Voteriez vous encore pour Sarkozy ?


Deux questions me taraudent, que je lance à quelques estimés confrères plutôt classés à droite (ou en tout cas qui ne se réclament pas « de gauche« ):

1. Voteriez-vous encore pour Nicolas Sarkozy ?

Je suppose qu’ils l’ont fait le 6 mai 2007. Je ne cherche pas à briser le secret de l’isoloir (quoique). Je m’interroge simplement sur l’impact éventuel, à droite, de la chute de popularité sans précédent du président français. Qui reste aux côtés de Nicolas Sarkozy ? La question est trompeuse puisqu’un vote est avant tout un choix entre deux alternatives, dans ce régime caricatural et binaire qu’est devenu la Vème République présidentialisée à l’extrême.

2. Que faudrait-il pour vous ne votiez plus pour Sarkozy ?

Si la réponse à la première question était malgré tout positive, que faudrait-il pour vous faire changer d’avis ? Quel nouvel échec, quelle nouvelle polémique, quelle nouvelle gaffe, quelle réforme ou quel renoncement ? Que vous faudrait-il pour vous convaincre ?

Je pose ces deux questions à Authueil, Criticus, CaRéagit, LOmig, et le Chafouin.

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24 réflexions sur « Voteriez vous encore pour Sarkozy ? »

  1. J’ai pas voté pour lui en 2007 mais oui, je vais surement voter pour lui en 2008 car il n’y aura probablement personne de meilleur que lui à gauche d’ici là.. en tout cas pas Sego ou Aubry.
    Il reste peut etre Peillon..

    Sarko a fait le rsa, le grenelle de l’environnement, il a detruit le FN, il a fait l’ouverture qui prouve sa tolerence et son ouverture d’esprit
    (oui, vous pouvez dire que ce sont des traitres, mais Bayrou qui est a droite toute sa vie, personne ne dit qu’il est un traitre quand il passe dans l’opposition..)
    d’ailleurs quand Obama travaille avec des reublicains, j’entends pas grand monde pour le critiquer..
    mais bien, sur, on nous manipule depuis 30 pour nous faire croire que la droite c’est les méchants et la gauche, c’est le gentil. donc forcement pour passer de gauche à droite, faut etre un enculé..

    Je vous plains d’être tombés dans un tel manichéisme primaire.
    Vous vous êtes fait endoctriner sans vous en rendre compte, tout en étant persuadés que c’est tf1 qui manipule l’opinion.. c’est tellement pathétique. Écoutez les discours de sarko, et pas juste les extraits qui vous arrangent. essayez d’écouter ceux qui ne pensent pas exactement comme vous( pas tous parce qu’il y a aussi une tripoté d’abrutis à doite!)

    et vous realiserez que la diabolisation que subit sarko est en grande partie injuste et prouve d’ailleurs qu’il est bien loin de controler les medias comme ça vous fait tellement plaisir de le croire..

    je me doute que je parle à des murs qui ne se remettent jamais en cause et que je viens de perdre mon temps, mais en tout cas ça m’a fait bien plaisir de vous dire ce que je pense.

    et non, je ne suis pas de droite, je pense que contraire que la droite et la gauche sont complémentaires, qu’ils ont chacun une partie de la réponse à nos problèmes.
    On ne devrait pas avoir à choisir entre la droite et la gauche, comme on ne nous demande pas de choisir entre notre pere et notre mere.

    mais bon, on aime tellement plus l’affrontement que le dialogue, les attaques aux consensus, les insultes à la sagesse.. et c’est les memes qui vont s’extasier devant le dalai lama.. ce serait presque comique si y avait pas des gens qui souvre derrière.. car rappelez vous que quand les grands se font la guerre, ce sont les petits qui meurent.
    ça vaut aussi pour la politique, puisque nos gènes guerriers ont remplacé les guerres physiques en guerres idéologiques..

    uen derniere chose sur sarko, je connais bien sur par coeur tout ce que vous avez à lui reprocher.. si vous etes vraiment curieux et prets à vous remettre en cause, je pourrais vous dire pourquoi selon moi, 75% des arguments que vous avez contre lui ne tiennent pas la route..

    Bonne journée

  2. Comme je te l’ai dit hier soir, j’ai voté Sarkozy et si c’est à refaire, je le referai sans hésitation.

    Ce qui me ferai voter pour un autre candidat : s’il y en a un moins éloigné de mes idées que Sarkozy. C’est possible, car sur bien des points, je ne suis pas très satisfait de Sarkozy.

    En 2007, il était le moins éloigné, et je pense qu’en 2012, il le sera toujours, vu qu’on aura le même plateau (Ségo, Sarko, Bayrou)

  3. je n’ai pas un gros revenu, je suis non imposable et moi je trouve qu’il fait de bonnes choses , donc je suis toujours avec lui, je ne fais plus confiance ala gauche surtout pas à l’extreme gauche
    il aimerais voir tout le monde dans la rue c’est terrible de les entendre
    parler de la revolution, drole de gens ça

  4. Bonnes questions. À la première, je comprends qu’il me faut me mettre dans une situation fictive où je revote le 6 mai 2007. C’est trop facile de répondre non, vu qu’à l’époque, il s’agissait autant d’éviter Royal que de donner sa chance à Sarkozy. Je lui ai donné sa chance, et j’ai vu le candidat de la rupture devenir le président de la continuité avec le « mitterrando-chriaquisme »…

    Je ne sais pas si je regrette mon vote – un peu, quand même -, mais il est certain que je ne redonnerai pas de seconde chance à Sarkozy. Je ne revoterai pas pour lui, sauf bien sûr s’il est opposé à un candidat d’extrême-gauche ou d’extrême-droite au second tour. Dans tout autre cas (Royal, Bayrou), je m’en laverai les mains. Et voterai donc blanc, voire Bayrou. Quant au premier tour, je voterai pour le plus libéral, et cela risque d’être, fort étonnamment, Bayrou.

  5. Bonsoir Juan. Je te l’avais déjà dit lors d’un précédent billet. Oui, j’ai fait comme criticus. J’ai donné sa chance au candidat qui me semblait le moins « à l’ouest » par rapport à la situation que nous connaissions et par rapport aux autres candidats. Cependant, contrairement à ce qu’il clamait lors de sa soirée électorale (je cite : « je ne vous décevrai pas »), il m’a profondément déçu, et je ne dois pas être le seul, mais combien oseront l’avouer car bizarrement, personne aujourd’hui n’a voté pour lui dans mon entourage.

    Analyse personnelle de la situation :

    – le chômage grimpe en flèche à cause en partie des réformes mises en place sur la défiscalisation des heures sup’ ;

    – sécurité en chute. Normal, les flics sont devenus des pompes à pognon qu’on pose sur le bord des routes et qu’on vide tous les soirs. Maintenant, au volant de notre voiture, quand on voit un flic, on se demande ce qui va nous arriver alors qu’on devrait se sentir en sécurité ;

    – pouvoir d’achat en chute également. Le fameux « travailler plus pour gagner plus » s’est transformé en « travailler plus pour que votre gros patron gagne plus » ;

    – fierté d’être français nulle (désolé). « France terre d’asile » ne signifie plus rien à mes yeux. La France est devenue une terre de délation et d’expulsions arbitraires ;

    – confiance dans les politiques nulle. Pour moi, ils sont tous aussi cons les uns que les autres. Avec quelques premiers de la classe, il est vrai. D’ailleurs pour moi, un policard véreux est un politicien qui a réussi ;

    – confiance dans l’avenir nulle. Le capitaine n’est plus aux commandes. Il s’agite, s’offusque, se fâche juste pour épater la galerie. Le toc et le brillant ont remplacé l’efficace et le solide. Notre président est une pie qui se jette sur tout ce qui brille. Et pour lui, tout ce qui brille est or. Alors que pour nous, rien ne brille ;

    – espoir. J’en ai encore un peu. Le vil espoir qu’il se fasse étriller aux européennes et qu’il comprenne enfin (mais ça, je doute qu’il puisse le faire avec la dotation en matière grise dont il est pourvu) qu’il fait vraiment fausse route et qu’on en a marre d’être pris pour des crétins.

    En conséquence de quoi, je peux te dire que je ne voterai pas pour lui aux prochaines présidentielles. En 2007 je croyais pouvoir dire « A voté » maintenant je sais pouvoir dire « S’est vautré ». Mais comme on dit : il n’y a que ceux qui ne font rien qui ne se gourent pas. N’est pas ?

  6. Ils n’ont pas encore tous répondu mais c’est déjà passionnant!
    J’attends les derniers avec impatience.

  7. salut,
    je découvre ton billet seulement maintenant…désolé !
    Ce sont de très bonnes questions. J’y répondrai par un billet, ce sera plus sympa. Mais la discussion t’appartient, alors commençons.

    1°) se replacer après coup dans le passé est toujours délicat. Au premier tour, je pense que je voterai blanc au lieu de Sarkozy, et au deuxième tour je revoterai sarkozy, tant mon impression en ce qui concerne Royal est désastreuse. Le vote était de vrai soutien à l’époque. Il serait de pur pragmatisme (prendre le moins mauvais maintenant).

    2°) ce qui me ferait changer d’avis : qu’un candidat libéral se présente et obtienne les 500 signatures ! Où : qu’une vraie gauche émerge, capitaliste, libérale, et anti-totalitaire. Je l’attend toujours.

    Et toi, que voterais-tu ? Qu’as tu voté ? c’est intéressant de se poser la question aussi….

  8. @LOmig: merci pour ta réponse. J’attend avec impatience ton billet. J’ai voté Sego, aux deux tours, par envie, sans hésitation, et alors que je ne suis pas socialiste. Je revoterai pour elle aujourd’hui. Je comprends que la personnalisation du pouvoir est un enjeu de choix important. Si j’étais à droite, je voterai Bayrou.
    @Iceman: merci pour ta franchise (et tes commentaires et soutiens réguliers !). Tu témoigne d’un constat partagé par nombre de Français (as-tu lu le dernier Marianne ?)
    @Criticus : merci pour cette contribution. Je me suis souvent posé la question du vote blanc, sans jamais franchir le pas. Je reste persuadé que l’on doit voter pour « le moins pire ». Mais Sarko exacerbe les crispations et les inquiétudes à un point qui me pousserait, si je ne votais pas à gauche, à voter blanc.
    @jeanne : la gauche n’aime pas nécessairement voir les gens dans la rue. Elle a ses défauts (c’est un minoritaire qui vous parle !), mais Sarkozy n’a pas fait la preuve ni de son efficacité ni de la tenue de ses promesses, non ?
    @authueil : je ne suis pas suropri (tu m’avais prévenu). mais bon, tu es moins explicite su le candidat de ton choix.
    @esteban: je me comprendre que mon obsession sur Sarkofrance gêne. Elle ne vise qu’à contrebalancer un paysage médiatique habituellement très suiviste (rappelez vous en mai 2007). Mais je serai curieux, à l’occasion, de connaître le détail des « 75% »d’arguments infondés que je défend. La politique n’est pas uniquement une question de vérité, mais de valeurs.

  9. juste pour être sûr qu’on se comprend bien : je ne personnalise pas tellement le pouvoir, et en tout cas ce n’était pas l’objet de mon vote pour Sarkozy. Quand je parle Royal est qui catastrophique, je parle de son programme. Le programme du PS, d’ailleurs, est toujours aussi catastrophique. Il faut dire qu’avec Sarkozy qui fait dans la social-démocratie, la gauche se laisse – à tort – dériver vers les idées de Besancenot…

    à bientôt

  10. Dans ces commentaires,

    On atteint un niveau de psychorigidité et d’aveuglement sidérant.

  11. C’est marrant ça, Vogelsong, de ne venir commenter que pour insulter les autres. Tu n’as pas un point de vue à proposer, à partager ? ou des critiques un peu plus constructives…?

  12. Moi je revoterais très certainement Sarkozy.
    Parce que je pense toujours que sa politique de réformes plus importantes que celles de son prédécesseur était nécessaire. Parce que je pense qu’il correspond à celui qu’il nous fallait pour gérer des crises et (ça je l’ai découvert) pour faire avancer la voix de la France dans les relations internationales.
    Et parce que Royal aurait de toute évidence fait pire. Elle aurait eu du mal à réunir sa famille politique, déjà. Et je ne vois pas comment elle aurait appliqué un programme qu’elle s’est empressée de descendre dès qu’elle n’a plus été liée par sa position de candidate.

    Maintenant, il est bien évident qu’il n’est pas parfait et qu’il est décevant par certains côtés. Seulement je trouve que ce côté décevant relève plus de la forme que du fond.

  13. « Quand ils sont venus
    chercher les communistes,
    je n’ai rien dit :
    je n’étais pas communiste.
    Quand ils sont venus
    chercher les syndicalistes,
    je n’ai rien dit :
    je n’étais pas syndicaliste.
    Quand ils sont venus
    chercher les juifs,
    je n’ai rien dit :
    je n’étais pas juif.
    Quand ils sont venus
    chercher les catholiques,
    je n’ai rien dit :
    je n’étais pas catholique.
    Puis ils sont venus me chercher
    et il ne restait plus personne
    pour protester. »
    Martin Niemöller (1892-1984) à Dachau :

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