Où est passé Libération ?

Longtemps, je défendrai Libération. Le quotidien fait toujours sa « une » régulière et critique sur l’actualité de Sarkofrance.

Pourtant, parfois, le chemin est rude. Il y a 3 jours, le voici qui s’amuse encore de Ségolène Royal. Belle idée ! Coup sur coup, le quotidien souligne que Manuel Valls prendrait ses distances avec l’ex-candidate. Puis voici que Cédric Mathiot, dans la nouvelle rubrique « Desintox« , lancée il y a quelques semaines, démonte une déclaration rapide de Ségo depuis la Guadeloupe. La dame s’était gentiment plantée en accusant les ministres d’avoir été augmenté de 150% depuis mai 2007. Il est juste et légitime de souligner que c’est faux. Ce n’est que le président qui s’est auto-augmenté de 172%. Pourquoi donc consacrer une demi-page complète du maigrichon Libé à cette « affaire » ? Pourquoi ne pas rappeler que les effectifs des cabinets ministériels ont augmenté de 397 personnes et le montant des primes attribuées a crû de 5 millions d’euros (+20% en un an !) ?

En ces temps d’intox gouvernementale permanente et de crise durable, Libé avait donc une demi-page de papier à perdre, un certain jeudi de février.

Le Nouvel Obs, touche le fonds ?

Un billet de Bénédicte Charles pour Marianne2 m’a accroché. Un cri du coeur et de la raison. L’Obs se veut de gauche, opposant et pertinent.Voici malheureusement une triste couverture, sur ces « couples d’ambition« , photos de DSK et Anne Sinclair, BHL et Arielle Dombasle, Richard et Cécilia Attias, Carla et Nicolas Sarkozy, Jamel Debbouze et Mélissa Theuriau, Christine Ockrent et Bernard Kouchner.

Bénédicte décortique ce dossier de « fonds« , ce dossier « au fonds« , avec son « palmarès des couples célèbres de France » (Sarko en tête), ses articles vains et conclut d’une formule lapidaire mais efficace: « La prochaine fois que j’achète le Nouvel Obs, je le planque dans mon Voici. »

Le Nouvel Obs (ex « France Observateur ») fut créé en 1964, prenant la relève de « L’Observateur politique, économique et littéraire« , fondé par d’anciens résistants en 1950, devenu France Observateur en 1954. Il a défendu l’indépendance des colonies, dénoncé la torture en Algérie. Depuis cette période glorieuse, aucun hebdomadaire n’a échappé aux couvertures racoleuses.

Mais Bénédicte a raison. Au plus fort de la crise, les sujets de fond, de scandale ou de polémique ne manquent pas. Un gros sujet people, Nicolas et Carla Sarkozy au top du palmarès, des questionnaires débiles, des textes ineptes. Beurk!

Il y a un an, le patron de l’Obs a changé. Viré de la FNAC, Denis Olivennes a rapidement trouvé son point de chute. En mars 2008, il devient directeur général délégué de l’hebdo. La rédaction s’inquiète.

Depuis, Denis Olivennes s’est fait nommé directeur de la rédaction, adoubé une majorité de 58% des 122 suffrages en septembre dernier. Il a remplacé les journalistes qui officiaient sur France Info dans les débats matinaux. Il se montre à la télévision, demande sa carte de journaliste assez vite, et se la fait refuser. Journaliste ?

Quand Sarkozy insulta le Nouvel Obs, le 5 février dernier, en critiquant l’Obs pour l’affaire du « SMS« , le patron de l’Obs se fend d’une défense qui enterre son propre site Web.

Pourtant, les deux hommes ont su être proches. Comme en 2007, quand il fallut négocier les accords de l’Elysée.

Carla Bruni était sur l’estrade, un jour de novembre quand les accords furent signés.

A côté d’un Sarkozy récemment divorcé et d’un Olivennes triomphant.

Denis et Carla se connaissaient. Il l’avait invité ce jour-là.

Voteriez vous encore pour Sarkozy ?

Deux questions me taraudent, que je lance à quelques estimés confrères plutôt classés à droite (ou en tout cas qui ne se réclament pas « de gauche« ):

1. Voteriez-vous encore pour Nicolas Sarkozy ?

Je suppose qu’ils l’ont fait le 6 mai 2007. Je ne cherche pas à briser le secret de l’isoloir (quoique). Je m’interroge simplement sur l’impact éventuel, à droite, de la chute de popularité sans précédent du président français. Qui reste aux côtés de Nicolas Sarkozy ? La question est trompeuse puisqu’un vote est avant tout un choix entre deux alternatives, dans ce régime caricatural et binaire qu’est devenu la Vème République présidentialisée à l’extrême.

2. Que faudrait-il pour vous ne votiez plus pour Sarkozy ?

Si la réponse à la première question était malgré tout positive, que faudrait-il pour vous faire changer d’avis ? Quel nouvel échec, quelle nouvelle polémique, quelle nouvelle gaffe, quelle réforme ou quel renoncement ? Que vous faudrait-il pour vous convaincre ?

Je pose ces deux questions à Authueil, Criticus, CaRéagit, LOmig, et le Chafouin.

Je suis Nicolas

Au réveil, la radio s’allume et m’allume. 6 heures cinquante. Il ne faut que quelques minutes avant que Nicolas ne fasse parler de lui. C’est le flash info. Cerveau embrûmé pendant le petit dej.

Nicolas est toujours là.

Une mesure, une déclaration, un opposant qui s’exprime. J’accompagne les enfants à l’école. Nicolas est quelque part en affichette sur un kiosque à journaux. A la radio sur le chemin du boulot, on parle forcément de lui. Je feuillette Libé. Nicolas est encore là. Je pense au billet du jour, du soir, du lendemain. Mon poil se hérisse. Je travaille. Pause déjeuner. Il y a bien une télé qui traîne. Nicolas a-t-il parlé ? Oui.

Nicolas est encore là.

En fin de journée, radio encore, quotidien en main, hebdomadaire parfois. Il y a une photo, une petite confidence, un grand dossier sur lui. Plus tard le soir, quelques mondanités parfois. Nicolas n’est pas là. Mais je pense à lui. A ce qu’il me reste à écrire, à commenter. Je n’écoute plus mes interlocuteurs. Je suis ailleurs. Je pense à Nicolas. Les journées se ressemblent. Faut-il trouver quelque chose à dire ? Je me surprends à regarder davantage ses costumes et ses cravates qu’à écouter ses discours. Ses sbires m’insupportent. Rendez-moi l’original ! Je me réfugie sur Elysee.fr. Il y a toujours une video qui traîne avec l’un de ses discours. Le fonds est souvent bleu. Je me l’imagine parlant devant une salle vide, faisant son show. Sourires, clins d’oeil. Salle vide.

Dîner en couple ou baiser tardif. « Tiens, j’ai écris ça tout à l’heure. » Il faut que j’introduise Nicolas dans ma vie de couple. »Il a dit ça ? » répond Olive. « Il n’a vraiment jamais souffert, lui. » ou bien : « je suis certain que c’est un mal b… » Pas le physique chéri. Pas le physique. « Et sinon, t’as passé une bonne journée ? » Je dois encore lire quelques lignes. Le Monde, ou Libé, ou autre chose. Les blogs sont prêts pour demain. Tous. Je peux dormir.

Je m’appelle Nicolas.

Finalement.

juan-sarkofrance-vaudou

Je suis un beauf, populiste et de droite

habituellement, je lis avec un plaisir irrégulier les billets de Comité de Salut Public. Une faconde « gauchisse » que j’aime, un vocabulaire qui frappe, des expressions bien tournées, un coup de boule par ci, des coups de pompes par là. Il est NPA, Nulle Part Ailleurs et surtout Seul Contre Tous. Une caricature assumée du NPA. Il y a quelques jours, voici qu’un de ses billets était repris par Vendredi, « Manufacturing crétin« . » Une attaque en règle contre Dany Boon et ses Chtis.

Grosse déception. CSP s’est égaré dans la critique téléramesque gauche caviar. Je ne savais pas qu’il était abonné aux Cahiers du Cinéma et qu’il écoutait France Culture. je pensais qu’il aimait bien, comme moi, qu’on bouscule un peu les élites intello du moment. Les Chtis, dans les salons, ça fait cheap.

Et bien non. Tout est bon dans le cochon pour dézinguer « l’amuseur public« , cette « pollution idéologique« , qu’il faudrait « éradiquer » par « hygiène mentale« . Pourtant, Dany Boon n’a fait qu »un film, qui n’a amusé qu’une vingtaine de millions de Français (ok, certains s’y sont pris à plusieurs fois), et qui raconte l’histoire d’un gars qui découvre le Nord à reculons. C’est quoi le problème ? Boon cherche à faire rire, pratique l’autodérision, et chatouille les terroirs. Les deux héros sont même postiers ! Boon se plaint de n’avoir pas été reconnu par ses pairs pour les prochains Cesar. So what ? Qui a dit qu’un film chiant et pauvre est de qualité ? Boon a gagné beaucoup d’argent avec son film. En gros, un producteur récupère 2 euros par ticket. Boon est coproducteur. Mais Dany a aussi écrit, joué et réalisé. Multiple jackpot ! So what ? CSP se plante de combat. Quand il écrit que « Dany Boon reproduit sans le savoir le parfait mécanisme de la droite populiste qui joue les « petits » contre les « gros »« , j’ai avalé mon café de travers. La critique boomerang… Boon ne joue pas les petits contre les gros, il parle de ses pairs, d’une Académie, celle des Césars, où 3500 membres, tous « professionnels de la profession » votent pour leurs pairs de l’année.  Point barre.

En fait, CSP m’a bien eu.

Comme d’hab, il écrivait au second degré.

Je dois être trop primaire. Voire de droite. Et sans doute populiste.

Sept blogs en sept jours

L’estimé et influent Nicolas m’a invité à poursuivre une chaîne. Nicolas qui partage son avis, pas l’autre, celui qui n’écoute que le sien.

Je dois parler de 7 blogs que j’aime. Le choix est difficile. D’autant que Nicolas félicite également le blog de ma racaille de progéniture. En voici donc 7, que les autres me pardonnent, je les aime également.

Premier jour : Femmes engagées

Le lundi, les blogueuses que j’affectionne se liguent pour publier leur réflexion ou analyse du moment, sur un même thème. Je retrouve une proximité générationnelle de Mrs Clooney et Trublyonne, politique de CeeCee ou d’Hypos, féministe d’Olympe.

Deuxième Jour: Intox2007

Dagrouik a toujours une information à livrer qui a  échappé au plus grand nombre. Il fusille avec délectation l’actualité de droite, comme de gauche, syndicale comme patronale.

Troisième jour: Nicolas.

Le seul, le vrai, le modeste. Celui qui rebondit sur chacun de nos commentaires, le seul qui témoigne d’une réalité bistrot-métro-boulot-dod et d’analyses politiques fines et argumentées.

Quatrième jour : Gael

Gael a développé LE blog familial, culturel et politique inédit, montges video personalisés à l’appui. Créativité et chaleur, un univers rare dans une blogosphère souvent froide ou énervée.

Cinquième jour : Marc Vasseur

Marc, « jeune élu à la retraite« , a franchis le cap de m’inviter au Congrès de Reims. Une expérience personnelle inédite, avant que les Left Blogs ne s’écharpent sur l’autel d’une élection contestée. L’union reviendra. Marc témoigne de son militantisme de terrain avec franchise.

Sixième jour : Crise dans les médias

Eric Mainville reste discret, mais curieux. Parfois un billet se contente de quelques liens bien choisis. Eric a le talent de dire beaucoup en peu de mots.

Septième jour : Vogelsong

Sans y paraître, Vogelsong a construit son nid, celui de réfléxions argumentées sur un blog au titre prometteur : piratages, au pluriel. Il prend le temps de s’arrêter sur le fait, la phrase, l’attitude, la tendance. Merci.

Je tagge volontiers toutes celles et ceux mentionnés ici, qui ne le seraient pas déjà par d’autres.