avec ses scores staliniens, on n’a rien à regretter des débats, fussent-ils fratricides par moment, qui ont divisé le PS.

Merci Vincent.

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Contre les cons

Depuis quelques jours, Sarkofrance est l’objet de commentaires assez crétins. Il faut extraire quelques arguments de fonds de l’ivraie générale. J’y parviens difficilement quand le texte de ces Sarkozystes m’accusent de dérives dignes des nazis. J’ai eu un accès de rage assez salutaire. Mais pourquoi donc rester agréable et poli ? Pourquoi tenter de convaincre ?

Que mes fidèles amis, lecteurs et confrères me pardonnent. Parfois, il faut sortir la foudre. Voici donc la chanson à laquelle j’ai pensé, en lisant certains de ces trolls d’un autre âge : « Gentiment je t’immole. »

Mille excuses. Enfants, détournez-vous.

MRY, Balkany, même combat.

C’est un blogueur que je ne connaissais pas. Je connais peu de blogueurs. Sur Le Post, il a publié l’un de ses billets qui fait du trafic. Enfin, pas tant que ça.

‘Ségolène Royal, c’est comme Le Pen ».

Son argument est simple : Sego cherche à attirer l’attention comme Jean-Marie Le Pen… avec n’importe quelle provocation médiatique. MRy fait de même, évidemment, avec son titre également provocateur. Le Post a la bonne idée de mettre en lien un autre billet, une citation d’Isabelle Balkany (« Ségolène Royal est un copier-coller de Le Pen »), l’épouse du maire éponyme, ami du président et des secrets des Hauts de Seine.

MRY pompe ses idées chez Balkany … La belle affaire !

Etant assez sensible et peu objectif quand on parle de Ségolène Royal, je dérape.

« Si je le croise, il est probable que je serai capable de lui foutre ma main sur la gueule. Ou de l’éviscérer avec un cure-dent; ou de lui faire goûter Raoul. Je pourrai aller jusqu’à le défoncer à l’envers. L’éparpiller façon puzzle, comme disait Audiard ».

J’arrête.

Je plaisante.

J’éxagère.

Je provoque.

Inutilement.

Comme MryEmery et Balkany.

juan1

Merci à Gael et Maxime. Ils savent pourquoi.

Analyse marxiste de la relance

Il est parfois intéressant d’analyser les positions des uns et des autres sur le plan de relance de l’économie avec le prisme des classes sociales.

1. Priorité à la consommation ?

L’opposition de gauche privilégie souvent la relance par la consommation. Le Parti Socialiste tente un équilibre entre consommation et investissement, l’extrême gauche est par définition plus radicale. Sous ce terme pseudo-technique se cache la volonté de défendre les classes modestes. En termes concrets, la relance par la consommation signifie augmentation des minima sociaux ou baisse des impôts directs. a noter qu’aux Etats Unis, Barack Obama a proposé des réductions d’impôts sur le revenu pour 95% des ménages. En France, la proportion de foyers exonérés d’impôt sur le revenu est de 50%, ce qui n’est pas le cas outre-atlantique.

2. Priorité à l’investissement ?

Le patronat répond souvent qu’il faut au contraire soutenir l’offre, c’est-à-dire alléger la pression fiscale des entreprises (impôt sur le bénéfice, taxe professionnelle) et accroître la flexibilité du travail,? c’est notamment le discours tenu par le secteur automobile mardi dernier. Le patronat voit aussi les subventions diverses et variées qu’il reçoit comme l’allégement nécessaire (et ciblé) des contraintes que lui impose le modèle français. A qui profite (principalement) le crime ? Les grandes entreprises.

Le débat est malheureusement vicié. La gauche tente de retenir des arguments économico-technique, théories ou expériences à l’appui, et évite d’axer son combat sur la lutte contre la précarité. Ce faisant, elle se place sur un terrain de droite. La crise accroît la précarité de chacun. Pourquoi ne pas assumer qu’il faut la juguler ?

La droite s’abtrite elle par d’autres théories, les expériences de relance par la demande n’ayant jamais fonctionné (1974-75; 1981-82). Pourtant, in fine, le combat est une lutte de classes. Ces dernières ne sont plus depuis longtemps celle du portofolio marxiste du début du siècle. Les précaires sont multiples et protéiformes.

La crise devrait être également une occasion de valoriser les atouts du système français. Que 50% des revenus des adultes (retraités, fonctionnaires) soient davantage protégés que chez nos voisins est un formidable parachute social et économique pour les entreprises françaises.

Comment le PS a flingué son plan de relance

L’UMP est décidément de mauvaise foi. Après le boycott de l’hémicycle mercredi par les députés socialistes, le député-maire-avocat d’affaires Jean-François Copé et son compère secrétaire d’Etat-aspirant président de la région île de France Roger Karoutchi ont crié au complot: les députés socialistes auraient obéi à des ordres de ‘Solferino‘, leur sortie n’aurait rien de spontané.

On ose espérer, pour le Parti Socialiste, qu’il n’a pas fait cette connerie. Non pas que préméditer une sortie d’hémicycle aussi théâtrale serait une mauvaise chose. Quand la machine démocratique devient grippée par un autoritarisme monarchique grandissant, il faut réagir.

Mais le 21 janvier, premier jour de boycott, devait être marqué par l’annonce du contre-plan de relance de la nouvelle direction socialiste. Un plan flingué en vol, comme un perdreau qui s’élance du buisson.

Paf ! Ayrault a buté botté Aubry hors de la scène médiatique ! Et avec le concours des nouveaux meilleurs amis de Martine « Merkel » : Fabius et Emmanuelli.

Sur le fonds, le plan socialiste a le mérite (1) d’exister, (2) de proposer quelques mesures symboliques (500 euros pour les plus fragiles, la baisse d’un point de TVA), (3) de rappeler que la crise n’est pas née le 15 septembre.

Sur le fonds toujours, le plan socialiste a le défaut (1) d’avoir été concocté sans débat avec le camp royaliste, (2) de n’apporter aucune réponse globale, lisible et claire à la montée des précarités aggravée par Nicolas Sarkozy, (3) de rester dans la logique du plan Sarkozy (débat stérile investissement contre conso; concours de cékikalaplusgrosse sur les sommes; accélération d’investissements parfois inutiles) et (4) de ne pas remettre en cause … le paquet fiscal de l’été 2007, alors qu’on sait que certaines de ses mesures sont inutiles et dangereuses (bouclier fiscal, heures supplémentaires, droits de succession).

Nous y reviendrons.

Ou pas.

(billet publié également sur Left Blogs)

La chaîne des 6 livres ou films, ou les deux

Gaël m’a tagué. Il faudrait que je cite 6 livres, ou 6 films qui m’ont marqué. Un cauchemar, tant le choix est vaste. En vrac.

Monthy Python le sens de la vie. Je me souviens l’avoir vu vers 8 ou 9 ans et demandé à mon père : « c’est quoi un vagin ? » Mes enfantsfils m’ont largement dépassé.

Die Hard : la quintessence du film d’action, tendance survival. Le flic sympa, qui se prend des coups mais va gagner à la fin. Je pourrais citer moultes westerns dans la même veine.

Z : Grâce à Costa Gavras, j’ai découvert le cinéma politique. Z est un monument. J’aurais pu citer l’AVEU.

Les Ailes du Désir : noir et blanc, poétique, le sens de la vie.

Star Wars : la trilogie initiale, fondatrice. Avec l’âge, c’est devenu un objet de partage transgénérationnel. J’aurai pu citer Terminator, Spiderman, ou Hellboy. 

The Descent : j’aurais pu citer Massacre à la Tronçonneuse ou Martyrs.