Vomir avant de cracher

Les Noirs de la République pouvaient bien attendre un jour de plus. Un monarque élu l’avait décidé. Les Antilles, on en parlera jeudi. Sa Majesté a reçu « très longuement » les élus d’Outre-Mer.

Entre-temps, Nicolas 1er a pris le temps de vider un village de Maine-et-Loire de ses habitants pour y causer vaches et cochons. 700 policiers et gendarmes pour quadriller 1 600 habitants qui n’avaient rien demandé.

Entre-temps, Nicolas 1er a demandé à être à droite du patron de l’OTAN le 3 avril prochain, sur l’estrade, pour le 60ème anniversaire d l’organisation. Il paraît aussi qu’il est normal d’avoir une Rolex quand on est important comme Nicolas, à 50 ans passés. Entre-temps, le monarque est allé à Mégève skier deux jours avec Carla. Xavier Bertrand a récupéré son siège de député. Jean-Pierre Jouyet s’est fait augmenté de 47% son salaire à l’AMF. Eric Besson s’interroge sur les tests ADN. Frédéric Lefebvre aime la délation républicaine, Sarko parle devant le poste sans contrôle. Kouchner ne comprend pas qu’on soit choqué par son attitude passée. Sa femme dirige et réorganise l’audiovisuel extérieur. Christophe Barbier a barbiérisé une nouvelle connerie, des rimes à deux balles sur la dernière intervention de Nicolas le 18 février. Carla Bruni confie que les gens ont peur du tempérament de son mari.

Entre-temps, la nausée a pris la place de la patience.

Convaincre semble inutile.

tarzan

Publicités

Je suis un «Gaucho de merde»

Un député UMP a été condamné hier à 1 euro de dommages et intérêts pour avoir traité un magistrat de « gaucho de merde« .

Depuis quelques semaines, sans que je m’explique pourquoi, des sarkozystes militants ont trouvé le blog Sarkofrance et s’y épanchent. De joyeux commentaires, souvent peu respectueux de la langue française.

J’ai finalement décidé de nettoyer chaque soir les billets des commentaires les plus odieux, ceux qui se contentent d’insulter. Parfois, je laisse en l’état la prose de ces trolls. Certain(e)s lecteurs/trices fidèles prennent le temps de répondre à ces « anonymes » de telle ou telle heure.

Je vous livre la réflexion de l’un d’entre eux, qui a pris la peine de se dénommer « Le Vrai Peuple« , posté le 19 février matin. Il est assez révélateur des rares supporters du chef de l’Etat qui osent encore s’afficher sur la blogosphère.

Les socialos sont dans la panade et désespérés : Sarko inflexible et hermétique à l’inquisition ignoble lancée contre lui , mène tout à la baguette et se tient à la ligne qu’il a lui même fixée depuis le début de son mandat ; l’anonyme de 10 59 a raison , jamais on a eu un président aussi volontaire et courageux qui ose faire le sale boulot nécessaire dans ce pays englué par les idéologies socialistes gauchistes qui ont démoli le tissu économique et social de la France ; leur acharnement quotidien pour le détruire avec les moyens antidémocratiques que seule la gauche sait pratiquer en toute impunité , ne fait que le renforcer dans ses convictions visionnaires et avantgardistes ;

Vas y Sarko , fonce et t’occupe pas de tous ces losers professionnels , cassandres démagos , perdants à tous les coups ; le peuple des gens qui bossent et respectent les lois est avec toi .

Ce commentaire est loin d’être représentatif des blogueurs de droite, sarkozystes ou pas. Je ne ferai pas l’injure de les mettre dans le même panier. On peut sincèrement être choqué par la subjectivité du blog Sarkofrance. On peut aussi réfléchir deux minutes avant de poster des conneries non argumentées. Que chacun ait sa vision du monde et de ses possibles est chose normale. Le Vrai Peuple a le mérite de se poser en Croyant Béat de la Sarkozie. C’est un croisé, poussé par une haine de la gauche (nous sommes des « socialos« , que ne « bossons pas« , et préférons « l’inquisition. »). Sarkofrance ne ment pas. Il tente de fournir un angle basé des faits constatés et partagés. Nuance de gauchiste.

J’aimerai conforter ce troll sympathique : je ne cherche qu’à convaincre les électeurs d’un jour qui ont voté Sarkozy par dépit ou par espoir, sans présupposé pathologique comme Le Vrai Peuple.

Ce dernier n’est pas « récupérable« .

A tous les autres, je tends la main.

Sego, Martine, et le gâchis socialiste

On annonce que les partisans de Ségolène Royal entreraient enfin à la direction du Parti Socialiste, plus de 3 mois après l’élection troublée de Martine Aubry à la tête de ce parti. Est-ce un gâchis, ou bien ?

1.  C’est un gâchis. Imaginez que Martine Aubry ait ouvert la direction du Parti dès le mois de décembre. Imaginez la grandeur du geste, l’apaisement immédiat. En acceptant 3 mois plus tard de les intégrer, Martine Aubry confirme une nécessité et un échec. On ne gouverne pas un parti contre une presque majorité de ses militants.

2. Mais un divorce se consomme. Il faut penser les plaies. La campagne interne fut vive. Les séquelles le sont encore. La semaine dernière, Ségolène a confirmé l’appaisement, en pleine promotion de son livre d’entretien. C’était sur Canal+. « Je suis derrière Martine. » Ses proches pouvaient se rallier. L’entrisme est la meilleure solution. L’expérience de 2007 a montré qu’on ne pouvait gagner contre son parti. L’expérience de Sarkofrance a montré qu’on devait concentrer les tirs. Espérons que les proches de Ségolène Royal pourront gagner du temps de parole pour taper contre Sarkozy. Il ne suffit pas de singer les communiqués de presse du NPA pour faire mal. Il faut cibler là où ça fait mal : Sarkozy s’est renié, et insuffisamment de surcroît. Coup double !

Overdose religieuse

J’éprouve comme une overdose de religion. La génération de mes parents avait tenté de s’en affranchir. C’était 1968, on faisait table rase des principes étriqués de la vieille morale catho. La mienne a subi son retour depuis 40 ans. J’avais 8 ans quand Jean-Paul II fut « élu« . J’avais 10 ans quand l’Iran est devenue une République Islamique. J’avais 30 ans quand j’ai vu les Twin Tower d’effondrer à Manhattan.La religion habille les souffrances des uns, l’intolérance des autres.

Voici la polémique « Williamson » du nom de ce crétin négationiste dont le très cher Benoît XVII a jugé bon de lever l’excommunication. Inutile de s’acharner sur le pauvre pape allemand. Il coule tout seul. Nombre de catholiques ont exprimé leur désaccord avec cette Très Sainte Décision.

Il serait temps que les athés prennent la parole, revendiquent leur existence, clament leur différence. Il serait temps que la religion retourne là d’où elle n’aurait jamais dû sortir: dans le secret des chaumières.

« Probablement, Dieu n’existe pas. Maintenant, cessez de vous inquiéter et profitez de la vie ! » clamaient nos amis espagnols et anglais.

special-award

Les traîtres décomplexés

Marianne a réservé une partie de sa une, il y a 10 jours,  à ces intellectuels et politiques qui « ont viré leur cuti« .  L’exemple d’Eric Besson, une conversion aussi rapide qu’extrême a visiblement marqué les esprits.

Chacun a le droit de changer d’avis, au fil des années, de ses expériences, de ses souffrances et désillusions.  Certains furent marqués par la découverte de l’enfer soviétique, et ne purent rester dans leur camp d’origine. André Malraux, Blandine Kriegel, ou Georges Suffert en sont. D’autres ne sont jamais définis comme « systémistes » au point de respecter les frontières idéologiques infranchissables pour d’autres. L’évolution d’un positionnement politique est aussi, et peut être surtout, un parcours intime. Certaines valeurs prennent le pas sur d’autres, lâge aidant. Ainsi Max Gallo, sensible aux valeurs du souverainisme national, s’est-il laissé glisser de gauche à droite, au fil de ses biographies de Napoléon ou De Gaulle.

On peut aussi s’éloigner d’un parti, être rapidement qualifié de traître alors que les raisons du divorce viennent davantage de l’organisation. Quand Jean-Luc Mélenchon quitte le Parti Socialiste en novembre dernier, il acte un divorce idéologique avec sa formation d’origine. Il y a 30 ans, « Méluche » était trotskyste.

Chacun devrait cependant s’interroger sur son propre corpus idéologique. Quelles sont nos valeurs, et non pas nos icones ? Quelle est notre vision de la société ? Nombre de ces « traîtres » décomplexés mis en valeur par Marianne semblent valoriser le pouvoir, leur place dans l’establishment davantage que la rigueur de leur positionnement politique. Alain Minc, Jean-Luc Mano, Alexandre Adler, George-Marc Benahmou, ou Denis Kessler sont des exemples de ces conseillers du pouvoir. Marianne mélange aussi, pour enrichir son dossier, des vrais et des faux « repentis. » Qui ne sourit pas quand on présente Alain Minc comme « homme de gauche« , parce qu’il a failli voter Jospin au second tour de 2002 ?

A lire attentivement leurs « confessions » au fil des années, je n’ai malheureusement jamais trouvé de réponse convaincante. Aucun n’assume complètement un divorce. Tous expliquent que c’est la gauche qui les a quitté. Bizarrement, on quitte souvent la gauche pour la droite, rarement l’inverse. La gauche aurait trahi son électorat si souvent qu’il vaudrait mieux voter à droite. Curieuse démarche !

En d’autres termes, ils sont tous parvenus à dissocier leur pensée (soit-disant plus ou moins fidèle à la gauche) de la question des organisations politiques. Faites l’exercice. En 1950, auriez vous été à gauche ou droite ? Et en 1936 ? Le contexte politique de l’époque peut brouiller les positionnements à long terme. La gauche d’hier n’est plus celle d’aujourd’hui.

Finalement, nombre d’électeurs ne se définissent ni de gauche ni de droite. Les sujets les font parfois basculer d’un camp vers l’autre.  Rares sont ceux qui posent leur vote en fonction d’une analyse du rapport du force. Si l’on occulte les dictatures soviétisantes (une sacrée occultation, j’en conviens, mais totalement valable pour un pays comme la France depuis 40 ans), le constat est simple : la droite a toujours été le rempart des puissants . Cela ne signifie pas que la gauche a toujours bien fait son travail de défense des plus fragiles. Cela signifie simplement qu’il n’y a jamais rien à attendre de globalement bon pour ces derniers de la part d’un gouvernement de droite.

Ces traîtres décomplexés devraient parfois cesser d’intellectualiser leur discours pour revenir aux questions fondamentales.

500 euros et 500 secondes par Juan (Sarkofrance)

CeeCee m’a gentiment convié à poursuivre une chaîne blogosphérique.

Les règles du jeu sont les suivantes:

1. Avoir un blog.

2. Écrire un article relatant ce que vous feriez s’il vous restait 500 euros et 500 secondes à vivre. Vous avez carte blanche, que ce soit en 3 mots ou en 500 lignes, laissez libre court à votre imagination.

3. Relancer la chaîne en invitant 5 de vos amis à répondre à leur tour à la question.

4. Faire référence à cet article et à ces mini-règles afin que l’on puisse tracer tous les participants.

5. Intituler votre article “500 euros et 500 secondes par Votre Nom”

500 secondes à vivre, c’est très tentant de devenir kamikaze. Les causes qui méritent le sacrifice sont nombreuses. Mais non.

Si je n’avais que 500 secondes à vivre, je me précipiterai au lit avec femme et enfants pour un dernier calin collectif. Je lèguerai égoistement ces 500 euros à cette petite famille.

Espérons que Farid, La Pire Racaille, Olive, Irène Delse, JeandelaXr seront moins mélancoliques que moi.