Pourquoi je risque de m’absenter aux Européennes

Voter, c’est choisir, avais-je coutume de répéter.On ne vote pas pour le meilleur, mais contre le pire.

La récente révélation qu’un proche de Tariq Ramadan, soit-disant proche de cercles traditionnalistes musulmans dans la liste des Verts de Roubaix pourrait casser mes prévisions.

« Chez Europe Ecologie, on ne rigole pas avec la parité aux européennes : chaque liste alterne un homme et une femme, un Vert et un associatif. Exemple dans la région Nord Ouest : pour équilibrer la présence de l’eurodéputée verte sortante, Hélène Flautre, les instances ont désigné en numéro 4 un cadre d’association. Mais pas n’importe lequel : Ali Rahni, le porte-parole du Collectif des musulmans de France (CMF). Confirmée par l’Etat major du pôle réuni autour de José Bové et de Daniel Cohn-Bendit, cette nomination a éveillé la vigilance des militants laïcs, mais n’a pas eu l’air d’intéresser les grands médias. » (source)

J’avais prévu en effet de voter Vert. Une démarche simple, de conviction.

Sauf contre-ordre, cette dernière vient de voler en éclat.

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je suis sexiste, ou pas

Des filles ont créé un blog politique et collectif « de filles ». Des mecs les ont tâclé. Pour l’avoir célébrée, j’ai récolté quelques critiques que je n’ai pas compris.

Je n’ai rien compris.

Je ne comprends pas qu’un garçon se sente suffisamment, intuitivement, désagréablement troublé par l’existence d’une telle démarche.

Je ne comprends pas.

Sur le fonds, Farid Taha développe trois arguments , dans un billet au titre fameux « sexisme 2.0 » : (1) le féminisme est un combat, (2) il ne faut pas justifier une réaction sexiste (comme la création de ce blog) par la « réaction à une supposée attitude sexiste de l’autre sexe » , (3) il serait réducteur de considérer les différences de vues entre blogueurs et blogueuses «  sur la seule base sexiste. »

Farid a raison. Pour tout dire, j’ai l’impression d’être plus féministe que pas mal de copines ou collègues qui tolèrent leur beauf à la maison. Le sexe (ie l’existence ou pas d’un truc qui pend entre les jambes, et tout le bordel qui va avec) ne justifie une différence de raisonnement politique en soi.

Mais est-ce le sujet ?

Comment nier que les inégalités socio-professionnelles et politique, parfois l’asservissement culturel et domestique, qui frappent la gente féminine dans une majorité de pays (y compris encore en France) induisent une autre perception de la vie sociale, politique, culturelle ?

Je ne comprends pas ces réticences naturelles à une nouvelle expression politique. Il est rageant et stupide que la blogosphère, pour ne parler que de ce lieu, soit féminine quand elle parle cuisine, mode ou enfants.

La politique doit parfois se sexuer, car la société est sexiste.

C’est aussi simple que cela.

Femmes engagées, et nous les hommes

Des consoeurs se sont enfin lancées. Le blog collectif des « Femmes engagées » a ouvert ses portes ce week-end. Grosse promo hier lundi. Vous n’y trouverez ni articles de mode, ni billets sur le macramé ou le tricot, rarement des recettes de cuisine.  On y cause politique, engagement et féminisme, et ces « femmes engagées » sont de véritables vigilantes. Annnieday , CC , Hypos , M. , Mrs Clooney , Nelly Margotton , Olympe , Quitterie et Trublyonne se sont données le mot pour pour mettre en ligne un blog qui devrait rappeler à la blogosphère que la femme est autant l’avenir de l’homme que vice versa.

Personnellement, je dois être trop « femme » pour expliquer a priori en quoi l’analyse politique d’une femme diffèrerait de celle d’un homme. Ce blog apporte cependant trois premiers éléments de réponses.

Primo, le féminisme est toujours un combat (n’est-ce pas ma petite fille ?). La faible place laissée aux femmes dans notre joli monde occidental (pour ne parler que de lui) peut exacerber l’engagement. La cause des femmes n’a pas l’apanage de la lutte, mais elle est l’un des rares combats qui nous concerne tous, dans tous les pays, des sujets collectifs aux plus personnels. Combien d’hommes libéraux se sont fourvoyés un jour ou un autre dans des propos ou des attitudes condescendantes à l’égard de la gente féminine ? Beaucoup, à ma grande déception.

Deuxio, l’une d’entre elles m’a dit récemment que la blogueuse évite les concours de quéquettes si courants dans le Web 2.0 machiste. Les « mâles« , moi le premier, se laissent effectivement aller aux facilités des combats de supériorité.

Tertio, nos consœurs feront peut-être la preuve par l’exemple que leur approche peut être différente de certains confrères masculins. Elles s’interrogent cette semaine sur une incompréhension très naturelle : mais pourquoi donc les Américain(e)s ont-ils élu Obama quand les Français(es) ont préféré Sarkozy ?

J’aimerai être une femme pour être parmi vous.

Merci les filles.

info_des_blogueuses

Media illisibles

Depuis des années, j’ai quelques difficultés avec les médias. Rares sont ceux qui conservent leur lisibilité. Et ceux qui l’ont peuvent la confondre avec de la langue de bois.

Le média informe. Mais l’angle de son information est sans doute son seul intérêt. Lire un journal, écouter une radio d’information, regarder une émission de télévision n’a d’intérêt que si le lecteur/auditeur/téléspectateur sait à quoi s’en tenir. Certains journalistes, préoccupés par leur souci de toucher large, s’éparpillent et brouillent les repères. Ce n’est pas de l’objectivité, c’est de la confusion ou du narcissisme (« moi, je suis indépendant »). Ainsi Laurent Joffrin a-t-il traité Ségolène Royal de « Bécassine » un jour de 2007. Il a sans doute perdu nombre de soutiens. Ne pouvait-il pas laisser à d’autres cette expression malheureuse ? Que dire du Point qui peut encenser Rachida Dati en mai 2007 puis la détruire en décembre 2008, sans remarquer que ses derniers arguments étaient déjà valables 20 mois auparavant.

Aux Etats-Unis, j’adore regarder Fox News. Une vraie chaîne de droite, réac. Le positionnement est aisé. On sait à quoi s’attendre.

Sego parle d’unité

Segolène Royal parle ce dimanche. Quelques heures après son retour du Brésil, elle publie une tribune dans le Journal du Dimanche: « Les Trois Gauche. »

Elle y décrit une gauche idéale.

« Une chose m’a frappée à Belém: il n’y a pas de barrière infranchissable entre ces trois composantes que sont la gauche de gouvernement, les mouvements sociaux qui luttent sur le terrain, et ce qu’on appelle en France l’extrême gauche. Bien sûr, la critique est parfois vive, mais dans l’ensemble sans sectarisme stérile. Ici, on s’écoute. Ici, on argumente. Des ONG de tous les pays, des militants politiques et syndicaux, des élus, des religieux engagés aux côtés des plus pauvres se retrouvent dans les forums dans le respect de leurs différences. Les jeunes sont massivement présents, le dialogue entre générations fonctionne, alliant transmission et rénovation de l’action politique. Les confédérations syndicales brésiliennes participent activement aux débats. Des militants de la CUT (le principal syndicat brésilien) m’ont dit les relations fraternelles nouées avec les syndicats français aux heures sombres de la dictature militaire. »

Lula lui a bien dit tout le bien qu’il pensait de Sarkozy (un sous-marin nucléaire de plus !), Ségolène Royal ne se démonte pas. Le président brésilien lui a présenté Dilma Rousseff, future candidate à l’élection présidentielle de 2010. Une ancienne prisonnière politique.

En France, le débat entre formations politiques est proche du néant. Tout n’est que posture et illusions.

A quand le grand ménage ?